
De nos jours ne subsistent qu'une minorité de Coptes chrétiens et des Berbères qui vivent à l'extrême ouest du pays, plus précisément dans l'oasis de Siwa. Ces derniers, qui ne présentent aucun danger pour le monde arabo-islamique, sont d'ailleurs ignorés.
Le Néolithique : une révolution fondatrice pour l'Égypte
Le mot de révolution qui nous semble qualifier le mieux le Néolithique africain en général n'est pas assez fort pour désigner l'Égypte des temps anciens où une population venue de loin (région nord du Proche-Orient actuel) a mis en valeur une terre vierge en inventant un nouveau mode de vie. Il s'agit d'une quadruple naissance :
La terre égyptienne s'est donc formée en même temps que son peuple et les techniques matérielles ont évolué en même temps que les conceptions religieuses. Cette période de la naissance de l'histoire égyptienne apparaît prodigieusement brève aux yeux du préhistorien qui est habitué à évaluer les progrès de l'humanité par des centaines de milliers d'années. On considère généralement que le Néolithique égyptien n'a pas duré beaucoup plus de trois mille ans et qu'il fait véritablement partie de l'histoire égyptienne puisque la religion, la langue, l'écriture, le calendrier ainsi que l'organisation « politique » de base se sont élaborés à cette époque et présentaient déjà un caractère de maturité lorsque l'histoire égyptienne débuta en 3200 av. J.-C.
Formation géologique de la vallée du Nil
La vallée du Nil n'a pris sa forme actuelle qu'au 6ème millénaire, à l'époque où a commencé le dessèchement du Sahara. Lors des grands pluviaux du Pléistocène, les mêmes pluies qui rendaient le Sahara verdoyant faisaient du Nil, qui est issu des montagnes équatoriales, un fleuve infiniment plus large. Ses eaux emplissaient toute sa vallée et montaient jusqu'au niveau des terrasses où l'on a découvert des outils Chelléo-acheuléens à 30 mètres et des outils Acheuléens à 15 et 9 mètres et enfin du Levalloisien à 3 mètres. Après être descendu plus bas que le niveau actuel lors de l'épisode sec post-gamblien, les eaux sont à nouveau remontées en -8000. Pendant 2000 ans, la vallée ne fut qu'un immense marécage, lieu de prédilection et paradis des hippopotames et des crocodiles, mais peu attirant pour l'homme qui se trouvait au contraire au bord des oasis sahariennes alors « vivants », des lieux de campement exceptionnellement favorables à une semi-sédentarisation et à des essais de domestication.
Cependant, la pluviosité de la période humide post-gamblienne est restée très modérée par rapport à celle des grands pluviaux du Pléistocène. Elle a été insuffisante pour faire reverdir le désert libyque qui constitue un désert ancien, au sens géographique du terme, et ne porte aucune trace d'un réseau hydrographique fossile. La vallée du Nil était donc limitée à l'occident par une immensité vide d'hommes qui la coupait du reste de l'Afrique. Les communications passaient obligatoirement au nord ou au sud, utilisant la route des oasis cyrénéennes (nord-ouest de la Libye actuelle) vers le Fezzan (sud-ouest libyen) et la Tripolitaine (nord-est de la Libye) ou du désert libyque (situé en profondeur de l'Égypte actuelle) : Siwa (peuplée de nos jours par des Berbères), Baharyah, Farafra, Dakhla, Kharga... qui passent parallèlement au Nil à une distance de 200 km du fleuve et aboutissent à la hauteur du « coude de Thèbes ».
Au contraire, le désert arabique (ou oriental) a été très peuplé lors de l'épisode humide. Le réseau serré de vallées fossiles naît de la bordure montagneuse longeant la mer Rouge et se dirige vers le Nil. La péninsule du Sinaï et la côte occidentale de l'Arabie représentent de leur côté un milieu géographique très semblable. Il y a tout lieu de penser que le dessèchement saharien a commencé dans sa partie la plus orientale comprise entre l'immense masse du continent asiatique et le nord du désert libyque qui était resté un désert au plus fort de l'épisode humide post-gamblien.
