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Marlon Brando : la mort d'un mythe

De L'Équipée sauvage au Parrain, Marlon Brando a révolutionné le cinéma. Retour sur la carrière exceptionnelle et la vie tragique d'une légende disparue en 2004.

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Marlon Brando, légende du cinéma
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De Nebraska à Hollywood : les débuts d'un génie à l'Actor's Studio

Le petit garçon du Nebraska, né le 3 avril 1924, a grandi dans une famille qui vivait et aimait le cinéma. Son destin était tracé, mais il a fallu attendre son renvoi de l'école militaire pour qu'il se mette sérieusement au théâtre. Il fut l'un des meilleurs élèves de l'Actor's Studio, à New York, et l'acteur favori du génial réalisateur Elia Kazan, pour lequel il tourna Un tramway nommé désir, qui lui valut une nomination aux Oscars.

Marlon Brando dans les années 1950
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L'icône des années 50 : sex-symbol et rébellion au cinéma

Il fut le sex-symbol américain de toute la génération des années 50, époustouflant plus d'une fois dans des prestations remarquées, comme dans Sur les quais, du même Elia Kazan, pour lequel il reçut son premier Oscar avec émotion. On retient également L'Équipée sauvage, où il campe le rôle du jeune Johnny, un motard rebelle. Cet anticonformiste s'imposa dans des rôles divers, mais vécut un passage à vide durant les années 60, que l'on croyait fatal.

Marlon Brando, acteur oscarisé
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Le Parrain : la résurrection d'une carrière et le refus de l'Oscar

C'était sans compter sur le talent de Brando qui, considéré par beaucoup comme arrogant, se plia au jeu des castings pour décrocher le rôle mythique de Don Vito Corleone dans le film culte de Francis Ford Coppola. Ce timbre de voix, ces paroles qu'on rêverait de prononcer et ce charisme, retranscrits par une présence physique certaine, ne montraient pas Marlon Brando à l'écran, mais son personnage. C'était un véritable acteur, celui qu'on confond avec son rôle. Le film, sorti en 1972, connut un énorme succès, et Brando prouva ainsi à tous ses détracteurs qu'il n'était pas fini.

Il refusa même son deuxième Oscar pour le rôle de Corleone, envoyant une Amérindienne sur scène pour dénoncer la discrimination que vivait son peuple au cinéma et rappeler le massacre qu'avait perpétré l'Amérique à ses compatriotes. Un geste fort, d'une rare audace.

Marlon Brando et Al Pacino
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Dernier Tango à Paris : l'admiration de De Niro et Pacino

Toujours au début des années 70, il tourna Dernier Tango à Paris, son film le plus controversé, où il put montrer toute sa sensualité, qualifiée même de « féminine » par les experts. Il était l'exemple de toute la génération qui le suivait : les De Niro, Pacino ou encore Pesci le considéraient comme le plus grand. À l'annonce de son décès, Al Pacino, considéré comme son successeur, a même exprimé sa douleur et son admiration par cette phrase : « Je suis très fier de dire que je chercherais à l'imiter jusqu'au jour de ma mort. » Il était devenu une légende du cinéma avant même sa mort, ce que peu d'acteurs ont réalisé.

La famille de Marlon Brando
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Vie personnelle : tragédies familiales et exil en Polynésie

Sa vie familiale fut tout aussi spectaculaire. Il avait aimé plusieurs femmes, était le père de plus de dix enfants... Il aimait profondément sa famille, et pour beaucoup, ce n'est pas d'une embolie pulmonaire qu'est mort le grand Marlon Brando le 1er juillet 2004, mais du suicide de sa fille, en 1995, suite à l'assassinat de son mari par son frère Christian, le fils aimé de Brando. Ce dernier paya tout son procès et fut dépité de voir son fils en prison durant cinq années. Il disait dans Le Parrain : « Un homme qui ne passe pas du temps avec sa famille ne pourra jamais être un vrai homme. » Brando était un homme.

Il était ruiné, mais triste également de voir sa famille se décomposer. Son cœur était brisé, lui qui aimait la Polynésie et la cause amérindienne, au point d'y avoir vécu exilé durant près de dix ans, était meurtri par tous ses problèmes familiaux. Il finit sa vie dans un petit bungalow morbide, indigne d'un homme de cette générosité, à Mulholland Drive, en Californie, jouant quelques petits rôles dans des productions de moyenne qualité, pour gagner l'argent nécessaire à sa survie.

L'héritage immortel d'une légende du cinéma mondial

Sa vie fut marquée par des rôles mythiques, de Stanley Kowalski au colonel Kurtz, en passant par Don Vito Corleone ou encore le jeune Johnny Strabler, mais aussi par des drames dans sa vie privée. Il restera à jamais dans la mémoire collective, et dans l'esprit des grands passionnés de cinéma qui l'ont toujours respecté et admiré. Cette mort en pleine solitude lui voue une immortalité certaine.

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antonio.montana
Maxime Verner @antonio.montana
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