
La République Démocratique du Congo est aujourd'hui reconnue pour ses robots humanoïdes majestueux qui régulent la circulation à Kinshasa et à Lubumbashi, et pour une économie en plein essor avec plus de 8 % de croissance annuelle. Cependant, une situation préoccupante perdure. La RDC, un pays massivement chrétien où plus de 90 % de la population est profondément engagée, oscille entre barbarie et flatteries au sein de ses milliers d'églises.
L'essor des églises de réveil et le marché du surnaturel
Passe-temps favori des Congolais, les églises occupent une place centrale dans leur quotidien. Les pasteurs des églises autodéclarées « de réveil » agissent comme de vrais rois. Ce sont des jeunes hommes et femmes élégants, beaux parleurs, flatteurs et surtout convaincants, qui tiennent des cultes tout au long de la semaine. Ces églises se basent sur des promesses d'une vie meilleure, la postérité, le paradis et la chasse aux démons.
En RDC, la minorité riche a souvent besoin d'une protection surnaturelle pour ses affaires. Pour cela, hommes d'affaires et familles ordinaires font appel aux hommes de Dieu qui demandent une protection divine pour leurs clients. On trouve aussi des devins à tous les coins de rue, communément appelés Nganga nkisi, qui offrent pratiquement le même service à des prix discutables. Si les Congolais qualifient facilement les nganga nkisi de petits escrocs, les pasteurs sont perçus comme de petits professionnels. La divination et l'illumination dans les affaires et les familles forment un marché que les deux catégories se disputent. Les pasteurs disent opérer grâce à l'esprit du bien, l'esprit de Dieu, tandis que les Nganga nkisi font appel aux esprits des ancêtres qui, selon la philosophie Bantou, deviennent les protecteurs des vivants.
Qu'est-ce que la délivrance spirituelle en RDC ?
Pour sécuriser leur marché, les hommes de Dieu misent sur la prophétie. Toutes les pratiques que l'on rencontrait autrefois dans la rue avec les devins sont aujourd'hui institutionnalisées dans l'église, mais cette fois-ci produites par l'esprit de Dieu. Les pasteurs clament lire l'avenir au moyen de la paume de la main, des signes du zodiaque et autres. En RDC, ces pratiques sont prises au sérieux. Les Congolais ont la passion des miracles. Une église sans ce qu'ils appellent des miracles n'est sûrement pas une église où l'esprit de Dieu est présent.
Le Saint-Esprit est une désignation que l'on retrouve dans toutes les bouches en RDC. Selon les pasteurs, c'est l'agent provocateur des miracles. Lorsque les miracles ne s'opèrent pas dans une église, les Congolais ne prennent pas la peine de s'y rendre. Si la chrétienté a été imposée aux Congolais jadis comme une valeur civilisatrice, ils en ont fait une interprétation sauvage. Les fidèles veulent perdre l'équilibre, se voir rouler par terre, pousser d'étranges cris, vomir, être en transe... Ce sont là, pour eux, les symptômes d'une église véritable.
Origine et contexte historique
Les églises dites de réveil n'ont fait leur entrée dans le pays que dans les années 1990, mais n'ont pris de l'ampleur qu'en l'an 2000. Cette forme d'église s'est imposée dans des circonstances difficiles. En 2000, la RDC était rongée par les conflits armés un peu partout et il y avait une rareté des biens de base sur le marché. Je me souviens clairement de ces jours comme si c'était hier. Nous pilions le manioc pour avoir de la farine et nous vivions de notre élevage de volailles et de nos plantations. Le pays était dans la désolation absolue. C'est dans ce climat que des mégalomanes ont pris les microphones pour prêcher un nouveau départ dans les rues du pays. Des hommes et des femmes prétendant communiquer avec l'esprit de Dieu ont apporté beaucoup d'espoir et d'enthousiasme dans la tête des Congolais.