Ainsi s'explique donc la simultanéité des deux phénomènes à partir desquels découle le Néolithique égyptien : en même temps que se formait le sol égyptien par le dépôt annuel d'une épaisse couche de limon, les ressources en eaux et en gibier des oasis du désert arabique et de la presqu'île du Sinaï s'amenuisaient progressivement. La vallée devenait ainsi un pôle d'attraction pour toutes les populations environnantes. L'observation de l'intense poussée végétative succédant à l'inondation annuelle imposait l'invention de l'agriculture et la construction de tertres artificiels pour mettre mieux à l'abri des eaux les premiers établissements humains. Maintenant encore, les villages égyptiens sont établis sur ces tertres ou « kôms » dont certains remontent même au Néolithique.
Évolution des techniques néolithiques en Égypte
Le fait que la vallée du Nil n'a jamais cessé d'être habitée depuis 8000 ans rend les fouilles archéologiques délicates, voire impossibles, partout où des villages actuels s'élèvent sur l'énorme épaisseur de limon accumulée depuis le Néolithique. Les seuls sites néolithiques fouillés sont situés à la limite du désert et sont postérieurs aux premiers établissements humains que nous risquons fort de ne jamais connaître.
Les oasis de Fayoum qui ont été étudiées sont situées dans le désert à 100 km à l'ouest de la vallée du Nil. En 3900, les habitants de Fayoum pratiquaient l'agriculture. Ils conservaient dans de grandes fosses circulaires tapissées d'argile des graines (orge, blé, sarrasin, lin). Toutefois, aucune tombe n'existe sur ces lieux. Trois sites nous renseignent un peu plus sur cette terre égyptienne : à Mérimde, sur la branche occidentale du delta, le début de l'agriculture remonte à 3900 ; à El Omri, en face de Memphis, le cuivre n'existait pas en 3300 ; un site, Tassa, non daté, semble être très riche. Il est situé en Haute-Égypte sur le bord d'un oued fossile qui rejoint le Nil en face d'Assiout.
Ces sites néolithiques prouvent une vie rurale déjà fort évoluée. Les outils de pierre sont remarquablement retouchés et très spécialisés. Les houes, les faucilles et les meules garderont le même type à travers l'Égypte historique. Ces premiers Égyptiens savaient déjà tisser des nattes, fabriquer des paniers, des poteries, des aiguilles en os pour coudre les cuirs ou les tissus, des harpons compliqués.
Les cultures badarienne, amratienne et nagadienne
Les plus anciennes cultures néolithiques, c'est-à-dire comprenant des outils de cuivre, ont été retrouvées seulement en Haute-Égypte et particulièrement dans un secteur assez limité qui va d'Assiout à Thèbes. Depuis -5000, trois civilisations, appelées « Badarien », « Amratien » et « Nagadien », progressivement plus raffinées, se sont succédées. À celles-là ajoutons d'autres prédynastiques (ancien, moyen et récent). C'est seulement au prédynastique récent (-4000) que les foyers de civilisation du nord et du sud ont des contacts manifestes. Auparavant, ils ont évolué séparément.
L'antériorité de la civilisation du nord sur le sud n'existe guère. La métallurgie a été inventée là où il y a des minerais, c'est-à-dire dans le désert arabique et la presqu'île du Sinaï, et non dans la région du delta où il n'en existe pas. D'autre part, la précocité de la céramique au Kenya depuis -6000 laisse penser qu'elle a été inventée en Afrique, pas en Asie.
