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La légalisation du suicide assisté...

À 16 ans, je défends la légalisation du suicide assisté. Entre dignité, bien-être et amélioration du système de santé, découvrez mon argumentaire pour cette alternative.

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Imaginez rester cloîtré sur un lit, entre quatre murs, sans possibilité de bouger, sans assistance pendant une journée complète. Imaginez-vous être ainsi une année entière, à regarder les saisons défiler sans jamais vraiment les sentir. Quelle situation triste, frustrante, ou peut-être tout simplement invivable… Pourtant, un homme, Ramón Sampedro, a vécu cette condition pendant vingt-neuf longues années avant qu'on lui accorde la délivrance souhaitée. Vous, n'auriez-vous pas voulu espérer, vous aussi, en finir avec cette douleur ? C'est un exemple parmi tant d'autres, d'autres personnes dans cette situation, parfois différente mais tout aussi insupportable. Alors, êtes-vous pour ou contre la légalisation du suicide assisté ? Moi, je suis pour cette alternative. Je crois qu'elle peut apporter aux gens atteints de maladies incurables un minimum de dignité et pourrait améliorer les services offerts par la médecine.

Le bien-être et la dignité des patients

D'abord, pensons un peu au bien-être de ces personnes, qui n'aspirent qu'à une seule chose : leur délivrance ! Comment une personne en pleine possession de ses moyens se sent-elle lorsqu'elle dépend entièrement de ses proches ? N'a-t-elle pas l'impression d'être un fardeau ? Je trouve, personnellement, qu'il est malsain de se considérer ainsi. Certains, cependant, malgré tous les mots d'encouragement de ceux qui les aiment, ne peuvent changer leur vision. Ils veulent une meilleure qualité de vie que celle qu'ils ont. Ces personnes n'ont plus d'intimité. C'est à peine si leur vie leur appartient. C'est exactement pour ces raisons que l'Oregon a créé la loi « Death With Dignity Act ». Elle permet aux « condamnés » qui désirent mourir, en disant adieu à cette vie cruelle mais qu'ils aimaient malgré tout, de rester dignes jusqu'à la fin… Cet aspect doit être pris en considération car il est important pour le bien-être de ces personnes. Peter Godwin, qui a participé à la lutte pour la légalisation, témoigne qu'il a vu mourir des patients dans une profonde détresse psychologique, sans même parler de la douleur physique constante qui assaille ces malades. C'est pourquoi je crois qu'il est d'une importance pressante de légaliser le suicide assisté afin d'offrir à ces gens, déjà éprouvés par la vie, un maximum de bien-être !

Les bénéfices pour le système de santé

Ensuite, la légalisation du suicide assisté aiderait non seulement les patients, mais aussi le système de santé. En effet, dans l'Oregon, cette légalisation a entraîné une révision des services offerts dans les hôpitaux et les a améliorés. Ainsi, 70 % des médecins ont perfectionné leurs compétences en diagnostic psychologique. Les soins à domicile ont augmenté de 30 %. Ainsi, moins de 25 % des habitants meurent dans les hôpitaux. Certains affirment que la légalisation du suicide entraînerait une augmentation du taux de mortalité. Cependant, 80 % de ceux qui réussissent la série de tests et répondent à toutes les conditions imposées pour obtenir le droit de se suicider avec assistance ne passent finalement pas à l'acte. Soulignons qu'obtenir l'accord de la loi ne les oblige en rien, évidemment, à passer à l'action. Par contre, le fait d'avoir ce droit rend leur vie plus tolérable, rassurés qu'ils sont d'avoir toujours cette porte de secours ouverte. Au final, cela leur redonne confiance en eux et aussi en la médecine. En améliorant les services médicaux sur le plan psychologique, on sauve des vies !

Le droit de mourir dignement

Finalement, je crois qu'il est primordial de légaliser le suicide assisté. Il est nécessaire d'offrir le droit de mourir dignement. Il est indispensable d'offrir une délivrance possible ! Tout simplement, pour le bien-être de ces gens qui ont assez souffert. De son côté, la médecine doit davantage s'interroger sur l'importance de l'état psychologique du patient et leur donner un support supplémentaire, ce que permet, paradoxalement, cette loi. C'est radicalement différent du jeune de dix-huit ans qui se suicide par désespoir devant cette longue vie… On parle ici du droit de ne pas souffrir une douloureuse agonie. Pensez à tout ça, songez à quelle serait votre position si un membre de votre entourage était pris dans cette affligeante situation ? Pensez-y donc : le suicide avec assistance n'est pas simplement la mort, c'est aussi un peu de vie. Comme l'a dit Ramón Sampedro : « Comme la plupart des gens qui aiment la vie et la liberté, je pense que vivre est un droit, pas une obligation… »

P.-S. : mon titre fait référence au slogan des défenseurs du suicide assisté.

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