Scarlett Johansson incarne l'une des trajectoires les plus fascinantes du cinéma contemporain. De ses débuts précoces dans les années 1990 jusqu'à son statut actuel de superstar mondiale, elle a su traverser les époques en réinventant constamment son image et ses choix artistiques. Actrice, chanteuse, productrice et désormais figure engagée dans les débats sur l'intelligence artificielle, cette New-Yorkaise d'origine scandinave a bâti un empire qui dépasse largement les simples frontières d'Hollywood.

Les origines et l'enfance d'une future star
Une famille cosmopolite à Manhattan
Scarlett Ingrid Johansson voit le jour le 22 novembre 1984 dans le quartier de Manhattan, à New York, en compagnie de son frère jumeau Hunter. Son ascendance reflète déjà le métissage culturel qui caractérisera sa carrière internationale. Du côté paternel, son père Karsten Olaf Johansson est un architecte danois originaire de Copenhague, tandis que sa mère Melanie Sloan est une productrice new-yorkaise issue d'une famille juive ashkénaze d'origine polonaise, établie dans le Bronx.
Cette double héritage culturel lui confère la nationalité américano-danoise, une particularité qu'elle a toujours revendiquée avec fierté. Son grand-père paternel, Ejner Johansson, était lui-même historien d'art, scénariste et réalisateur, avec des racines suédoises remontant à son propre père. L'art et la création coulaient donc déjà dans les veines de la famille Johansson bien avant que Scarlett ne prenne ses premiers cours de comédie.
Une vocation précoce
Dès son plus jeune âge, Scarlett manifeste une attirance irrésistible pour la scène. Ses parents divorcent alors qu'elle n'a que treize ans, un événement qui, paradoxalement, renforce sa détermination à poursuivre une carrière dans le divertissement. Elle commence par apparaître dans des publicités télévisées et décroche son premier rôle au théâtre dans une pièce off-Broadway, posant les premières pierres de ce qui deviendra l'une des carrières les plus impressionnantes de l'histoire du cinéma.
La jeune Scarlett grandit dans un environnement créatif et stimulant, entourée de ses frères et sœurs, dont sa sœur aînée Vanessa, également actrice. C'est toutefois elle qui attirera le plus l'attention des castings new-yorkais, révélant très tôt un talent hors du commun pour incarner des émotions complexes avec une maturité qui stupéfie les réalisateurs.
Les débuts au cinéma : d'enfant prodige à révélation
North et les premiers pas sur grand écran
En 1994, à seulement neuf ans, Scarlett Johansson fait ses véritables débuts au cinéma dans la comédie fantastique North de Rob Reiner. Bien que son rôle soit modeste, cette expérience lui permet de goûter aux réalités du tournage et de confirmer sa passion pour le métier d'actrice. Le film, qui raconte l'histoire d'un jeune garçon parcourant le monde à la recherche de parents idéaux, ne rencontre pas le succès espéré, mais sert de tremplin invaluable pour la jeune comédienne.
Deux ans plus tard, en 1996, elle décroche son premier rôle principal dans Manny & Lo, une comédie dramatique indépendante où elle joue la sœur cadette d'une adolescente enceinte. Sa performance, d'une justesse frappante pour une enfant de onze ans, lui vaut une nomination à l'Independent Spirit Award de la meilleure actrice. Les critiques commencent à parler d'elle comme d'un phénomène à suivre de très près.
La révélation avec L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux
L'année 1998 marque un tournant décisif dans la jeune carrière de Scarlett. Robert Redford la choisit pour incarner la fille de Kristin Scott Thomas dans L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, une histoire émouvante sur une jeune fille traumatisée par un accident de cheval et la relation qu'elle noue avec un dresseur mystérieux.
À seulement quatorze ans, Scarlett Johansson démontre une profondeur émotionnelle qui impressionne le réalisateur et le public alike. Le film rencontre un succès commercial honorable, mais c'est surtout la performance de la jeune actrice qui retient l'attention. Elle prouve qu'elle peut porter des scènes entières avec une présence magnétique, une maturité et une sensibilité bien au-delà de son âge. Cette révélation ouvre les portes des productions les plus prestigieuses.