Les Badariens du prédynastique ancien se sont d'abord intéressés à un sous-produit de la métallurgie du cuivre beaucoup plus qu'au métal lui-même. Lorsque l'on calcine des morceaux d'azurite (carbonate de cuivre bleu) ou de malachite (carbonate vert) sur un feu de charbon de bois, on voit se former sur les pierres du foyer le fameux émail bleu-vert qui n'a cessé d'être employé dans l'Égypte pharaonique. Les Badariens l'employaient pour recouvrir des perles de stéatite. L'usage du cuivre était limité à de très petits objets obtenus par martèlement ; l'outillage courant restera en pierre jusqu'au début des temps historiques. On ne peut donc parler en Égypte d'un âge du cuivre succédant à un âge de la pierre comme en Europe.
La civilisation énéolithique : Badari, Amrah et Gerzeh
En dehors de l'innovation du cuivre, la civilisation de Badari ressemble fort à celle de Tassa dont elle est toute proche géographiquement, située comme elle sur les bords d'un oued du désert arabique qui aboutit au Nil en face d'Assiout. Elle est particulièrement remarquable par la qualité des poteries, unanimement jugées comme les plus belles de l'Égypte préhistorique.
Le site d'El Amrah, près d'Abydos, a donné son nom au prédynastique moyen (ou Amratien). Celui-ci est caractérisé par un progrès général de toutes les techniques badariennes, en particulier la sculpture de statuettes en calcaire ou en ivoire et les palettes de schistes décorées qui servaient à broyer les oxydes de plomb et de cuivre nécessaires aux fards.
La civilisation gerzéenne et l'unification
Le prédynastique récent est encore appelé « Gerzéen » (de Gerzeh, situé près de Fayoum) ou « Nagada II » (Nagada situé au nord de Thèbes). C'est d'ailleurs dans ce site de Haute-Égypte qu'ont été trouvées les plus belles pièces dans une immense nécropole de plus de trois mille tombes !
L'extension de cette civilisation depuis la Nubie jusqu'au Delta constitue un fait capital. Elle s'explique par l'importance de la navigation attestée par de très nombreuses figurations de bateaux et prouve que les petites communautés agricoles, jusqu'alors repliées sur elles-mêmes, ont senti l'impérieuse nécessité de s'unir afin de régulariser le régime du fleuve à la fois nourricier et dévastateur par des canaux doublés de digues. Ces travaux exigeaient un chef puissant capable de subordonner l'intérêt particulier à l'intérêt commun, d'où la formation de proche en proche d'un royaume unifié groupant les différents nomes qui honoraient chacun un dieu local dont le monarque était le grand prêtre, en même temps qu'il remplissait les fonctions d'administrateur.
Apports technologiques et influences extérieures
À la même époque, le perfectionnement des techniques aboutissait à la généralisation de la navigation fluviale. Les Mésopotamiens (actuel Irak-Syrie) utilisaient des bateaux à carènes droites, comme les Égyptiens, capables de tenir la mer. Les gravures rupestres du Ouadi Hammamat, situé entre Quseir et le « coude de Thèbes », représentent de tels bateaux très différents de ceux à coque cintrée employés sur le Nil. On en déduit que des envahisseurs venus d'Arabie et de Mésopotamie avaient franchi la mer Rouge et introduit donc de nouvelles techniques, parmi lesquelles on peut citer les vases à anses ondulées, le sceau cylindrique et des progrès dans la métallurgie du cuivre qui, à cette époque moulé, permet la fabrication de l'outillage courant. Il est cependant probable que l'apport asiatique par cette voie maritime a été peu important car les côtes sont tout d'abord très difficiles d'accès.
Les autres techniques du Gerzéen n'ont, semble-t-il, rien à voir avec l'Asie. La taille du silex atteint à cette époque une véritable perfection, ainsi que la fabrication de vases de pierre dure. L'habitat et le mobilier se perfectionnent. Enfin, les huttes circulaires sont remplacées par des maisons rectangulaires avec portes et fenêtres.
