Pochette de l'album 'Je m'appelle Hélène' avec Hélène Rollès et sa guitare.
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Hélène Rollès : de "Je m'appelle Hélène" aux concerts en Chine, le destin fou de la blonde d'AB Productions

De la petite annonce Paris Match aux concerts en Chine, découvrez le destin fou d'Hélène Rollès. Star malgré elle, elle revient en 2024 avec le garage mythique reconstitué.

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Bien plus qu'une simple star de la jeunesse des années 1990, Hélène Rollès incarne un phénomène culturel unique en France. De son entrée fortuite dans le monde du spectacle à une notoriété insolente qui traverse les océans jusqu'à la Chine, son parcours est tout simplement romanesque. Alors que l'icône d'Hélène et les Garçons poursuit une carrière hors norme avec plus de trois décennies d'activité, retour sur les étapes clés d'une destinée que rien ne prédestinait à une telle longévité.

Pochette de l'album 'Je m'appelle Hélène' avec Hélène Rollès et sa guitare.
Pochette de l'album 'Je m'appelle Hélène' avec Hélène Rollès et sa guitare. — (source)

1979-1987 : une petite annonce Paris Match qui change tout

L'histoire d'Hélène Rollès pourrait s'apparenter à un conte de fées moderne, mais ses débuts sont marqués par le hasard et une modestie confondante. Née au Mans en décembre 1966, la jeune fille ne rêve pas de vedette. Elle grandit loin des projecteurs parisiens, dans une famille ordinaire, et c'est presque par jeu qu'elle va voir son destin basculer. Cette période charnière montre comment une rencontre fortuite avec le monde de la télévision va, sans qu'elle le cherche vraiment, orienter toute son existence.

Du Mans au tournage avec Jacques Dutronc à 12 ans

En 1979, alors qu'elle n'est encore qu'une adolescente de douze ans, Hélène répond à une petite annonce parue dans le magazine Paris Match. On cherche des jeunes acteurs pour un film, et elle se présente au casting sans grandes attentes. C'est ainsi qu'elle est retenue pour jouer dans Le Mouton noir, un long-métrage de Jean-Pierre Moscardo. Le dépaysement est total pour la Mancelle qui se retrouve soudainement sur un plateau de cinéma aux côtés de monstres sacrés du cinéma français comme Jacques Dutronc et Brigitte Fossey.

Cette expérience, bien que brève, la met pour la première fois en contact avec l'univers du spectacle. Elle fait ses premières apparitions télévisuelles, notamment dans l'émission culte de Michel Drucker, Les Rendez-vous du dimanche. Pourtant, à cet âge, la gloire ne l'intéresse pas vraiment. Trois ans plus tard, en 1983, on lui propose même un rôle dans Le Marginal, un film avec Jean-Paul Belmondo, mais la jeune fille, sage et réservée, refuse l'offre. Elle préfère poursuivre sa scolarité et son adolescence normale, laissant cette parenthèse cinématographique derrière elle, pensant sans doute que c'était là une expérience unique sans lendemain.

Hélène Rollès le 8 décembre 2010 à Paris, portant un haut rouge.
Hélène Rollès le 8 décembre 2010 à Paris, portant un haut rouge. — Nicolas Richoffer / CC BY-SA 4.0 / (source)

Courrier d'AB Productions et rencontre décisive avec Dorothée

Le véritable déclic se produit quelques années plus tard, le 29 mars 1987, lors d'un concert de Dorothée au Mans. Hélène, qui est fan de la chanteuse, se rend à la salle de concert pour l'applaudir. C'est là que le hasard fait bien les choses : elle fait la connaissance de Dorothée et de Jean-Luc Azoulay, le patron d'AB Productions. Séduite par sa personnalité et peut-être pressentant un potentiel artistique, l'équipe lui propose un travail inattendu : un poste au service courrier d'AB Productions.

Hélène accepte et s'installe à Paris pour ce travail administratif, loin des studios d'enregistrement. Cependant, Jean-Luc Azoulay n'a pas fini d'analyser le potentiel de cette jeune femme à l'allure ingénue. Il détecte en elle quelque chose de spécial qui pourrait plaire au jeune public. Dès 1988, il lui écrit son premier single, Dans ses grands yeux verts, et lui confie l'interprétation de trois chansons pour le dessin animé Candy. Le service courrier est vite oublié : Hélène entame alors une transition silencieuse mais décisive vers le statut d'artiste, enregistrant son premier album Ce train qui s'en va en 1989 sans imaginer le raz-de-marée qui suivra.

