
Dans l'Antiquité, un royaume berbère aurait existé sous le nom de « Tritonide ». Cette appellation évoque « Triton », une divinité africaine que les Grecs identifiaient à Poséidon, le dieu de la mer représenté sous la forme d'un homme à queue de poisson, portant une conque au son retentissant.
Le triton désigne également un amphibien proche de la salamandre, qui aurait vécu en Berbérie aux abords des fleuves. L'un d'eux porte encore son nom. Prenant sa source dans les monts du Tassili — région aujourd'hui peuplée de Berbères touaregs algériens —, ce fleuve a disparu avec l'assèchement du Sahara. Il subsiste toutefois des oueds comme l'« Igharghar », qui longe les villes de Ouargla et de Tougourt avant de se jeter dans des chotts (Merouane et Melhir, par exemple).
La chute du royaume des Tritonides
Les villes du royaume des Tritonides furent détruites : les hommes exécutés, les femmes et les enfants réduits à un humiliant esclavage. La reine berbère vaincue, Athena Tritonide, aurait vécu quant à elle près du lac Triton. De nature civilisatrice, les habitants de cette contrée la nommaient « Nit ».
Athéna et la fondation d'Athènes
Selon la légende, Athéna aurait colonisé le royaume hellénique, allant jusqu'à brûler sa capitale. Cette dernière fut reconstruite par les Berbères tritonides, qui lui donnèrent le nom de leur reine : « Athènes ».
Née en Afrique du Nord, cette souveraine reçut de ses sujets une égide — une cuirasse qui devint son attribut principal. Ce terme « égide » aurait donné naissance au mot berbère « Ighid », signifiant « chevreau ». Les Berbères (Kabyles, Chaouis, Chleuhs…) l'utilisent encore pour désigner cet animal, dont la peau servait à confectionner l'égide.
Le culte d'Athéna en Afrique du Nord
Le culte d'Athéna était prépondérant dans la Petite Syrte, au nord de la Libye habitée par des Berbères. Deux tribus locales célébraient chaque année au bord du lac Triton un rite de litholobie (1). Athéna symbolisait la guerre, les armes, la raison, ainsi que l'esprit qui tempère la force brutale.
L'héritage d'Athéna
Protectrice des arts et des lettres, Athéna aurait introduit l'olivier et la fabrication de l'huile en Berbérie et dans le bassin méditerranéen oriental. L'histoire lui attribue également l'invention du char à deux roues.
Athéna, connue sous le nom de « Tin Hinan », repose aujourd'hui à Abalessa en compagnie de sa servante « Takamats ». Sa tombe continue d'attirer des pèlerins touaregs qui lui vouent un culte fervent.
(1) Combat de pierres : les jeunes filles s'affrontaient à coups de pierres et de bâtons en l'honneur de la reine Athéna. Cette coutume avait été instituée par les hommes. Celles qui mouraient des suites de leurs blessures étaient considérées comme de « fausses vierges ». Après le duel, chaque camp ornait la plus belle jeune fille d'un casque corinthien et d'une armure, puis la faisait monter sur un char pour la promener autour du lac Triton.