Ghost World : l'affirmation d'un style
En 2001, Scarlett Johansson confirme son talent pour les rôles complexes dans Ghost World, une comédie noire indépendante réalisée par Terry Zwigoff. Le film, adapté de la bande dessinée de Daniel Clowes, raconte l'histoire de deux adolescentes en marge de la société qui viennent d'obtenir leur diplôme et peinent à trouver leur place dans le monde adulte.
Ce rôle permet à Scarlett de déployer une palette émotionnelle plus subtile, naviguant entre le cynisme adolescent et une vulnérabilité touchante. La critique salue cette performance comme une nouvelle preuve de la maturité artistique de la jeune actrice, capable de donner vie à des personnages authentiquement complexes plutôt qu'à des stéréotypes juvéniles.
L'âge adulte et les rôles emblématiques
Lost in Translation : le film qui change tout
L'année 2003 représente sans conteste le moment où Scarlett Johansson bascule véritablement dans la cour des grands. Dans Lost in Translation de Sofia Coppola, elle incarne Charlotte, une jeune femme perdue dans son mariage et sa vie, qui noue une connexion profonde avec un acteur américain vieillissant joué par Bill Murray, tous deux abandonnés dans la tourmente tokyoïte.
Le film est un chef-d'œuvre d'intimité et de mélancolie, et la chimie entre les deux acteurs transcende l'écran. Scarlett, alors âgée de seulement dix-huit ans, joue une femme de vingt-cinq ans avec une conviction totale, naviguant avec grâce entre l'ennui existentiel et les élans d'espoir. Sa performance lui vaut le BAFTA de la meilleure actrice et une nomination aux Golden Globes, consacrant définitivement son passage du statut d'espoir à celui de star confirmée.
La fin du film, avec son célèbre murmure inaudible de Bill Murray à l'oreille de Scarlett, est devenue l'une des scènes les plus analysées du cinéma moderne, symbolisant la beauté des connexions humaines éphémères et l'ambiguïté volontairement préservée par Sofia Coppola.
La Jeune Fille à la perle et les rôles d'époque
La même année 2003, Scarlett enchaîne avec La Jeune Fille à la perle, adaptation du roman de Tracy Chevalier qui imagine l'histoire derrière le célèbre tableau de Johannes Vermeer. Face à Colin Firth, qui incarne le peintre hollandais, elle joue la servante qui devient sa muse et l'objet d'une fascination amoureuse inavouée.
Le film démontre la capacité de Scarlett à se glisser dans des époques et des contextes radicalement différents, avec une présence à l'écran qui évoque véritablement les peintures de l'âge d'or néerlandais. Sa performance, toute en retenue et en regards éloquents, lui vaut une nouvelle nomination aux Golden Globes, confirmant que l'année 2003 aura été celle de son explosion médiatique et critique.
A Love Song for Bobby Long et la reconnaissance critique
En 2004, Scarlett Johansson poursuit son exploration des rôles dramatiques complexes avec A Love Song for Bobby Long, où elle partage l'affiche avec John Travolta. Elle y incarne une jeune femme qui retourne à La Nouvelle-Orléans après la mort de sa mère et découvre que deux hommes vivent dans la maison qu'elle a héritée.
Cette performance lui vaut de nouveaux éloges de la part de la critique, qui salue sa capacité à tenir tête à des acteurs chevronnés tout en apportant une profondeur authentique à son personnage. Le film renforce sa réputation d'actrice capable de transformer même les scénarios modestes en moments de cinéma mémorables.
La collaboration avec Woody Allen
Match Point : une femme fatale inoubliable
En 2005, Woody Allen offre à Scarlett Johansson l'un de ses rôles les plus marquants dans Match Point, thriller psychologique situé dans le milieu huppé de Londres. Elle y joue Nola Rice, une actrice américaine aspirante dont la relation adultérine avec un ancien joueur de tennis professionnel, interprété par Jonathan Rhys Meyers, entraîne une spirale de conséquences dévastatrices.
Ce film représente un changement radical pour l'actrice, qui passe de la jeune femme introvertie et romantique à une séductrice tourmentée et dangereuse. Match Point est salué comme l'un des meilleurs films de Woody Allen, et la performance de Scarlett, brune pour l'occasion, est unanimement célébrée. Elle incarne une version moderne des femmes fatales du film noir, avec une ambiguïté morale qui la rend fascinante.