C'est ainsi que les Congolais ont laissé derrière eux l'Église catholique romaine et l'Église anglicane qui, à mon avis, sont les plus civilisées, pour se tourner vers les églises de réveil en attente d'une nouvelle vie. L'Église catholique romaine a perdu plus de la moitié de ses membres en RDC. Un caractère naissait dans le pays, sans que personne ne voie le danger à venir. Les Congolais se sont tournés vers la prière, laissant derrière eux leurs maigres occupations. Cet abandon a participé à l'enfoncement de la pauvreté, avec des gens qui manquent même de quoi s'acheter une pâte dentifrice, contraints d'utiliser des tiges d'eucalyptus.
Cette nouvelle tendance qui s'est imposée en RDC dans les années 2000 était la foi dans son interprétation la plus perverse. Les Congolais ont tout laissé derrière eux. Sans le dur labeur, les Congolais ne verront certainement pas de salut. Le pays continuera à croupir dans la misère et le sous-emploi.
Le drame des enfants accusés de sorcellerie
Les pasteurs qui prônent ces miracles sont de jeunes gens bien habillés et bien parfumés, des charismatiques et de vrais mégalomanes. Le pays entier semble être en perdition. Les églises en RDC ont inventé ce qu'elles appellent « le phénomène enfant-sorcier ». Des enfants, parfois inconscients de la vie, sont accusés de porter les germes de Satan. Selon les pasteurs, ces enfants peuvent être nuisibles aux membres de leurs familles. La sorcellerie peut se transmettre d'une personne à une autre par l'usage des biens personnels des personnes atteintes. Les enfants ne grandissent pas dans un monde libre en RDC. Il est fréquent de voir des parents interdire à leurs enfants de partager la vie avec tel ou tel autre enfant parce qu'il est accusé d'être sorcier.
Toutes ces accusations ne sont que poudre aux yeux. Les enfants souffrent des implications grotesques que nul ne peut expliquer clairement. La sorcellerie en RDC est semblable à l'apparition des esprits : tout le monde en parle mais personne ne l'a jamais vue.
Conséquences sur les enfants de rue
Épris de colère et de méfiance, les familles rejettent les enfants accusés de sorcellerie. Si vous faites un tour en RDC, vous retrouverez dans toutes les grandes artères du pays des enfants abandonnés qui vivent dans la rue de leur plein gré. Ce sont souvent des enfants de dix à douze ans faussement accusés d'être les dépôts de Satan. Ces enfants ne sont pas comme les autres ; on les appelle « shégués », un terme pour dire enfant de la rue. Dans la rue, ces enfants apprennent la dureté de la vie. Les fillettes perdent très vite leur virginité, les garçons deviennent des bandits et des petits voleurs. Kinshasa, la capitale, vit sous un climat d'incertitude dû à ces enfants qui deviennent vite les vermines de la société. Ils sèment la panique dans les rues du pays. Avec la répression policière, ces enfants deviennent encore plus dangereux et des cas de banditisme, voire d'assassinat, ont été enregistrés ces quinze dernières années.
En 2012, la RDC lançait l'opération « Likofi » qui consistait en la traque de ces enfants innocents. Bon nombre d'entre eux ont été emprisonnés et vivent dans des conditions extrêmement dures. Ces enfants souffrent dans leurs pensées et dans leur corps. Malheureusement, personne en RDC ne semble prendre la responsabilité de l'abandon de ces enfants dans la rue.
La délivrance : une pratique abusive et dangereuse
En RDC, lorsqu'un pasteur cite un enfant dans une affaire de sorcellerie, la pagaille absolue naît dans la famille. Ses membres courent se protéger dans les églises car ces enfants peuvent être la source de beaucoup de malheurs. Ils peuvent être faussement accusés d'avoir causé mystiquement la mort d'une personne ou de transmettre les grains de la sorcellerie aux autres enfants ; il faut alors les écarter de la famille. Ainsi, délibérément, les parents prennent la responsabilité de laisser partir les enfants. C'est un moment dur, une séparation éternelle. Les pauvres parents ne peuvent que prendre leurs distances après un tel mensonge du pasteur. Aucun pasteur n'a jamais prouvé l'existence de ce qu'ils appellent l'« enfant-sorcier » de manière tangible. Toutes ces accusations sont basées sur des contes de fées. En RDC, il n'existe pas de tribunal pour enfants pour étudier ce type de cas qui relève pourtant des violations des droits de l'homme. Les enfants ont droit à la vie. Ils ne doivent pas être tenus responsables de faits qu'ils ne comprennent pas.