Hélène Rollès posant sur un escalier devant des vitraux.
Hélène Rollès posant sur un escalier devant des vitraux. — (source)

1992-1994 : quand le garage d'Hélène et les Garçons devient le QG d'une génération

Le début des années 1990 marque le point de bascule où Hélène Rollès passe du statut de chanteuse de génériques à celui d'idole absolue de la jeunesse française. Le lancement de la sitcom Hélène et les Garçons sur TF1 en 1992 déclenche une frénésie populaire sans précédent. Ce n'est plus seulement une carrière musicale qui se construit, c'est tout un univers fictionnel qui va captiver des millions de téléspectateurs chaque soir, propulsant la blonde platine au rang de véritable phénomène de société.

280 épisodes et jusqu'à 7 millions de téléspectateurs chaque soir

La série Hélène et les Garçons s'installe dans le paysage audiovisuel français le 11 mai 1992. Avec 280 épisodes répartis sur deux saisons, la série devient un rendez-vous incontournable pour les adolescents de l'époque. Les chiffres d'audience sont vertigineux pour une sitcom de l'époque : la série attire chaque soir entre 3 et 4 millions de téléspectateurs, avec des pointes dépassant les 7 millions lors des soirées spéciales. Le garage, transformé en appartement-salle de répétition par les protagonistes, devient le décor le plus célèbre de France.

Le casting de la série 'Hélène et les Garçons' posant pour une photo promotionnelle.
Le casting de la série 'Hélène et les Garçons' posant pour une photo promotionnelle. — (source)

Au-delà des audiences, c'est l'impact culturel qui est saisissant. La série lance des tendances vestimentaires et comportementales. On se souvient tous des fameuses chaussettes rouges et jaunes à petits pois portées par Hélène, devenues un véritable accessoire de mode dans les cours de récréation. La diffusion quotidienne crée un lien d'intimité unique entre les jeunes téléspectateurs et le casting, faisant de l'actrice une figure de proue de la production AB, au même titre que Dorothée.

« Je m'appelle Hélène » : 500 000 à 900 000 albums vendus et une nomination aux Victoires

La popularité de la série agit comme un catalyseur pour la carrière musicale d'Hélène Rollès. Le générique, Pour l'amour d'un garçon, se classe déjà numéro 4 au Top 50, mais c'est l'album suivant qui consacre définitivement son statut de star. En 1993, elle sort l'album Je m'appelle Hélène, qui rencontre un succès commercial fulgurant. Les chiffres de vente varient selon les sources, oscillant entre 500 000 et 900 000 exemplaires vendus, mais le constat est le même : la blonde fait un carton.

Le single éponyme, Je m'appelle Hélène, atteint la cinquième place du Top 50 et devient l'hymne d'une génération. Cette reconnaissance professionnelle culmine en février 1994 lorsqu'elle est nommée aux Victoires de la musique dans la catégorie « Révélation variétés féminine ». Elle se produit même au Zénith à Paris pour sept représentations, prouvant qu'elle est capable de remplir les grandes salles malgré le mépris de la critique « sérieuse ». Cette consécration institutionnelle contraste violemment avec l'image bonbon qui colle à sa peau, soulignant le décalage entre le succès populaire et la reconnaissance intellectuelle.

Hélène Rollès marchant sur une plage avec sa guitare acoustique sur le dos.
Hélène Rollès marchant sur une plage avec sa guitare acoustique sur le dos. — (source)

La critique assassine contre « le regard de veau »

Si les adolescents adoraient Hélène, la critique de l'époque était, à l'inverse, impitoyable. Les journalistes des années 90 ne mâchent pas leurs mots pour qualifier la production AB Productions et son actrice phare. On lisait dans la presse des critiques assassines, qualifiant l'actrice de « pauvre quiche » ou moquant son jeu. Une expression, rapportée par Hélène elle-même des années plus tard dans les colonnes de Sud Ouest, reste tristement célèbre : des journalistes ont parlé de son « regard de veau » pour dénigrer sa prestation, une violence verbale qui touche profondément la jeune femme.

