Nagui micro en main sur un plateau avec un fond bleu rayé.
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Nagui galère et précarité : de la faim au sommet de France 2

Du sommet de la gloire aux abîmes de la précarité, Nagui a survécu à la faim et aux squats avant de triompher. Découvrez l'incroyable résilience de ce prince de France 2.

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Dimanche 5 avril 2026. Alors que nous sommes confortablement installés dans notre canapé pour regarder une émission de divertissement, difficile d'imaginer que l'homme à la manette, l'un des rois incontestés de France Télévisions, a autrefois frôlé la catastrophe absolue. Nagui est aujourd'hui une figure institutionnelle, un producteur respecté et un animateur qui attire des millions de téléspectateurs chaque soir. Pourtant, derrière le costume impeccable et le sourire charismatique se cache un parcours vertigineux, fait d'ascension fulgurante et de chute libre au fond d'un abîme financier et psychologique.

L'histoire de Nagui n'est pas celle d'un succès linéaire, mais une véritable saga de résilience. Il a connu les lumières aveuglantes de la gloire et l'obscurité totale de la précarité, passant du statut de star adulée à celui de paria rejeté par le monde des médias. Son retour au premier plan, contraint et bâti sur la peur de tout reperdre, est une leçon de vie saisissante. Plongeons dans les méandres de cette trajectoire extraordinaire, où la fierté a parfois failli coûter plus cher que la fortune elle-même.

« Je n'avais plus une thune » : la confession inattendue de Nagui sur France Inter

C'est une révélation qui a secoué l'actualité médiatique et pourtant, elle remonte à quelques mois seulement. En septembre 2025, lors de sa venue sur l'antenne de France Inter, dans l'émission « La bande originale », Nagui a lâché le masque. Devant le micro, il a raconté avec une brutale honnêteté la période la plus sombre de son existence. Loin des clichés sur les difficultés de carrière, l'animateur a parlé de misère réelle, de faim et de clandestinité. Ce témoignage poignant plante le décor d'un contraste saisissant avec l'image dorée qu'il projette aujourd'hui sur le petit écran.

Ce moment de vérité permet de comprendre combien la trajectoire de l'animateur a été fragile. Comment est-il possible, pour l'un des visages les plus connus de la télévision française, d'en être arrivé à ne plus « avoir une thune » ? Cette confession n'est pas une simple anecdote médiatique, elle est la clé pour saisir la profondeur de sa résurrection. Elle nous rappelle que derrière les paillettes du show-business, la réalité peut être cruelle, surtout pour un homme qui, par orgueil, a refusé de demander de l'aide au moment où il en avait le plus besoin. On se souvient souvent des stars pour leurs triomphes, mais on oublie trop souvent les blessures qui les ont forgées.

Le coup de théâtre sur « La bande originale »

Nagui micro en main sur un plateau avec un fond bleu rayé.
Nagui micro en main sur un plateau avec un fond bleu rayé. — (source)

Le 16 septembre 2025, les auditeurs de France Inter n'étaient pas prêts pour ce qu'ils ont entendu. Nagui, invité pour parler de musique et de culture, s'est ouvert sur ses années de galère avec une intensité rare. Il a raconté comment, à un moment de sa vie, il s'est retrouvé sans le sou, incapable de subvenir à ses besoins les plus élémentaires. Le plus choquant dans cette confession, c'est la nature même de ses actes pour survivre. Il a avoué avoir squatté des appartements et, plus lourd encore pour sa fierté blessée, avoir été contraint de « piquer pour manger » car il n'avait plus un sou en poche.

Ce récit brise l'image de l'animateur intouchable. Nagui a expliqué qu'il n'a jamais pointé à Pôle Emploi par une forme de fierté déplacée, un sens de l'honneur mal placé qui l'a poussé à vivre dans la clandestinité plutôt que d'accepter les allocations. Cette période n'a pas duré quelques jours, mais s'est étirée sur de longs mois, transformant sa vie en une course perpétuelle pour se loger et se nourrir. C'est le tableau d'un homme au bout du rouleau, qui a dû mettre de côté sa dignité pour survivre, loin des studios douillets et des projecteurs.