Tout blocage en RDC est lié aux esprits mauvais. Lorsque tout va mal dans les études, un voyage à l'étranger, le mariage, les sorciers sont blâmés. Comme le disent les pasteurs, toute famille a ses « gants » (sorciers) qui ne veulent pas que ses membres progressent. Il faut alors « déraciner » ces gens afin de se libérer de la dépendance. Il est fréquent en RDC de voir les gens s'enfermer pendant quarante jours dans une pièce en train de prier pour un voyage qui n'arrive toujours pas.
Les méthodes controversées des pasteurs
Il n'existe pas de miracle dans les affaires. Les pasteurs trouvent une source de revenus dans toutes ces accusations malveillantes. Ils offrent ce qu'ils appellent un service de « délivrance » qui consiste à libérer les personnes possédées par Satan des esprits qui les tourmentent. C'est un service monnayé car les hommes de Dieu prennent le risque d'affronter Satan. Un risque selon certains, car le diable est aussi puissant que Dieu. Les pasteurs clament que Dieu les remplit de son esprit pour vaincre Satan. La délivrance est un véritable abus des droits humains. Les enfants sont soumis à des pratiques inhumaines qui ne devraient pas passer inaperçues dans un État de droit.
Durant la délivrance, les enfants sont forcés d'avaler de l'eau salée, de l'argile ; ils sont fouettés, forcés à vomir, etc. L'objectif est de faire partir les esprits mauvais. Pour certains pasteurs, l'enfant possédé par les démons doit, pour compléter sa libération, vomir tout ce qu'il a consommé jadis dans la sorcellerie. Selon les pasteurs, les enfants-sorciers mangeraient de la chair humaine de personnes sacrifiées mystiquement lors de leurs activités nocturnes. Ce sont des abus et des violations sévères des droits humains qu'aucune science ne peut expliquer. Le plus choquant est de voir des gens diplômés soutenir ce genre de pratiques.
Dans certaines églises, les enfants atteints de sorcellerie sont soumis à un jeûne à sec de quatorze jours durant la délivrance. Avant de compléter les quatorze jours requis, certains enfants perdent la vie. Les hommes de Dieu concluent alors que ces enfants meurent de leurs péchés.
L'enrichissement des pasteurs sur le dos des fidèles
Dans la rue, les enfants vivent dans des conditions extrêmement difficiles. Ils contractent facilement des maladies et n'ont aucune couverture médicale. Les pasteurs ont, eux, le libre choix entre mensonge et vérité. En RDC, il n'existe pas de suivi ni d'audit sur les églises de réveil. Aucun mécanisme n'a été adopté pour stopper ce genre d'abus. Au contraire, une nouvelle église naît chaque jour dans une avenue. Chose troublante : lorsque vous échangez avec les Congolais à ce sujet, vous vous rendez compte qu'ils accumulent au quotidien des expériences désolantes dans les églises, mais personne ne semble tourner le dos à ces pratiques.
Pour les pasteurs congolais, le ministère est un grand centre d'intérêt car cela génère un moyen de survie énorme. Se procurer une église serait sûrement le meilleur business qui puisse exister. Pas de prélèvement d'impôts, pas de paiement de salaire : tout est au profit du pasteur. Une aumône obligatoire est prélevée chaque dimanche dans les églises. Les pasteurs qualifient abusivement cela d'« argent de Dieu », comme si Dieu en était le témoin. Ils savent entraîner les Congolais dans des vérités qui leur sont propres, agissant comme de véritables psychologues.