Cette méfiance culturelle envers la variété AB Productions est symptomatique d'une époque où la télévision de divertissement, et notamment les sitcoms de TF1, est méprisée par une partie de l'élite culturelle. On oppose la « chansonnette » facile et les scénarios simplistes aux artistes « légitimes ». Pourtant, cette violence médiatique ne parvient pas à entamer la popularité de la star, bien au contraire. En se moquant d'elle, la presse contribue paradoxalement à forger son identité de victime consentante d'un succès qu'elle ne maîtrise pas totalement, la rendant encore plus attachante à un public qui se sent identifié à elle. Ceslaw Bojarski : l'incroyable destin du Cézanne de la fausse monnaie est un autre exemple de destin singulier, bien que dans un registre totalement différent.

Portrait d'Hélène Rollès aux cheveux blonds, pris à l'extérieur.
Portrait d'Hélène Rollès aux cheveux blonds, pris à l'extérieur. — (source)

L'incroyable paradoxe chinois : célèbre sans être connue

L'un des chapitres les plus étranges et fascinants de la carrière d'Hélène Rollès se déroule à des milliers de kilomètres de la France. Alors que sa carrière hexagonale commençait à ralentir dans les années 2010, un phénomène inattendu explosait en Chine. La star française y est devenue un mythe musical, sans pourtant que son visage ne soit reconnu dans la rue. Ce paradoxe, où la voix est célèbre mais l'interprète inconnue, constitue sans doute l'une des curiosités les plus marquantes de l'histoire des exportations de la culture française.

Des cafés de Pékin aux épiceries de campagne : la chanson qui résonne partout

En Chine, la chanson Je m'appelle Hélène jouit d'une popularité surprenante et persistante. On la retrouve partout, diffusée dans les grands centres commerciaux de Shanghai comme dans les petits cafés de Pékin, voire même dans des épiceries de campagne reculées. Les mélodies simples et les paroles du morceau ont traversé les frontières pour toucher le cœur du public chinois, au point que la chanson est citée aux côtés de classiques immortels comme La Vie en rose d'Édith Piaf ou Lolita d'Alizée.

Hélène Rollès posant pour l'édition collector de son album.
Hélène Rollès posant pour l'édition collector de son album. — (source)

L'origine de cet engouement reste mystérieuse, mais la théorie la plus couramment admise est celle des étudiants chinois. On suppose que de nombreux étudiants partis étudier en France dans les années 1990 et 2000 ont ramené cette mélodie dans leurs bagages au retour au pays. La nostalgie de leur séjour français, couplée à la douceur de la mélodie, a transformé ce tube en standard de la chanson francophone en Asie. Pourtant, l'ironie est totale : si la musique est familière à des millions de Chinois, Hélène Rollès en tant que personne physique y est quasi inconnue. Elle est une voix sans visage, une présence spectrale qui fascine par son invisibilité.

14 concerts et des places VIP à 184 euros en 2015

C'est pour répondre à cet amour inattendu qu'Hélène Rollès se lance dans une tournée chinoise en 2015. Pendant plusieurs semaines, elle traverse le pays pour donner 14 concerts dans des grandes villes. Le succès est tel que les places VIP, affichées à des prix exorbitants pour le marché local, se vendent comme des petits pains. Certains spectateurs n'hésitent pas à payer jusqu'à 1280 yuans, soit environ 184 euros de l'époque, pour assister au spectacle.

Sur scène, elle est présentée aux spectateurs asiatiques comme la « Teresa Teng française », une référence à la légende incontestée de la variété mandarine. Pour se rapprocher de son public, la chanteuse française a même appris à chanter en mandarin, interprétant sur scène Tian Mi Mi, un titre mythique de Teresa Teng. Ce mélange des genres, entre pop française des années 90 et culture asiatique, crée des shows uniques où l'émotion transcende la barrière de la langue, prouvant que la musique de la blonde d'AB Productions possède une âme universelle.

Hélène Rollès en haut violet posant devant un décor aux grandes lettres.
Hélène Rollès en haut violet posant devant un décor aux grandes lettres. — (source)

L'invitée surprise du dîner d'État de Xi Jinping à l'Élysée en 2019

La reconnaissance de ce statut de « pont culturel » entre la France et la Chine atteint son apogée en 2019, lors de la visite d'État du président chinois Xi Jinping en France. Hélène Rollès est conviée au dîner officiel à l'Élysée, une invitation prestigieuse qui témoigne de l'importance symbolique de sa musique dans les relations diplomatiques culturelles. Une photo de l'événement, encadrée par les deux présidents, trône d'ailleurs dans le bureau de Jean-Luc Azoulay.