L'écriture et le calendrier égyptien
L'Égypte était le berceau d'une grande civilisation. Possédant une langue propre ainsi qu'une écriture, elle était dotée d'un calcul du temps, un calendrier en somme, que peu de peuples connaissaient encore.
Origine et évolution de la langue égyptienne
L'apparition des premiers monuments écrits en 3200 prouve que la langue égyptienne s'était fixée pendant les millénaires précédents. Des relations ont été tissées avec les langues couchitiques. En effet, les Béja, des nomades du désert arabique, sont considérés comme les descendants directs des Égyptiens prédynastiques sur le plan anthropologique. L'égyptien ancien dérive d'une langue commune, la langue « chamito-sémitique » qui donnera ensuite d'autres groupes bien individualisés mais apparentés : le berbère, les langues sémitiques (l'hébreu, l'araméen, le syriaque...) ainsi que les langues couchitiques.
Naissance de l'écriture nilotique
L'écriture est strictement indigène et nilotique car elle représente la flore ainsi que la faune du Nil et même des instruments d'origine locale. De par sa situation géographique fort lointaine, la Mésopotamie ne peut donc être considérée comme étant le berceau de la civilisation égyptienne. Les rapports entre ces deux cultures étaient très réduits.
Le calendrier solaire et le cycle sothiaque
Concernant le calendrier, le peuple égyptien utilisait, comme le berbère, le calendrier solaire dès l'Antiquité. Celui-ci rendait compte du renouveau spontané de la végétation, élément essentiel de la vie. Le phénomène annuel des inondations fournissait une date logique au début de chaque année. Cependant, il ne se produit jamais à une date fixe. C'est ainsi que nous observons des fluctuations qui peuvent s'étaler sur six semaines. Toutefois, calculée sur cinquante années, « l'année de l'inondation » dure 365 jours, de même du reste que l'année lunaire calculée sur vingt-cinq ans. Les Égyptiens appliquaient ainsi des journées « épagomènes » (1).
Mais l'observation d'un phénomène astronomique remarquable a permis aux Égyptiens de voir que l'année solaire (astronomique s'entend) ne coïncidait pas exactement avec l'année civile. Le 10 juillet, l'étoile « Sirius » (que les Égyptiens appelaient « Sothis »), une étoile située dans la constellation du Grand Chien, apparaît à l'horizon, à Memphis, juste avant le lever du soleil après une période d'invisibilité de soixante-dix jours. Ce lever héliaque de cet astre se reproduit trois cent soixante-cinq jours et un quart plus tard. Il ne pouvait donc coïncider avec le premier jour d'une année de 365 jours que 365 × 4 = 1460 années plus tard. Ce qu'on appelle un cycle « sothiaque ».
Les scribes égyptiens ont noté qu'au début de la 19ème dynastie, le lever du soleil avait coïncidé avec le lever de Sothis (Sirius), le début de l'inondation et le premier jour de l'année civile. Il s'agissait donc d'un début de cycle que les tables astronomiques permettent de dater avec certitude entre 1325 et 1322. Les cycles précédents ont donc commencé en 2785-2782 et en 4245-4242. Enfin, le calendrier solaire basé sur des observations n'a pu être adopté qu'en 2785 durant la IVème dynastie qui a vu la construction des grandes pyramides en 2600.
(1) Épagomènes : année de 365 jours divisée en trois saisons de 120 jours chacune à laquelle on ajoute cinq jours supplémentaires.
Religion égyptienne : origines et divinités principales
C'est certainement pendant les trois millénaires précédant le début de l'histoire que les bases de la religion égyptienne, empruntée aux Berbères Lebou, ont été élaborées. Les cultes des morts, les mythes de la création du monde, le panthéon égyptien, sont en relations directes avec les conditions géographiques et climatologiques qui existaient lors de l'installation des premiers agriculteurs égyptiens dans la vallée du Nil.
