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L'oeuvre de Mondrian dans le XXe siècle

Découvrez l'évolution de Piet Mondrian, de ses premiers paysages à l'abstraction géométrique, en passant par le cubisme.

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Lorsque le jeune Mondrian, bien décidé à se consacrer à l'art, entreprend vers 1890 des études sérieuses, l'École hollandaise s'éveille à peine d'un long sommeil. Au cours des années 1870 avait émergé un courant artistique connu sous le nom d'École de La Haye, dont les principaux peintres étaient Paul Gabriël, Jozef Israëls et Anton Mauve (qui donna un temps des cours à Van Gogh). Avant eux, la peinture hollandaise s'en tenait à une imitation appliquée des grands romantiques européens. L'École de La Haye, elle, rejette les sujets héroïques chers au romantisme et revient à une tradition où les Hollandais avaient excellé deux siècles plus tôt : le paysage, la nature morte et, à l'occasion, le portrait.

Les débuts de Mondrian : le paysagiste

Mondrian se fera à son tour paysagiste. Il peint alors avec passion les fermes, les bois et les cours d'eau des environs d'Amsterdam ; plus rarement, des natures mortes — des fleurs de préférence — et des portraits. Ainsi, tout en assimilant un cursus plus académique à la Rijksacadémie, il acquiert peu à peu une certaine réputation dans les cercles artistiques locaux. Il est vrai que ses paysages témoignent d'une authentique sensibilité et déjà, d'un excellent savoir-faire de peintre.

L'influence du luminisme et de Van Gogh

Après 1905, l'impact des expatriés que furent, à Paris, Vincent Van Gogh et Kees Van Dongen, sur la peinture de Mondrian est évident : le dessin est plus tourmenté, les couleurs plus franches et parfois pures. Le peintre s'intéresse à la lumière pour elle-même et en fait le véritable sujet de ses tableaux. Recourant à la couleur pure, intense, afin d'illuminer son motif, Mondrian se libère du même coup de tout souci de réalisme : les arbres peuvent être rouges, ou bien bleus. Cette façon de peindre par touches ou aplats de couleurs pures, qu'on appelle « luminisme » aux Pays-Bas, le mène vers 1909 à la frontière de l'art abstrait.

La période symboliste et la théosophie

Mondrian n'est pas encore prêt à renoncer au sujet figuratif et semble un moment faire marche arrière. Sa réflexion théorique et sa curiosité l'ont amené à s'intéresser de près aux spéculations ésotériques de la théosophie, comme certains intellectuels, d'autres artistes, dont Kandinsky, et un public assez nombreux. La tour du phare, l'église ou le moulin, constructions emblématiques — la lumière qui guide les vaisseaux, le vent transformé en énergie nourricière (pour le moulin) — prennent alors ostensiblement une « posture » chargée d'un sens symbolique. En vérité, les opinions divergent sur cette période assez brève de l'art de Mondrian. Ainsi, le grand triptyque « Évolution » a-t-il été jugé par certains très significatif des préoccupations d'une époque, ou, au contraire, dénigré par d'autres.

La rencontre avec le cubisme et le départ pour Paris

La nouvelle rigueur que souhaite Mondrian, il va la trouver grâce au cubisme. Les premières œuvres cubistes de Picasso ou de Braque, présentées en 1911 à Amsterdam, lui sont une véritable révélation qui déclenche sa décision de partir s'installer à Paris. La couleur se fait plus sobre, plus sombre. Le peintre s'en tient à la nature morte et surtout au paysage qui, depuis ses débuts, le requiert.

Vers l'abstraction géométrique

Peu à peu, l'austérité de la palette va céder la place à des couleurs de plus en plus vives et plus franches. Qu'il choisisse un arbre ou un paysage urbain, Mondrian tente à présent d'organiser tout son tableau selon un réseau de lignes où obliques et courbes sont peu à peu remplacées par les seules verticales et horizontales. En 1914, la toile est devenue une mosaïque de petites figures géométriques de couleurs uniformes.

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flaurette
flaurette @flaurette
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