Un contraste saisissant avec son train de vie actuel

Aujourd'hui, dire que Nagui a réussi sa reconversion est un euphémisme. Il est non seulement revenu sur le devant de la scène, mais il occupe une place de choix dans le paysage audiovisuel français. Producteur puissant via sa société Air Productions, il est le visage incontournable de France 2. Avec des émissions comme Taratata, qui fait le bonheur des mélomanes, ou le jeu culte Tout le monde veut prendre sa place, il maîtrise son art avec une brio inégalée. Il est l'un des animateurs les mieux payés de la chaîne publique, jouissant d'une stabilité et d'une reconnaissance que beaucoup lui envient.

Ce contraste rend son récit sur France Inter encore plus saisissant. Passer du statut de sans-abri, dormant à la dure et volant de la nourriture pour survivre, à celui de roi de l'audimat, illustre une résilience hors norme. Son train de vie actuel, fait de déplacements confortables, de réussite financière et de considération publique, semble faire fi de ces années noires. Pourtant, c'est précisément cette différence abyssale entre le fond du trou et les sommets qui donne toute sa profondeur à son personnage. Nagui n'est pas seulement un animateur talentueux, c'est un survivant qui a su transformer l'échec en un puissant moteur de succès.

Nagui arrivant sur le tapis rouge pour l'avant-première de 'Better Man' au Grand Rex le 13 décembre 2024.
Nagui arrivant sur le tapis rouge pour l'avant-première de 'Better Man' au Grand Rex le 13 décembre 2024. — ManoSolo13241324 / CC0 / (source)

De « Radio Galère » aux « 7 d'or » : la première vie du prodige du petit écran

Avant de sombrer dans l'oubli et la précarité, Nagui a pourtant connu une ascension météorique qui laissait présager une carrière sans faute. Comprendre la hauteur de sa chute impose de mesurer l'altitude de son premier sommet. Né en Égypte, arrivé en France à l'âge de quatre ans, le jeune Nagui Fam a très vite été mordu par le virus de la radio. Il abandonne des études scientifiques prometteuses, un DEUG de mathématiques et des classes préparatoires, pour se lancer dans l'aventure incertaine des ondes. C'est le début d'une fulgurance qui le propulse des radios pirates aux plateaux de télévision les plus prestigieux.

Sa carrière est une succession de défis relevés avec audace. Dès ses débuts sur des radios libres comme « Radio Galère », il montre une aisance naturelle et une énergie communicative. Il ne faut que quelques années pour que son talent soit repéré par les grands réseaux. RTL, Europe 1 : il enchaîne les stations, grimpant les échelons avec une vitesse déconcertante. Très vite, la radio ne suffit plus à son ambition. Le petit écran l'appelle, et il va répondre présent avec un succès immédiat qui va le propulser au rang de star nationale dans les années 90.

L'enfant d'Alexandrie qui foule les plateaux de la Cinq

Le parcours de Nagui est celui d'un autodidacte passionné. Après des débuts sur la chaîne locale TMC avec l'émission « Club 06 », il débarque sur M6 en 1987 avec « Clip Dédicace », où il affirme déjà son style décontracté et proximitaire. Mais c'est sur La Cinq qu'il va vraiment percer. En 1991, il lance « Que le meilleur gagne », une émission de divertissement qui devient rapidement incontournable. Son énergie, sa voix grave et son humour en font un animateur que les Français adorent regarder.

Cette période marque le début de l'ère Nagui sur le petit écran. Il ne se contente pas d'animer ; il impulse une nouvelle façon de faire de la télévision, plus dynamique, plus musicale. Son passage éclair sur TF1 avec « Et puis quoi encore ? » se termine par un licenciement rapide, mais cela ne l'arrête pas. Il rebondit aussitôt et devient l'un des visages familiers des foyers français. À cette époque, tout lui sourit. Il a le talent, la chance et le soutien du public. Personne ne pourrait prédire que cette machine bien huilée est sur le point de se gripper brutalement.

Nagui en veste noire, micro en main, se tenant devant un fond bleu avec silhouette floue.
Nagui en veste noire, micro en main, se tenant devant un fond bleu avec silhouette floue. — (source)

1993 : l'éclosion de « Taratata » et le sacre médiatique

L'année 1993 marque un tournant décisif dans la carrière de Nagui. C'est cette année-là qu'il fonde sa propre société de production, Air Productions, et qu'il lance l'émission qui va devenir sa marque de fabrique : « Taratata ». Le concept est révolutionnaire pour l'époque : mélanger les genres, faire se croiser pop stars et chanteurs de variété sur une même scène, dans une ambiance de concert live. L'émission est un triomphe critique et public. Elle devient l'émission musicale de référence, un rendez-vous hebdomadaire que personne ne veut rater.