Culte des morts et origine des mythes
Le souci de protéger le cadavre de la destruction et de lui fournir des provisions funéraires apparaît déjà dans les tombes de Mérimdé où les morts ont un doigt entre les dents et des grains de blé dans la main. Le contact des cadavres avec le sable brûlant du désert libyque (ou désert berbère) entraînait une dessiccation très rapide, donc une conservation indéfinie des dépouilles humaines et même animales. De l'observation de ce fait découle donc le postulat fondamental de la religion funéraire auquel les Égyptiens (à l'instar des Berbères Lébou) sont restés fidèles tout au long de l'ère pharaonique (rappelons que les 23ème et 24ème dynasties étaient berbères). Après la mort, l'âme continue à avoir besoin du corps pour subsister. Ce corps doit donc être protégé de la putréfaction et nourri par les vivants. Il est évident que cette idée n'a pu se développer que dans un climat désertique, permettant la conservation par dessiccation. Partout ailleurs dans le monde, la décomposition rapide des matières organiques est la règle (hormis les Esquimaux du Grand Nord qui profitent également des conditions exceptionnelles créées par le froid permanent).
L'origine des mythes relatifs à la création du monde doit également être rapportée au Néolithique. Ils font tous intervenir un élément primordial liquide à partir duquel la terre aurait peu à peu émergé, un rappel évident des conditions d'installation des premiers Égyptiens dans la vallée qui n'était alors qu'un immense marécage. Avant que les premiers agriculteurs ne s'installent sur les quelques éminences naturelles à l'abri de l'inondation, ce marécage nourrissait une faune sauvage importante (crocodiles, hippopotames, serpents). D'autres animaux du désert (lions, chacals, léopards...) venaient pour s'y désaltérer. Tous apparaissaient donc comme les possesseurs légitimes de la terre sur laquelle venaient s'installer les premiers Néolithiques et c'est à ce titre qu'ils ont été l'objet d'un culte, de même que les espèces domestiquées qui transmettent leur force vitale au groupe humain par leur viande et leur lait, de même que le chien ou le faucon, fidèles auxiliaires du chasseur.
Ce culte d'animaux sacrés, si caractéristique de la religion égyptienne, apparaît déjà à Badari où l'on a trouvé des chacals, des taureaux et des béliers ensevelis dans des nattes. Les palettes de schistes du Gerzéen représentent souvent le faucon, emblème du dieu Horus, et le bucrâne, emblème de la déesse Hathor. Enfin, les figures d'animaux sont extrêmement fréquentes sur les objets retrouvés dans les tombes.
Les principales divinités égyptiennes
Anubis : c'est le chacal qui rôde dans les cimetières, devenant ainsi le maître du « monde des morts ». Ce patron des embaumeurs était chargé de conduire l'âme du défunt au tribunal d'Osiris.
Hathor : déesse de l'amour, donc de la joie, elle est incarnée par la vache.
Maât : fille de Rê, cette déesse porte une plume d'autruche sur la tête et incarne la vérité ainsi que l'harmonie. Elle est présente chez tous les dieux égyptiens.
Sobek : dieu crocodile, il donne la vie à l'Égypte. Étant terrestre et aquatique, il est considéré comme le maître de l'univers.
Sekhmet : elle est de nature violente lorsque les hommes se révoltent contre Rê, son époux. Elle transmet des médicaments à ses médecins (ou prêtres) et est appelée la déesse lionne.
Ptah : cet homme sage se manifeste dans le taureau Apis. Ce dieu de Memphis serait le créateur du monde selon ses prêtres et serait aussi le patron des artisans.
Thot : c'est le patron des magiciens. Dieu lunaire, à tête d'ibis, il créa l'écriture et le calendrier. Cœur de Rê pour ses pensées et langue de Ptah pour ses écrits, il est considéré comme le secrétaire des dieux.