Cette invitation officielle scelle la transformation incroyable d'une star de la télévision de divertissement en une sorte d'ambassadrice non officielle. Elle valide, par la même occasion, ce destin paradoxal où une artiste parfois moquée dans son propre pays se voit honorée sur la scène internationale pour son influence douce et inattendue. C'est la preuve que sa carrière ne doit rien à la conformité, mais tout à la singularité de son parcours et à l'émotion qu'elle a su transmettre au-delà des frontières.

Hélène Rollès en veste bleue se cachant la bouche avec la main.
Hélène Rollès en veste bleue se cachant la bouche avec la main. — (source)

2024 : le garage reconstitué et le retour d'une bande mythique

Plus de trois décennies après ses débuts, Hélène Rollès prouve qu'elle n'a pas dit son dernier mot. En 2024, elle revient avec un onzième album studio, simplement intitulé Hélène 2024, et avec elle toute la nostalgie des années 1990. Cette année marque une retrouvaille émouvante avec son public, mais aussi avec une bande de camarades qui ont accompagné sa vie pendant des années, scellant une amitié réelle au-delà de la fiction.

Le décor du garage reconstruit à l'identique pour le clip « Oh la la la vie est belle »

Pour accompagner le single Oh la la la vie est belle, sorti le 11 octobre 2024, l'équipe de production a réalisé une prouesse technique et émotionnelle : le célèbre garage de la série Hélène et les Garçons a été reconstruit à l'identique. C'est le décorateur Yves Pirès qui a supervisé ce travail de mémoire, redonnant vie à ce lieu mythique qui avait hanté les rêves des adolescents des années 90. Dans ce clip, le décor ne sert pas seulement de toile de fond, il agit comme une machine à remonter le temps.

La surprise pour les fans est totale lors de la découverte de la vidéo. Tous les acteurs originaux sont là, reprenant leur rôle pour quelques minutes de nostalgie intense. On retrouve Patrick Puydebat dans la peau de Nicolas, Sébastien Roch en Christian, Tom Schacht en Jimmy, David Proux en Étienne, ainsi que Laure Guibert (Bénédicte) et Laly Meignan (Laly). Voir cette bande réunie dans ce garage fictif est une expérience poignante, comme si le temps s'était arrêté depuis trente ans.

Hélène Rollès lors d'une interview, assise devant un fond de rideau rouge.
Hélène Rollès lors d'une interview, assise devant un fond de rideau rouge. — (source)

« Une star malgré moi » : ses propres mots sur un destin qu'elle n'a pas choisi

Au fil des promotions pour cet album, Hélène Rollès confie avec une sincérité désarmante son rapport à cette carrière qu'elle n'a jamais vraiment cherchée. Elle explique avoir eu, à la base, des ambitions tout autres : « Je voulais juste faire un BTS tourisme, mais le destin s'en est mêlé », raconte-t-elle. Cette phrase résume parfaitement le sentiment qui l'habite depuis ses débuts, celui d'être une « star malgré moi ».

Elle avoue avoir parfois l'impression d'être une star malgré elle, portée par une vague qui l'a dépassée mais qu'elle a appris à surfer avec humilité. Aujourd'hui, elle mesure le chemin parcouru avec une certaine distance et beaucoup de gratitude. « Je suis contente de vivre tout cela », dit-elle, tout en observant l'évolution de son public : « Moi j'ai eu des fans petits, qui se sont mariés, qui me présentent leurs enfants maintenant. C'est incroyable. C'est une histoire de toute une vie. » Cette transmission intergénérationnelle est sans doute la plus belle victoire de celle qui, malgré les critiques, a su rester elle-même.

Hélène Rollès assise sur un banc rouge, portant un top noir.
Hélène Rollès assise sur un banc rouge, portant un top noir. — (source)

L'histoire d'amour avec Nicolas qui a dépassé l'écran

Au-delà de la musique et des séries télévisées, il est un aspect de la vie d'Hélène Rollès qui a toujours fasciné le public : sa relation avec Patrick Puydebat, alias Nicolas. Le couple qu'ils formaient à l'écran a déteint sur la réalité, créant une histoire d'amour qui a longtemps captivé les magazines people. Cette fusion entre la fiction et la réalité a ajouté une couche supplémentaire à l'attachement des fans pour la série.

