
Cet article a pour but de remettre les points sur les « i » concernant le drame de Vilnius. Je l'écris car j'en ai marre d'entendre continuellement des bêtises au sujet de Marie ou de Bertrand. Je tiens à rester objective dans ma rédaction, alors si vous pensez qu'il n'y a qu'un seul coupable dans cette histoire, ce n'est même pas la peine de continuer : je ne tiens pas à dénigrer Bertrand en disant gratuitement qu'il est un assassin, et je ne tiens pas non plus à rabaisser Marie. Bonne lecture !
La nuit du 26 au 27 juillet 2003 : que s'est-il passé à Vilnius ?
Je reprends quelques paroles de Bertrand car je pense qu'il n'est pas un menteur, et que c'est un homme honnête.
Après une soirée plutôt arrosée (et l'absorption de drogues douces), nos deux protagonistes décident de rentrer dans leur appartement du Domina Plaza. Pendant toute la semaine, Marie avait essayé de persuader Bertrand que sa femme, Kristina, avait de mauvaises intentions en l'appelant pour parler de leurs deux enfants, Alice et Milo. Bertrand avait alors décidé d'appeler sa femme pour lui dire que leurs contacts se limiteraient à « tu viens chercher les enfants à telle heure, à tel endroit ». Il a fait cela comme une preuve d'amour envers Marie.
Puis, en fin d'après-midi, il est tombé sur un texto que Samuel Benchétrit, l'époux de l'actrice, avait envoyé à Marie, où il signait à la fin « Ma petite Janis ». Bertrand a alors ressenti un sentiment d'injustice face à ce qu'il venait de faire à Kristina, alors il demanda des explications à Marie. Elle ne voulait pas répondre à cette question et ne voulait pas en entendre parler.
Le soir à l'appartement, Bertrand redemande à Marie des explications à propos de ce SMS. Le ton commence à monter pour Marie, qui se met à lui crier d'aller voir sa femme, elle n'arrêtait pas de lui dire ça. Maintenant, ils ont atteint un niveau où ils sont totalement hors d'eux. À ce moment-là, Marie devint complètement hystérique — « Je ne l'avais jamais vue dans un état pareil » dit Bertrand. Marie donne un coup de poing au chanteur de Noir Désir. Il essaie de la calmer comme il peut mais rien n'y fait. Elle le pousse et, comme il n'était pas dans une posture agressive (donc elle a pu facilement le déséquilibrer), il se cogne le dos contre l'arête de la porte de la salle de bains (là où il avait un disque écrasé), ce qui lui fit très mal comparé au coup de poing. Alors, totalement dépassé par leur dispute, il lui met 4 gifles très violentes. Ils s'agrippent tous les deux très fort et Bertrand la jette sur le sofa. Il court ensuite tout de suite vers la chambre et s'enferme pendant 10 minutes environ. Croyant qu'elle s'était endormie suite à l'ivresse et à l'assommement, Bertrand ne se doute pas une seconde qu'elle est en fait dans le coma. Il lui essuie ses blessures, essaie de la réveiller et lui met des glaçons sur le visage. Il la transporte ensuite dans la chambre et la couche sur le lit.
Il essaie plusieurs fois dans la nuit de joindre Samuel. Quand il l'a enfin, il lui explique que lui et Marie se sont violemment disputés, quasiment battus. Samuel lui dit que ce n'est rien et qu'il n'a pas à s'inquiéter.
Vers 7h00, Bertrand appelle Vincent, le frère de l'actrice. Il arrive alors à la résidence et insulte tout de suite Bertrand. Ils décident alors d'aller s'acheter des cigarettes et reviennent environ 20 minutes plus tard. C'est quand ils voient du sang sortir de la bouche de Marie qu'ils décident d'appeler un médecin.
Conséquences judiciaires et réactions après la mort de Marie Trintignant
Après son séjour à l'hôpital pour subir un lavage d'estomac et tout le topo envers les gens qui tentent de mettre fin à leurs jours, Bertrand est entendu par la police lituanienne. Il raconte exactement ce qui est écrit dans le paragraphe précédent. Inculpé pour « coups et blessures volontaires et non-assistance à personne en danger », Bertrand est donc mis en examen. La donne change le 1er août 2003 lors de la mort de l'actrice. Bertrand est alors inculpé pour « meurtre » et non plus pour « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».
À partir du moment où on apprend la mort de Marie, les réactions fusent comme des flèches. D'un côté, les gens qui réduisent Bertrand à un macho, un assassin et un opportuniste ; et d'un autre point de vue, ceux qui pensent qu'il a forcément dû se passer quelque chose d'inhabituel ce soir-là et qui soutiennent à la fois le chanteur et l'actrice. L'avocat lituanien de Bertrand a été forcé d'attendre 3 jours avant d'annoncer la mort de Marie au chanteur, tellement il était déprimé. Pendant des jours et des jours, le chanteur n'a fait que pleurer, il ne parlait même plus et refusait de s'alimenter au début.
Puis, ses proches l'ont raisonné en lui disant de penser à Alice et Milo, ses deux enfants, et à toute sa famille et ses amis. Depuis, Bertrand ne pense plus au suicide car il veut rester pour ses enfants, mais une chose est sûre : le chanteur ne sera plus jamais le même...
Pour ma part, je garde de cette tragédie le souvenir que c'était avant tout une histoire d'amour unique qui s'est finie par une scène de ménage dramatique. Je ne pense pas que ce soit de la violence conjugale et je pense aussi que les seules personnes pouvant se donner le droit de juger Bertrand sont sa famille, ses amis et sa femme Kristina, pour la bonne raison que ces gens le connaissent depuis plus de 10 ans... On ne peut pas dire de quelqu'un que c'est un salaud, un criminel ou un macho alors qu'on ne l'a jamais rencontré de sa vie. Bertrand a la chance d'avoir une famille soudée qui est là pour le soutenir. Celle de Marie est unie dans la douleur mais semble complètement obnubilée par la vengeance, cette dernière étant sûrement le fruit de la douleur.
Épilogue : enterrement et incarcération de Bertrand Cantat
Marie Trintignant fut enterrée le 6 août 2003 au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Bertrand Cantat était incarcéré depuis plus d'un an à la prison de Lukiskiu à Vilnius. Il est revenu en France le mardi 28 septembre 2004 et fut directement placé au centre de détention de Muret, à 25 km de Toulouse.