Scoop, The Prestige et la diversification
La collaboration entre Scarlett et Woody Allen se poursuit avec Scoop en 2006, une comédie policière légère où elle partage l'affiche avec Hugh Jackman. Bien que le film reçoive un accueil plus mitigé, il permet à Scarlett de démontrer son sens du timing comique et sa polyvalence.
La même année, elle apparaît également dans Le Prestige de Christopher Nolan, un thriller psychologique sur deux magiciens rivaux interprétés par Hugh Jackman et Christian Bale. Scarlett y joue le rôle d'une femme prise entre les deux hommes, apportant une dimension émotionnelle supplémentaire à ce récit déjà complexe de rivalité et d'obsession.
Vicky Cristina Barcelona : une collaboration aboutie
En 2008, elle retrouve Woody Allen pour Vicky Cristina Barcelona, une comédie dramatique située en Espagne où elle joue aux côtés de Javier Bardem et Penélope Cruz. Son personnage de Cristina, une femme libre et passionnée qui se laisse entraîner dans une relation complexe avec un peintre tourmenté, ajoute une nouvelle nuance à sa palette d'interprétations.
Cette troisième collaboration avec Allen représente sans doute leur travail le plus accompli ensemble, le film remportant un succès critique et commercial significatif. Scarlett y démontre une aisance particulière dans les univers du réalisateur, où les dialogues croustillants et les situations sentimentales complexes sont roi.
L'entrée dans l'univers Marvel
La naissance de la Veuve Noire
L'année 2010 marque un nouveau tournant dans la carrière de Scarlett Johansson avec son entrée dans l'Univers cinématographique Marvel. Elle fait sa première apparition en tant que Natasha Romanoff, alias la Veuve Noire, dans Iron Man 2, où son personnage d'agent secret russe infiltré captive immédiatement le public.
Ce choix de rejoindre une franchise de super-héros pouvait sembler risqué pour une actrice habituée aux films indépendants et aux productions d'auteur. Pourtant, Scarlett apporte au personnage une profondeur et une complexité qui transcendent le simple rôle d'action. Sa Veuve Noire n'est pas qu'une combattante redoutable : c'est une femme marquée par un passé tragique, lutant pour sa rédemption.
Huit films et un solo tant attendu
Scarlett reprend son rôle dans huit films Marvel, devenant l'un des piliers de la franchise et l'une des six Avengers originales. De Avengers en 2012 à Avengers: Endgame en 2019, en passant par Captain America: The Winter Soldier et Captain America: Civil War, elle développe son personnage avec une constance remarquable.
En 2021, après des années d'attente de la part des fans, elle obtient enfin son film solo avec Black Widow, réalisé par Cate Shortland. Ce film explore les origines de Natasha Romanoff et lui offre l'adieu mérité après son sacrifice héroïque dans Endgame. L'actrice a exprimé à plusieurs reprises son attachement à ce personnage qui a occupé plus d'une décennie de sa carrière.
Les explorations en science-fiction
Her : une voix inoubliable
En 2013, Scarlett Johansson réalise un tour de force inhabituel dans le film de Spike Jonze, Her. Elle y prête sa voix à Samantha, un système d'intelligence artificielle avec lequel le personnage principal, joué par Joaquin Phoenix, développe une relation amoureuse.
Bien qu'elle n'apparaisse jamais physiquement à l'écran, sa performance vocale est d'une puissance émotionnelle saisissante. Elle parvient à transmettre toute la gamme des émotions humaines, de la curiosité initiale à l'amour passionné, puis à la confusion et finalement à l'évolution vers quelque chose de supérieur. Ce rôle démontre que le talent de Scarlett transcende les limitations physiques du métier d'acteur.
Under the Skin : une expérience radicale
La même année, elle s'engage dans une expérience cinématographique radicalement différente avec Under the Skin de Jonathan Glazer. Ce film expérimental la montre sous les traits d'une entité extraterrestre qui parcourt l'Écosse à la recherche d'hommes à piéger.
Le film est une œuvre hypnotique et dérangeante, qui utilise la beauté familière de Scarlett pour créer un sentiment d'étrangeté profond. Sa performance, largement improvisée et filmée en conditions réelles avec des passants non avertis, révèle une actrice prête à prendre des risques artistiques considérables.