Le couple mythique Hélène et Nicolas derrière la caméra

À l'époque du tournage d'Hélène et les Garçons, puis du Miracle de l'Amour, Hélène Rollès et Patrick Puydebat formaient un couple dans la vraie vie. Leur alchimie à l'écran n'était donc pas qu'un jeu de comédien ; elle était le reflet d'une complicité réelle et d'un sentiment sincère. Les spectateurs adoraient cette idylle, projetant leurs propres rêves amoureux sur cette blonde ingénue et ce garçon séducteur au sourire charmeur.

Pourtant, contrairement à ce que laissait espérer le feuilleton, le mariage à l'écran n'a jamais été célébré dans la vraie vie, et le couple s'est séparé par la suite. Ils ne forment plus un couple aujourd'hui, mais une relation unique perdure : ils continuent de jouer ensemble dans Les Mystères de l'amour, des années après leur rupture. Cette capacité à continuer de collaborer professionnellement tout en ayant une vie sentimentale distincte témoigne d'une maturité et d'un respect mutuel rares dans le milieu du spectacle. Le lien entre Hélène et Nicolas reste, pour les fans, celui d'une éternelle amitié.

Hélène Rollès et son partenaire posant en studio pour une photographie promotionnelle.
Hélène Rollès et son partenaire posant en studio pour une photographie promotionnelle. — (source)

June et Marcus : l'adoption solitaire en Éthiopie en 2013

Si sa vie sentimentale a souvent été commentée, Hélène Rollès a su préserver une facette intime de son existence pendant longtemps. En 2013, elle devient mère d'une manière différente et bouleversante en adoptant deux enfants en Éthiopie. Elle accueille June, âgée de quatre ans, et Marcus, âgé de deux ans, deux enfants frère et sœur dont elle a décidé de s'occuper seule.

Ce parcours d'adoption solitaire montre une autre facette de la star, loin des paillettes et du tumulte médiatique. Elle a longtemps gardé sa vie familiale privée, ne parlant que rarement de ses enfants publiquement pour les protéger. Cette maternité assumée et individuelle révèle une femme profonde et généreuse, qui a construit sa propre famille loin des clichés des « people ». C'est une facette méconnue de l'icône de la jeunesse qui prouve que sa vie réelle est bien plus riche et complexe que les scénarios simplistes de ses premières séries.

Une carrière en 34 saisons : pourquoi Hélène ne s'arrête jamais

Il est rare dans le paysage audiovisuel français de voir une actrice incarner le même personnage pendant plus de trois décennies. Pourtant, c'est le pari fou qu'a réussi Hélène Rollès. De Premiers baisers à la 34e saison de Les Mystères de l'amour, elle n'a jamais lâché le personnage d'Hélène Girard. Cette fidélité sans faille à un univers fictif est un cas d'école qui interroge sur la longévité et la renaissance permanente dans le monde du divertissement.

De « Premiers baisers » à la 34e saison des « Mystères de l'amour » : 33 ans de fidélité

Hélène Girard est née sur les écrans en décembre 1991, dans la série Premiers baisers. Depuis lors, elle n'a jamais disparu de l'antenne. Après Hélène et les Garçons, Le Miracle de l'Amour et Les Vacances de l'Amour, elle reprend du service depuis 2011 dans Les Mystères de l'Amour. En 2024, la série atteint sa 34e saison, un record absolu de longévité pour une fiction française.

Incarnée par la même actrice depuis plus de 33 ans, Hélène a grandi avec ses téléspectateurs. Elle a traversé les modes, les évolutions techniques de la télévision et les changements de société sans jamais vieillir ou presque à l'écran. Cette constance a créé un lien ombilical entre le public et le personnage. Les spectateurs qui regardaient la série au collège sont aujourd'hui des adultes qui continuent de suivre les aventures de la bande d'amis, comme on consulte une chronique familiale intemporelle. C'est une longévité qui défie les lois habituelles de l'audimat, portée par une communauté de fans inébranlables. Lino Ventura : parcours d'un géant du cinéma français témoigne, quant à lui, d'une autre forme de longévité et d'admiration dans le cinéma.