Les enseignements dans les églises sont basés sur des passages poignants de la Bible qui imposent aux croyants la prise en charge des pasteurs. Ainsi, une nouvelle classe de riches a émergé en RDC, constituée uniquement de pasteurs. Des riches qui, pour la plupart, n'ont reçu aucun minimum éducatif. C'est malheureux de voir que les croyants, qui sont les donateurs, restent pourtant misérables tandis que les pasteurs se prennent pour des gentlemen roulant dans des véhicules de luxe. Ils ont un nom pour ce type de vie : c'est le signe de l'élévation par Dieu. Pourtant, les pasteurs se procurent ce luxe avec les aumônes qu'ils collectent des Congolais, une sorte d'impôt obligatoire.
Le système de la dîme
Autre phénomène dans les églises congolaises : les dîmes. Une rançon mensuelle que chaque membre de l'église doit au pasteur sur son salaire. La dîme est une sorte d'impôt sur le revenu où les croyants donnent aux pasteurs 10 % de leur salaire mensuel en dépit des aumônes qu'ils versent tous les dimanches. À en croire les pasteurs, la dîme est sans compromis, payable à tout prix. Ainsi, les pasteurs connaissent le bulletin de paie de chacun de leurs membres. Chose surprenante, certains maris congolais ne communiquent jamais à leurs épouses les chiffres exacts de leurs bulletins de paie, un droit qu'ils réserveraient exclusivement aux hommes de Dieu.
Pour les pasteurs des églises de réveil, la dîme est un paiement important car c'est une forme de reconnaissance que l'on doit à Dieu, la source de toute chose. Les églises sont alors en course les unes contre les autres pour attirer les croyants. La fortune du pasteur dépendra aussi directement des états financiers de ses membres. Ainsi, deux églises qui se trouveraient sur le long d'une même avenue seront presque des ennemies.
Lorsque je vivais à Kinshasa, nous avions des pasteurs qui défilaient chaque samedi dans nos maisons pour collecter les dettes sur la dîme. Voilà comment ça se passe : lorsqu'on ne paie pas à temps, la dîme devient une dette. Et seuls les pasteurs savent le dire : le non-paiement de la dîme à temps constitue une dette envers Dieu. C'est une farce qui se développe en plein cœur de Kinshasa. Pourtant, il est étonnant de voir des intellectuels se tourner de plus en plus vers les églises de réveil.
Dérives et conséquences sociales
Un nouveau type de pastorat a émergé en RDC : les églises mobiles qui vous accompagnent partout. Dans chaque bus de transport public, il y a un pasteur. Ces pasteurs doivent rendre à la fin de la journée une part de ce qu'ils ont perçu au chauffeur. Leur mission est de vous prêcher tout au long du chemin et, finalement, de collecter une aumône. Ce sont des gens qui disent prier pour votre bien-être et embellir votre journée pour qu'elle soit une réussite. Souvent, ils vous servent des histoires fallacieuses et des contes de fées pour vous faire donner. Chaque fois que je quittais la commune de Ngaliema pour me rendre à l'université, j'avais face à moi ce type d'individu. Je ne les ai jamais trouvés clairs, avec des témoignages qui vous font réfléchir deux fois. Les pasteurs ambulants font de plus en plus parler d'eux en RDC.
Au Congo, des foyers divorcent suite aux agissements des pasteurs. Ces dix dernières années, de nombreux actes de barbarie commis sur des femmes mariées ont été rapportés, mais le gouvernement n'a pris aucune décision à ce sujet. Dans certains témoignages, des femmes avouent avoir été agressées sexuellement par les pasteurs lors des confessions ou des prières privées, des abus qui restent sans réponse de la part de la justice congolaise.
Les nuits de prière et l'exploitation des femmes
Un autre phénomène dérangeant est celui des femmes mariées forcées de passer la nuit dans les églises lors de ce que les églises qualifient de « nuits de prière ». Au cours de ces séances nocturnes, les gens de toutes catégories sont appelés à prier pour le bien-être de leurs familles afin que Dieu octroie succès et santé. Pour les couples, les nuits de prière sont un phénomène ravageur car les femmes « découchent ». