
Mais qui est vraiment Michaël Youn, cet enfant de la bourgeoisie qui a réussi à s'affranchir des codes de son milieu pour rallier toute une génération à son humour... disons subversif ? Né en 1973 à Boulogne-Billancourt, d'un père conseiller en relations humaines et d'une mère chef du personnel, Michaël vit une enfance de nanti : premier de la classe, un peu turbulent tout de même.
Le bac en poche, il part en école de commerce pour s'initier aux subtilités du marketing et en sort avec un master en management. Quelques stages en entreprise (Microsoft voulait l'embaucher !) le persuadent pourtant de virer de cut, n'en déplaise à sa mère, une catholique italienne. Réformé P4 à l'armée, il s'inscrit au Cours Florent (son prof de l'époque a mis en scène « Pluskapoil », son one-man-show), puis se lance dans la radio où il oscille entre journalisme sportif (si, si, pour TSF !) et premières blagues potaches sur Fun Radio et sur Nova. En 1998, Skyrock lui offre un premier « morning show ».
Morning Live sur M6 : l'explosion télévisuelle
Deux ans plus tard, M6 l'appelle pour meubler entre clips, flashes info et météo du matin. Révélation et... révolution ! Il fait embaucher deux de ses copains et réveille bientôt la France entière, ou presque, avec son mégaphone. En moins d'un an, son « Morning Live » devient une émission culte. Tant pis pour ceux qui ne partagent pas son humour ! La police l'embarque en plein tournage. Un gardien d'immeuble lui flanque un pistolet sur la tempe. Bernard Tapie, croisé dans une émission de radio, lui file une baffe. Le grand public l'adopte vraiment en 2001, lorsqu'il découvre son postérieur, un soir, en prime time, sur France 2.
Bratisla Boys : du rire aux sommets du Top 50
« Ça a fait un effet incroyable ! Il a suffi que je montre une fois mes fesses à la télé pour que tous les gens m'en parlent quand ils me croisent... »
Mais ne comptez pas sur ce clown-né pour se complaire dans sa propre caricature. En 2002, TF1, la chaîne leader, lui propose un pont d'or : il refuse. Le « Morning Live » est au faîte de sa gloire ? Qu'importe, il prend M6 au dépourvu en arrêtant l'émission du jour au lendemain ! Un répit qu'il met à profit pour se lancer dans la... chanson : les Bratisla Boys, son groupe parodique, se hisse en tête du Top 50 et vend un million et demi de singles. « Stach Stach », le titre original de « La Beuze », est n°1 au top !
Un succès mérité pour ce bosseur effréné qui n'a pas pris la grosse tête. Des preuves ? Il continue d'habiter au-dessus de l'appartement familial. Il fréquente la même fiancée qu'avant (l'humoriste Juliette Arnaud). Et il roule toujours dans sa voiture d'étudiant. Une success story qui n'est pas sans rappeler celle des Nuls, il y a quinze ans, sur Canal+. Une autre génération...