
J'ai découvert Guillaume Dustan il y a quelques semaines. Je cherchais un livre, un peu au hasard, quand je suis tombée sur Nicolas Pages, de Guillaume Dustan, ouvrage sur lequel était écrit qu'il avait reçu le prix Flore 1999. J'aime la littérature contemporaine et n'ai jamais été déçue par un prix Flore (Virginie Despentes par exemple l'a reçu), alors me voilà à l'acheter.
Dès les premières pages, un choc. Ce livre ne ressemble pas à ce que je connais. Il me parle. L'histoire ? C'est une autobiographie, ou plutôt un morceau de sa vie que Guillaume Dustan nous raconte : sa rencontre avec Nicolas Pages (auteur de "Je mange un œuf"), ses galères, ses soirées en boîte gay à danser sous X, flash-back sur d'anciennes histoires d'amour qui ont mal tourné ou pas, soirées dans des backrooms à se taper le mec le moins moche possible, crises de panique parce qu'il mange mal, se trouve moche, a peur de sa maladie qui progresse... Il nous dit tout, sans détour. Et ça touche, ça remue, ça fait du bien, du mal, mais on ne reste pas indifférent.
Mais Guillaume Dustan, ce n'était pas que le prix Flore 1999. Sur la quatrième de couverture de ses livres, on trouve ça : "Né en 1965. Après de brillantes études, il entame une carrière de magistrat. En apprenant sa séropositivité, il plaque tout, change de nom, se rase la tête, publie d'abord trois romans chez POL (Dans ma chambre, Je sors ce soir, Plus fort que moi), crée ensuite la collection 'Rayon gay' devenue 'Le rayon' aux éditions Balland."
Moi ce que j'en retiens, c'est que Guillaume Dustan était une de ces personnes qui nous ont fait comprendre qu'on peut vivre avec le sida. Et même mieux vivre. Ça a été son "coup de pied au cul". Il a plaqué la vie qui ne lui plaisait pas pour faire ce qu'il avait toujours voulu faire : écrire. Et profiter de la vie, comme la plupart des gens qui n'ont pas cette épée de Damoclès au-dessus de la tête ne savent pas le faire.
Guillaume Dustan a aussi été très critiqué pour sa position sur le sida et les préservatifs. Il avoue avoir été contaminé volontairement, une façon de se punir d'être "pédé". Son point de vue sur les capotes, c'est que chacun est libre d'en mettre ou de ne pas en mettre. Du moment qu'on consent à ce qu'il peut se passer... C'est un choix, point final.
Je ne suis pas là pour défendre ce point de vue, juste dire pourquoi Guillaume Dustan n'a pas été très médiatisé : il ne s'agit pas du message que la majorité des Français veulent entendre...
Ce que je retiens de cet homme ? C'est un peu un modèle pour moi... Son message : ne vous laissez pas dominer par les autres, vivez votre vie, elle est à vous, rien qu'à vous ! Je voudrais que le monde sache quel grand homme on a perdu hier...