Geb (la terre), Nout (le ciel) et Chou (l'atmosphère) : Geb (dieu) et Nout (déesse) sont des dieux essentiels. Geb s'allonge sur le dos pendant que Nout arque son corps sur lui. Elle ne touche la terre que des pieds et du bout des doigts. Chou, leur fils, se retrouve entre leurs deux corps. Nout avale le soleil pour créer la nuit et le fait renaître pour donner le jour. Son arbre sacré est le sycomore.
Isis : mère d'Horus, elle est l'épouse d'Osiris. Elle pratique la magie « secouriste ». Sa renommée dépassait l'Égypte ancienne et les Romains l'idolâtraient aussi. C'est dans l'île de Philae que se trouve son sanctuaire.
Khépri : ce dieu scarabée est taillé sur des amulettes. C'est la manifestation de Rê lorsqu'il se lève. Il pousse sa boule comme le fait Rê pour le soleil.
Khnoum : ce dieu bélier aurait façonné l'homme. Idolâtré à Éléphantine, il garde les eaux du Nil.
Rê : créateur du monde, dieu soleil d'Héliopolis, il est considéré par les Égyptiens comme leur père spirituel. Ayant un corps humain, il porte une tête de faucon sur laquelle se trouve un disque qui représente le soleil. Il tient comme symboles de la vie un fouet ainsi qu'une croix ânkh et deux sceptres. Le jour, il fait des voyages à travers l'espace céleste sur une barque. La nuit, il pénètre dans le monde souterrain.
Seth : appelé dieu rouge, il incarne la violence et porte une tête de lévrier. Il provoque des tempêtes et des ouragans. Après avoir assassiné Osiris, son image sera honie par les Égyptiens qui se considèreront trahis par ce dieu dès le Nouvel Empire.
Bès : très petit de taille, il est le génie du bien et combat admirablement les génies du mal ainsi que les mauvais sorts des magiciens.
Origines du peuple égyptien
Les premiers Néolithiques égyptiens venaient probablement de l'est, c'est-à-dire du désert arabique et de la presqu'île du Sinaï. Ceux qui sont venus de l'ouest n'ont pu venir que dans la région du delta, par la route de l'oasis de Siwa qui aboutit à 50 km au nord du Caire. Ils venaient des collines de la Cyrénaïque, de la Tripolitaine et du Fezzan et étaient berbères. En effet, l'oasis de Siwa constitue aujourd'hui la limite orientale des parlers berbères. Ses habitants conservent toujours les coutumes préislamiques qui sont identiques à celles que l'on rencontre chez leurs frères kabyles, chaouis, touaregs, chleuhs et mozabites.
Le gros du peuplement néolithique égyptien venu de l'est appartenait à cette race dite éthiopienne à laquelle sont rattachés les plus anciens squelettes fossiles d'homo sapiens d'Afrique orientale, en particulier celui d'Oldoway daté de -11000. Ce type est souvent appelé, improprement il faut le dire, de « Chamite oriental » et il possède encore une aire de répartition considérable en Afrique. Les Béja, nomades de l'actuel désert arabique, sont considérés comme les descendants directs des anciens Égyptiens (prédynastiques). Ils appartiennent au même groupe anthropologique que la plus grande partie des actuels Éthiopiens, Somalis, Gallas, Danakils, Nubiens ou Barbara qui occupent la vallée du Nil au sud d'Assouan (Égypte). Les bergers Massaï du Kenya, les nobles Bahima d'Ouganda, les Tutsi du Rwanda et du Burundi appartiennent également à ce type qu'on retrouve encore chez certains habitants de la presqu'île arabique.
Une partie des Néolithiques égyptiens appartenait à la race négroïde qui peuplait, lors de l'épisode humide néolithique, certaines régions du Sahara central et méridional. Mais la proportion de Négroïdes dans le peuplement historique de l'Égypte semble avoir été minime puisque les peintures représentent toujours les Égyptiens de couleur brun-rouge, opposés aux peuples du sud qui avaient une peau noire.