
Vers la fin des années 60, le mouvement skinhead voit le jour en Grande-Bretagne. Il est le fruit direct de la rencontre culturelle explosive entre les mods anglais, amateurs de musique soul et de scooters, et les rude boys jamaïcains, immigrants qui ont apporté avec eux le rocksteady et le ska. Ensemble, dans les quartiers populaires, ils partagent les mêmes difficultés économiques et sociales. Ils luttent côte à côte contre l'injustice économique et la précarité, forgant une solidarité ouvrière qui transcende les barrières de la couleur de peau. Ce mouvement est donc, dès sa conception, fondamentalement multiracial, prolétaire et anti-raciste.
Quelles sont les origines du mouvement skinhead ?
Au-delà de l'aspect musical, le look skinhead est un mélange singulier de vêtements destinés à imiter, de façon provocatrice et ironique, l'élite bourgeoise, tout en affichant fièrement des tenues de travail robustes. C'est ainsi qu'apparaissent les chemises à col Ben Sherman, les bretelles et les célèbres chaussures de sécurité comme les Doc Martens. Ces bottes à lacets, initialement portées pour leur résistance sur les chantiers ou dans les usines, sont devenues au fil du temps de véritables symboles des origines prolétaires et de la virilité working-class du mouvement.
Qu'est-ce que le mouvement 2 TONE ?
Au début des années 80, pour contrer les premières ambiguïtés et rappeler l'héritage métissé du mouvement, le courant 2 TONE émerge. Ce style musical, évolution directe du ska jamaïcain mêlé à l'énergie punk, permet de rappeler les origines du mouvement. Les groupes phares comme The Specials ou Madness popularisent le damier noir et blanc sur leurs pochettes de disques et leurs vêtements. Ce motif visuel fort devient rapidement l'emblème universel de l'anti-racisme, symbolisant l'unité et l'harmonie entre les races (le noir et blanc mélancés).

Qui sont les Boneheads et le mouvement SHARP ?
Vers la fin des années 70, l'ambiance change. L'extrême droite, cherchant des recrues parmi les jeunes blancs en colère, commence à infiltrer le mouvement. Cette récupération politique malveillante va donner naissance aux « Boneheads » (littéralement « têtes d'os »), des skinheads nationalistes et fachos qui dévient complètement de l'idéologie originale d'inclusion. Pour lutter contre cette dérive et protéger l'image du mouvement, le S.H.A.R.P. (SkinHeads Against Racial Prejudice) se crée à la fin des années 80. Son but est clair : défendre les valeurs historiques anti-racistes du skinhead et expulser les éléments nazis des concerts et des rassemblements.
Sources :