Sur France 2, où l'émission est diffusée, Nagui devient roi. Il truste les audiences, atteignant par moments 53 % de parts de marché, un chiffre astronomique aujourd'hui. Sa popularité est telle qu'il enchaîne les récompenses. Entre 1993 et 1995, il remporte plusieurs « 7 d'or », l'équivalent des Oscars pour la télévision française, couronnant sa performance de meilleur animateur de jeu. Il est au sommet de son art, intouchable, adulé par la critique et le public. À ce moment-là, Nagui semble avoir réussi le pari impossible : rester libre en tant que producteur tout en étant la star d'une grande chaîne publique. Mais ce statut privilégié va bientôt attirer les foudres et la jalousie.

Nagui souriant en veste en cuir, portant des écouteurs, devant un fond coloré aux logos de la chaîne.
Nagui souriant en veste en cuir, portant des écouteurs, devant un fond coloré aux logos de la chaîne. — (source)

Le transfert maudit vers TF1 et l'effondrement médiatique de 2000

Si la montée vers la gloire a été rapide, la chute a été tout aussi vertigineuse. Le tournant des années 90 et 2000 marque le début de ce que l'on a appelé la « traversée du désert » de Nagui. Tout commence par ce que l'on a surnommé l'« affaire des animateurs-producteurs ». Une polémique éclate sur les rémunérations jugées excessives de certains animateurs qui produisent leurs propres émissions, profitant ainsi des deniers publics pour s'enrichir personnellement. Nagui, bien que respectant les règles en vigueur, se retrouve au cœur de la tempête médiatique.

Sous la pression, il quitte France 2, son cocon sécurisant, pour rejoindre le privé et TF1 en 1996. Il pense alors trouver un terrain plus favorable à son ambition de producteur indépendant. Mais c'est précisément ce choix qui va précipiter sa perte. L'ambiance chez la chaîne privée est sans pitié, et l'échec va être au rendez-vous, émission après émission. Cette période va le transformer en « persona non grata », banni des chaînes de télévision qui ne veulent plus entendre parler de lui.

La valse des virages et l'accumulation des échecs sur TF1

L'arrivée de Nagui sur TF1 est un fiasco. Il pensait pouvoir y importer sa magie, mais la réalité le rattrape rapidement. Il enchaîne les émissions qui ne prennent pas, des formats qui sont arrêtés prématurément par la direction, faute d'audience. Son passage sur Canal+, qui a précédé son arrivée sur TF1, avait déjà laissé des traces, mais c'est sur la Une qu'il va subir les plus sévères désillusions. Son image d'animateur « indestructible » se fissure. Chaque nouvel essai se solde par un cuisant échec, ternissant un peu plus sa réputation.

La mécanique s'enraye. Les chaînes commencent à douter de sa capacité à attirer le public. Il devient l'homme à abattre, celui qui coûte cher et ne rapporte plus assez. Nagui va connaître l'humiliation des licenciements successifs. Comme il le racontera plus tard avec amertume, il a été viré de RTL, d'Europe 1, de France 2, de TF1 et même de Canal+. Il comprend alors, à ses dépens, que dans ce métier, tout peut s'arrêter en une lettre recommandée. C'est le début d'une spirale infernale qui va l'éloigner des plateaux pour plusieurs années.

Nagui micro en main, portant une veste sur chemise claire, devant un fond rose.
Nagui micro en main, portant une veste sur chemise claire, devant un fond rose. — (source)

Devenu « persona non grata » sur les grilles des années 2000

Le début des années 2000 marque le point le plus bas de sa carrière télévisuelle. Après l'échec cuisant de l'émission « Tutti frutti » en 2001, qui s'arrête au bout de quelques semaines seulement, Nagui est devenu indésirable. Plus aucune chaîne ne semble vouloir miser sur lui. En 2002, il tente sa chance avec « Le Numéro gagnant », puis avec « Le Coffre », mais ces émissions ne rencontrent pas le succès escompté et sont rapidement déprogrammées. Il est devenu, pour ainsi dire, invisible sur le petit écran.