Lucy : le blockbuster qui fait taire les doutes
En 2014, Luc Besson dirige Scarlett dans Lucy, un thriller de science-fiction où elle incarne une jeune femme forcée de servir de mule pour un cartel de drogue, et qui se retrouve capable d'utiliser 100% de ses capacités cérébrales après que la substance qu'elle transporte s'est déversée dans son organisme.
Le film rencontre un succès commercial phénoménal, rapportant plus de 460 millions de dollars pour un budget de 40 millions. Pour l'actrice, c'est la confirmation qu'elle peut porter à elle seule un blockbuster d'action, une opportunité rarement offerte aux femmes à Hollywood. Lucy (2014) : analyse détaillée de la fin et des thèmes explore les nombreuses interrogations philosophiques soulevées par ce film ambitieux.
Ghost in the Shell : l'adaptation controversée
En 2017, Scarlett Johansson porte un autre projet de science-fiction ambitieux avec Ghost in the Shell, adaptation du célèbre manga japonais et de son adaptation en film d'animation. Elle y incarne Major, un cyborg de pointe chargée de lutter contre le cyberterrorisme dans un futur dystopique.
Le film suscite une controverse importante avant même sa sortie, certains critiques accusant la production de « whitewashing » pour avoir choisi une actrice occidentale pour un rôle originellement japonais. Malgré ces débats, Scarlett défend le projet et la vision du réalisateur Rupert Sanders. Le film, s'il ne rencontre pas le succès espéré au box-office, demeure une œuvre visuellement impressionnante qui témoigne de la volonté de l'actrice d'explorer des univers frontière.

Les double nominations aux Oscars
Marriage Story : le cœur brisé de Netflix
En 2019, Scarlett Johansson livre l'une des performances les plus acclamées de sa carrière dans Marriage Story de Noah Baumbach, produit par Netflix. Elle y joue Nicole, une actrice qui traverse un divorce douloureux avec son mari metteur en scène, interprété par Adam Driver.
Le film est une déconstruction intimiste et déchirante de la fin d'un amour, et la performance de Scarlett est d'une authenticité brute. Sa scène d'argument avec Adam Driver est devenue légendaire, capturant la douleur, la colère et l'amour résiduel qui s'entremêlent dans la séparation. Pour ce rôle, elle reçoit sa première nomination à l'Oscar de la meilleure actrice.
Jojo Rabbit : l'humour au cœur des ténèbres
La même année, elle joue dans Jojo Rabbit de Taika Waititi, une satire audacieuse située dans l'Allemagne nazie. Elle incarne Rosie, la mère d'un jeune garçon dont le meilleur ami imaginaire est Adolf Hitler, et qui cache une jeune fille juive dans sa maison.
Son personnage apporte chaleur, humour et courage à un film qui pourrait facilement sombrer dans le mauvais goût. Cette performance lui vaut une nomination à l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle, faisant d'elle l'une des rares actrices à recevoir deux nominations simultanées la même année.
Une rareté dans l'histoire des Oscars
Cette double nomination constitue un accomplissement exceptionnel dans l'histoire du cinéma américain. Seules onze autres personnes avaient réussi cet exploit avant elle, dont des légendes comme Cate Blanchett, Jamie Foxx et Al Pacino. Pour Scarlett, ces reconnaissances viennent couronner une carrière déjà riche et confirment son statut parmi les plus grandes interprètes de sa génération.
L'activisme et le combat contre l'IA
L'affaire OpenAI et la voix Sky
En 2024, Scarlett Johansson se retrouve au cœur d'une polémique majeure concernant l'intelligence artificielle. Sam Altman, le PDG d'OpenAI, avait approché l'actrice pour lui proposer de prêter sa voix à l'assistant ChatGPT. Après avoir décliné l'offre, Scarlett découvre avec stupéfaction que la voix de l'assistant, nommé Sky, ressemble de manière troublante à la sienne.

Dans une déclaration publique, elle exprime sa colère et son incrédulité : ses amis les plus proches et des médias n'arrivaient pas à faire la différence entre sa voix et celle de l'IA. Elle déclare notamment qu'elle était « choquée, en colère et incrédule » de constater que Sam Altman avait poursuivi l'utilisation d'une voix si similaire à la sienne. OpenAI nie toute imitation intentionnelle, mais l'affaire met en lumière les dangers potentiels de la technologie deepfake et l'exploitation non consentie des attributs des célébrités.
Une invitation du Congrès américain
Suite à cette affaire, un sous-comité du Congrès américain invite Scarlett Johansson à témoigner sur les implications de l'intelligence artificielle et de la technologie deepfake. La représentante Nancy Mace, qui dirige ce sous-comité sur la cybersécurité et les technologies de l'information, exprime son souhait de donner à l'actrice une plateforme directe pour adresser ses préoccupations au législateur.
Bien que l'actrice soit dans l'impossibilité d'assister à l'audience prévue en juillet pour des raisons d'emploi du temps, son engagement sur cette question marque une nouvelle étape dans son parcours. Elle utilise sa notoriété pour alerter sur les risques que représentent ces technologies pour le droit à l'image et à la voix, des enjeux qui dépassent largement sa propre personne.
Un combat pour les droits des artistes
Au-delà de son cas personnel, Scarlett Johansson s'inscrit dans une réflexion plus large sur la protection des artistes face aux nouvelles technologies. L'affaire Sky a mis en évidence les lacunes juridiques existantes en matière de protection de la voix et de l'image, ouvrant un débat crucial sur les législations nécessaires pour encadrer ces innovations.
Son statut de star internationale confère à ce combat une visibilité médiatique considérable, contribuant à sensibiliser le grand public aux enjeux éthiques et légaux posés par l'intelligence artificielle générative.
La musique et les autres projets artistiques
Anywhere I Lay My Head : un premier album surprenant
En 2008, Scarlett Johansson surprend son public en sortant un album musical intitulé Anywhere I Lay My Head. Ce disque est constitué presque exclusivement de reprises de Tom Waits, artiste connu pour sa voix rauque et ses compositions expérimentales.
L'album divise la critique. Certains journalistes, comme ceux du magazine Spin, trouvent qu'il n'y a rien de particulièrement convaincant dans sa voix, tandis que d'autres saluent une interprétation étonnamment envoûtante, une sélection courageuse et un album brillant avec une magie fantomatique. Cette incursion dans la musique démontre une fois de plus la volonté de Scarlett d'explorer tous les territoires artistiques.
Break Up et les collaborations musicales
L'année suivante, en 2009, elle collabore avec le chanteur Pete Yorn sur l'album Break Up, inspiré par les duos légendaires de Serge Gainsbourg avec Brigitte Bardot. Ce projet révèle une facette plus accessible de sa musique, avec des mélodies pop accrocheuses et une alchimie vocale intéressante entre les deux artistes.
Ces aventures musicales, bien que secondaires par rapport à sa carrière d'actrice, participent à l'image d'une artiste complète, incapable de se satisfaire d'un seul mode d'expression créative. Elles révèlent également son éclectisme et son refus de se laisser enfermer dans des catégories préétablies.
Le théâtre et le Tony Award
Parallèlement à sa carrière cinématographique, Scarlett Johansson a également brillé sur les planches. En 2010, elle fait ses débuts à Broadway dans une remise en scène de la pièce d'Arthur Miller, A View from the Bridge. Sa performance lui vaut le Tony Award de la meilleure actrice dans un second rôle, consolidant sa réputation d'interprète polyvalente capable de dominer tous les médiums.
En 2013, elle retourne à Broadway pour une production de La Chatte sur un toit brûlant de Tennessee Williams, démontrant son attachement continu au théâtre vivant malgré ses engagements cinématographiques de plus en plus importants.
La vie personnelle sous les projecteurs
Mariages et famille
La vie amoureuse de Scarlett Johansson a fait l'objet d'une couverture médiatique intense au fil des années. Elle a d'abord été mariée à l'acteur canadien Ryan Reynolds de 2008 à 2011, une union qui a fasciné les tabloïds avant de se terminer discrètement.
Elle épouse ensuite le businessman français Romain Dauriac, avec qui elle a une fille prénommée Rose, née en 2014. Le couple divorce en 2017, mais Scarlett conserve des liens forts avec la France, pays où elle a vécu pendant plusieurs années.
Depuis 2020, elle est mariée au comédien Colin Jost, connu pour son travail au Saturday Night Live. Ils ont ensemble un fils, Cosmo, né en 2021. L'actrice a souvent exprimé son bonheur dans cette relation qui semble lui apporter une stabilité tant recherchée.
Une figure de style et de beauté
Tout au long de sa carrière, Scarlett Johansson a été considérée comme l'une des femmes les plus séduisantes du monde, apparaissant régulièrement dans les classements des magazines de mode et de beauté. Son look iconique, mêlant glamour hollywoodien classique et modernité assumée, en a fait une muse pour de nombreux créateurs et photographes.
Elle a également été l'égérie de plusieurs marques majeures, dont Dolce & Gabbana et L'Oréal, utilisant sa notoriété pour défendre une vision de la beauté qui refuse les standards uniques et célèbre la diversité des formes et des origines.
Saturday Night Live : une présence récurrente
Scarlett Johansson a également marqué la télévision américaine par ses multiples apparitions en tant qu'hôte du Saturday Night Live. Elle a animé l'émission à six reprises entre 2006 et 2019, démontrant son sens de la comédie et son aisance dans l'improvisation.
C'est d'ailleurs sur le plateau du Saturday Night Live qu'elle a rencontré son futur mari Colin Jost, scénariste de l'émission. Ces apparitions régulières témoignent de sa capacité à naviguer entre les registres et à ne pas se prendre au sérieux, une qualité appréciée du public américain.
La reconnaissance et les records
L'actrice la plus rentable de l'histoire
Les films dans lesquels Scarlett Johansson a joué en tant que tête d'affiche ont rapporté plus de 15 milliards de dollars au box-office mondial, faisant d'elle l'une des actrices les plus rentables de l'histoire du cinéma. En 2018 et 2019, elle est même sacrée actrice la mieux payée au monde par le magazine Forbes.
Ce succès commercial exceptionnel s'explique en grande partie par son rôle dans l'univers Marvel, mais pas uniquement. Des films comme Lucy prouvent qu'elle est capable de générer des audiences massives en dehors des franchises établies, une rareté pour une actrice à Hollywood.
Les distinctions et l'influence
Au-delà des recettes, Scarlett a accumulé les distinctions prestigieuses. Elle a remporté un British Academy Film Award pour Lost in Translation, un Tony Award pour sa performance au théâtre dans A View from the Bridge, et a reçu de multiples nominations aux Golden Globes et aux Oscars.
Le magazine Time l'a désignée comme l'une des 100 personnes les plus influentes du monde en 2021 et à nouveau en 2025, reconnaissant son impact culturel qui dépasse largement le cadre du divertissement pour toucher aux questions sociétales les plus pressantes de notre époque.
Un héritage cinématographique
À quarante et un ans, Scarlett Johansson a déjà construit un héritage cinématographique impressionnant. Sa filmographie témoigne d'une volonté constante de diversification, passant des drames intimistes aux blockbusters mondiaux, des comédies légères aux expériences les plus radicales.
Son parcours inspire une nouvelle génération d'actrices qui voient en elle la preuve qu'une femme peut réussir dans l'industrie du divertissement sans sacrifier son intégrité artistique. Elle a ouvert la voie à une représentation plus complexe et plus nuancée des femmes à l'écran, refusant les rôles de simples faire-valoir pour incarner des personnages d'une richesse égale à leurs homologues masculins.
Conclusion
Scarlett Johansson aura traversé plus de trois décennies de carrière avec une constance et une capacité de réinvention qui forcent l'admiration. De l'enfant prodige des années 1990 à la superstar mondiale d'aujourd'hui, elle a su naviguer entre les films indépendants d'auteur et les blockbusters planétaires, entre la comédie légère et le drame le plus intense, entre le cinéma et la musique, entre le divertissement et l'engagement citoyen.
Son parcours incarne une évolution d'Hollywood lui-même, passant d'une industrie dominée par les hommes à un paysage où les femmes peuvent enfin prétendre aux rôles complexes et aux cachets auparavant réservés à leurs homologues masculins. Et si elle a dû se battre pour chaque opportunité, elle a aussi su créer les siennes, prouvant qu'une actrice peut être autre chose qu'un joli visage à l'écran.
À quarante et un ans, Scarlett Johansson a déjà accompli plus que la plupart de ses collègues en plusieurs vies. Pourtant, tout suggère que son histoire est loin d'être terminée. Entre ses projets de production, son activisme grandissant pour la régulation de l'intelligence artificielle et sa volonté affichée de continuer à explorer de nouveaux territoires artistiques, l'avenir de l'actrice la plus rentable d'Hollywood s'annonce aussi passionnant que son passé.