« L'Ehpad de l'amour » : quand Hélène elle-même plaisante sur sa carrière sans fin

Consciente de l'aspect inouï de cette aventure qui ne finit jamais, Hélène Rollès garde un sens de l'humour salvateur face à sa propre carrière. Elle ne prend pas trop au sérieux ce feuilleton qui semble ne jamais devoir s'arrêter. Avec une touche d'auto-dérision, elle a déjà imaginé le futur lointain de la série : « Si cela continue, on va finir par tourner l'Ehpad de l'amour ou les Hospices de l'amour », plaisante-t-elle dans les médias.

Cette citation, drôle mais lucide, montre qu'elle a parfaitement conscience du côté « machine à sous » et à l'infini du concept, tout en acceptant de jouer le jeu tant que le public est là. Elle s'amuse de ce destin qui la voit vieillir aux côtés de ses camarades de jeu dans une bulle de temps suspendue. Cette capacité à rire de son propre parcours est sans doute la clé de sa longévité psychologique. En ne se laissant jamais piéger par la gravité de son statut de star immortelle, elle préserve sa liberté et sa santé mentale, attendant le prochain épisode avec la même sérénité que le premier.

Conclusion

Le parcours d'Hélène Rollès est tout simplement unique dans le paysage médiatique français. D'une petite annonce Paris Match à une carrière musicale explosant en Chine, en passant par des audiences records en France, la blonde du Mans a construit un destin que personne n'aurait pu imaginer. Malgré les critiques virulentes et les moqueries des élites culturelles, elle a su bâtir une carrière de quatre décennies en restant fidèle à elle-même et à son public. Aujourd'hui, avec sa nouvelle famille et un album 2024 qui ravive la flamme de la nostalgie, elle continue d'écrire son histoire, celle d'une star devenue une icône malgré elle, mais toujours aimée de ceux qui ont grandi avec elle.

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Questions fréquentes

Pourquoi Hélène Rollès est-elle célèbre en Chine ?

Sa chanson "Je m'appelle Hélène" y est devenue un classique, popularisé par des étudiants de retour de France. Elle y donne même 14 concerts en 2015 et est invitée au dîner d'État de Xi Jinping en 2019.

Comment Hélène Rollès a-t-elle débuté sa carrière ?

Elle a répondu à une petite annonce dans Paris Match à 12 ans pour jouer dans "Le Mouton noir" aux côtés de Jacques Dutronc. Plus tard, elle a rencontré Dorothée et Jean-Luc Azoulay, qui l'ont embauchée au service courrier d'AB Productions avant de lancer sa carrière musicale.

Quel est le succès de la série Hélène et les Garçons ?

La série a diffusé 280 épisodes et attirait jusqu'à 7 millions de téléspectateurs chaque soir. Elle a aussi lancé des tendances vestimentaires, comme les chaussettes à pois d'Hélène.

Quelle est la relation entre Hélène et Nicolas ?

Interprétés par Hélène Rollès et Patrick Puydebat, le couple était ensemble dans la vraie vie durant le tournage. Bien qu'ils se soient séparés, ils continuent de jouer ensemble dans "Les Mystères de l'amour".

Qui sont les enfants adoptés d'Hélène Rollès ?

Elle a adopté deux enfants en Éthiopie en 2013 : June, alors âgée de quatre ans, et Marcus, âgé de deux ans. Elle a choisi de mener cette adoption en tant que mère célibataire.

Sources

  1. Hélène Rollès — Wikipédia · fr.wikipedia.org
  2. bfmtv.com · bfmtv.com
  3. cnews.fr · cnews.fr
  4. Pour que tu m'aimes encore - Wikipedia · en.wikipedia.org
  5. fr.wikipedia.org · fr.wikipedia.org
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Noémie Garbot @fresh-sounds

Je trouve les artistes avant qu'ils explosent, c'est mon superpouvoir. Étudiante en musicologie à Montpellier, j'écume SoundCloud à 2h du mat' pour dénicher la prochaine pépite. Mon algorithme Spotify est complètement cassé à force de lui faire écouter des trucs obscurs. Je vais à tous les concerts de petites salles, je connais les programmateurs par leur prénom. Quand un artiste que j'ai découvert passe à la radio, je dis « je l'écoutais avant » sans aucune honte.

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