Cette période est d'autant plus dure qu'elle contraste violemment avec les années fastes où il était partout sur les ondes. Les producteurs hésitent à lui faire confiance, et le public finit par l'oublier. Il vit une véritable traversée du désert médiatique. Les propositions se raréfient, jusqu'à disparaître complètement. C'est dans ce contexte, alors qu'il est écarté des grilles de programmation et que ses revenus s'effondrent, qu'il va plonger dans la misère financière. Le statut de star ne le protège pas contre les réalités de la vie, et sans contrats, la machine s'arrête, laissant place à un silence assourdissant et à des comptes en banque dans le rouge.

Squats, vols de nourriture et pensées sombres : le quotidien de Nagui ruiné

C'est ici que le basculement se fait le plus douloureux. Loin des studios et des feux de la rampe, Nagui va faire face à une réalité qu'il n'avait jamais imaginée. La chute professionnelle entraîne une ruine totale. Sans revenus fixes et refusant de demander des aides par fierté, il sombre dans une précarité qui frôle l'indigence. Ce n'est plus une question de train de vie ou de confort, c'est une question de survie au quotidien. Ce passage de sa vie est le cœur émotionnel de son parcours, une épreuve qui l'a marqué au fer rouge dans sa chair et dans son esprit.

Imaginez un instant l'un des animateurs les plus connus de France, obligé de se cacher pour dormir, de traîner dans des appartements vides pour avoir un toit, et de devoir se nourrir en volant de quoi survivre. C'est l'histoire incroyable de Nagui pendant ces années-là. Ce n'est pas une anecdote romancée, c'est le récit brut d'un homme qui a tout perdu. La honte et l'humiliation deviennent ses compagnons de route constants. Il vit dans la peur constante d'être reconnu, découvert, exposé au regard des autres.

Portrait de l'animateur Nagui en costume cravate.
Portrait de l'animateur Nagui en costume cravate. — (source)

L'angoisse des squats et la peur panique du propriétaire

L'un des témoignages les plus poignants de Nagui concerne ses conditions de logement. Il a raconté comment il a dû squatter des appartements pour ne pas dormir à la rue. Cette clandestinité lui causait une angoisse permanente. Imaginez la terreur de vous cacher dans un logement qui ne vous appartient pas, guettant le moindre bruit, redoutant à chaque instant l'arrivée du propriétaire. Nagui l'a confié avec une émotion palpable : quand on squatte, la peur d'être découvert est constante, paralysante. « T'as peur ! », a-t-il lancé, évoquant ces moments de terreur pure.

Vivre ainsi, c'est se sentir en danger en permanence. Chaque jour qui passe sans être découvert est une victoire, mais aussi un jour de plus passé dans le mensonge et l'illégalité. Cette survie au jour le jour l'a privé de toute stabilité. Il ne pouvait se projeter ni penser à demain, car tout était incertain. Cette expérience a brisé sa confiance en lui et l'a plongé dans un état de détresse psychologique profond. C'est un quotidien qui n'a rien à voir avec la vie dorée des stars, une réalité brutale qui l'a forcé à composer avec sa fierté pour ne pas sombrer définitivement.

« Le plus simple serait d'avoir un accident » : le mur psychologique

La précarité financière et la clandestinité ont eu un impact dévastateur sur sa santé mentale. Nagui a évoqué le mur psychologique auquel il s'est heurté. Dans ses moments les plus noirs, alors qu'il se sentait acculé, incapable de trouver une sortie honorable, il a avoué avoir eu des pensées terrifiantes. S'il n'a jamais formulé de projets suicidaires clairs, il a confié qu'il se disait parfois que « le plus simple, ça serait que j'aie un accident mortel de voiture ».

Cette révélation glace le sang. Elle illustre le désespoir total d'un homme qui ne voit plus d'issue à sa souffrance et à sa honte. Il ne voulait pas mettre fin à ses jours de manière active, mais il souhaitait inconsciemment qu'un événement extérieur vienne mettre fin à son cauchemar. C'est la marque d'une souffrance immense, celle de se sentir rejeté, inutile et oublié de tous. Pendant longtemps, il a porté ce fardeau seul, cachant sa douleur derrière un visage qui voulait rester stoïque, mais qui se brisait à l'intérieur.

Nagui sur le plateau de son émission Taratata.
Nagui sur le plateau de son émission Taratata. — (source)

En larmes à 42 ans dans un parking : le déclic de sa résurrection

Le retour à la lumière ne s'est pas fait tout seul. Il a fallu toucher le fond absolu pour que la machine redémarre. L'ultime humiliation a eu lieu en 2006, alors que Nagui a 42 ans. Il pense encore avoir sa place dans le monde de la télévision et tente sa chance auprès d'un dirigeant de chaîne. Il attend une heure et demie dans le couloir, l'espoir chevillé au corps, mais le rendez-vous n'aura jamais lieu. Le patron refuse de le recevoir et envoie sa secrétaire pour lui dire de passer son chemin. C'est le coup de grâce.

C'est dans le parking de la chaîne, assis seul dans sa voiture, que Nagui craque. Il fond en larmes. À 42 ans, il se considère comme un « has been pour l'éternité ». Il pense que sa carrière est finie, qu'il n'aura plus jamais l'occasion de revenir sur un plateau. C'est le point le plus bas de sa descente aux enfers, mais c'est aussi, paradoxalement, le point de départ de sa résurrection. C'est à partir de cet instant, de cette humiliation suprême, qu'il va trouver la force de se battre pour remonter la pente.

L'humiliation suprême et la lettre de licenciement

Cette scène du parking est symbolique de toute sa traversée du désert. Elle résume tous les rejets qu'il a subis, toutes les lettres de licenciement reçues, toutes les portes qui se sont fermées devant son visage. Il a été viré de partout, comme il le rappelle souvent avec un mélange d'amertume et de lucidité. RTL, Europe 1, France 2, TF1, Canal+ : la liste est longue et témoigne de la cruauté du métier. Être rejeté une fois est difficile, mais l'être de manière systématique détruit l'estime de soi.

Ce refus du dirigeant de chaîne en 2006 a agi comme un électrochoc. Nagui a compris qu'il ne pouvait plus compter sur sa réputation passée. Il devait se réinventer, proposer quelque chose de nouveau, de frais, pour espérer revenir. La lettre de licenciement, le rejet du patron, tout cela a fini par le durcir plutôt que de le briser définitivement. Il a décidé de transformer sa colère et sa honte en énergie positive pour se relever. C'est ce moment-là qui va changer le cours de sa vie.

Nagui sur le plateau de 'Tout le monde veut prendre sa place'.
Nagui sur le plateau de 'Tout le monde veut prendre sa place'. — (source)

La revanche par « Tout le monde veut prendre sa place »

La revanche de Nagui prend la forme d'un petit jeu diffusé en quotidienne sur France 2 : « Tout le monde veut prendre sa place ». Lancé en juillet 2006, quelques mois seulement après l'humiliation du parking, ce programme devient un phénomène d'audience. Le concept est simple, efficace et addictif. Les Français plébiscitent cette émission familiale, et les chiffres d'audience explosent. C'est un succès retentissant qui va réinstaller durablement Nagui dans le paysage audiovisuel français.

Avec ce triomphe, Nagui efface ses dettes et regagne le respect de ses pairs. Il prouve qu'il a toujours ce sens du divertissement qui l'avait rendu célèbre des années plus tôt. Ce n'est pas un simple retour, c'est une seconde carrière qui commence. Il va devenir un pilier de France 2, enchaînant les succès et consolidant son statut de producteur incontournable. Ce retour est d'autant plus mérité qu'il est né de ses propres cendres, fruit d'un travail acharné et d'une volonté de fer de ne pas rester à terre.

Un prince de France Télévisions hanté par le spectre du déclassement

Aujourd'hui, Nagui règne en maître sur France Télévisions. Mais contrairement à beaucoup de ses collègues qui peuvent se laisser bercer par l'illusion de l'éternité, lui reste hanté par le souvenir du précipice. Il n'a jamais oublié d'où il vient. Cette peur du vide, de la chute brutale, reste son moteur principal. Il dirige aujourd'hui un empire médiatique avec la prudence de celui qui sait que tout peut s'effondrer en un instant. Son parcours lui a enseigné une philosophie de vie qu'il applique au quotidien : travailler comme un artisan, rester humble et ne jamais prendre son succès pour acquis.

Sa relation avec Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions, illustre cette nouvelle maturité. Ensemble, ils ont construit un partenariat solide basé sur la confiance et le respect mutuel. C'est grâce à cette alliance que Nagui a pu remettre le couvert avec « Taratata », proposant des concerts mythiques au Zénith qui ont ravi les amateurs de musique. Il a su tirer les leçons de ses erreurs passées, en particulier en matière de gestion et de relation avec les pouvoirs de la chaîne, pour devenir un acteur fiable et indispensable du service public.

L'alliance avec Delphine Ernotte et le retour de Taratata

Le retour de « Taratata » sur France 2 est un moment fort dans la carrière récente de Nagui. Il confirme son statut de prince de la télévision musicale. Delphine Ernotte a cru en lui et lui a donné les moyens de produire des émissions de grande qualité, comme ces éditions spéciales au Zénith de Paris. Nagui raconte que tout s'est fait sur un regard et une poignée de main, preuve d'une confiance rare dans ce milieu. Il n'est plus seulement un animateur, c'est un partenaire stratégique pour la chaîne.

Cette alliance lui permet de sécuriser sa position et de bâtir des projets sur le long terme. Mais Nagui ne s'endort pas sur ses lauriers. Il sait que cette confiance est précieuse et qu'elle doit être méritée chaque jour. Il se montre exigeant envers lui-même et ses équipes, conscient que la qualité reste le meilleur rempart contre l'échec. Cette période de sérénité apparente cache en réalité une vigilance constante, celle de l'homme qui a tout perdu et qui refuse de revivre ce cauchemar.

Le couple Nagui et Mélanie Page lors d'un événement caritatif.
Le couple Nagui et Mélanie Page lors d'un événement caritatif. — (source)

La philosophie de l'artisan : « tout peut changer du jour au lendemain »

La grande leçon que Nagui tire de son parcours chaotique, c'est que personne n'est intouchable. Il le répète souvent : « Tout peut changer du jour au lendemain ». Dans ce métier, la popularité est volatile, et le succès d'aujourd'hui ne garantit rien pour demain. Cette conscience de la fragilité des choses le pousse à travailler avec l'humilité d'un artisan. Il retourne à l'ouvrage sans cesse, peaufinant ses émissions, cherchant l'idée qui fera la différence.

Pour Nagui, le passé est un professeur sévère mais nécessaire. Les années de galère, les squats et la faim lui ont appris la valeur des choses. Il ne voit plus son métier comme une course au pouvoir ou à l'argent, mais comme un art qu'il faut cultiver avec soin. Cette approche lui a permis de revenir au sommet et, espérons-le, d'y rester plus longtemps. Son histoire inspire par sa capacité à se relever, mais elle sert aussi d'avertissement : le succès n'est jamais acquis, et c'est peut-être ce qui rend Nagui plus fort et plus pertinent que jamais.

Conclusion

Le parcours de Nagui, des fastes de la télévision aux profondeurs de la précarité, illustre la fragilité des destins médiatiques. Il a su transformer ses plus grandes humiliations en les leçons d'une résilience hors du commun. Devenu un pilier de France 2, il reste animé par une lucidité tranquille, celle d'un homme qui sait que tout peut s'arrêter du jour au lendemain et qui, pour cette raison, ne cesse jamais de travailler.

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Questions fréquentes

Comment Nagui a-t-il survécu à la précarité ?

Nagui a survécu en squattant des appartements et en volant de la nourriture. Il refusait par fierté de demander des aides ou de pointer à Pôle Emploi.

Quelle émission a relancé la carrière de Nagui ?

C'est le jeu "Tout le monde veut prendre sa place", lancé en juillet 2006, qui a connu un succès d'audience et relancé sa carrière.

Pourquoi Nagui a-t-il quitté France 2 en 1996 ?

Il a quitté France 2 sous la pression d'une polémique sur les rémunérations des animateurs-producteurs, rejoignant alors TF1.

Quels pensées noires a eu Nagui ?

Dans ses moments les plus noirs, il a avoué penser qu'un accident de voiture mortel serait une solution simple pour mettre fin à sa souffrance.

Sources

  1. Nagui sans filtre sur ses années de galère : "J’étais au fond du trou…" | Télé 7 Jours · programme-television.org
  2. fr.wikipedia.org · fr.wikipedia.org
  3. gala.fr · gala.fr
  4. lessentiel.lu · lessentiel.lu
  5. mediapart.fr · mediapart.fr
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Emma Chabot @style-hunter

Mode, beauté, bien-être – je partage mes découvertes avec authenticité. Pas de partenariats cachés ici, que des vraies recommandations. Graphiste freelance à Lyon, je privilégie les marques éthiques et le DIY. Mon dressing est un savant mélange de friperies et de pièces durables. Je crois qu'on peut être stylée sans détruire la planète. Et si je peux t'aider à trouver ton style, c'est encore mieux.

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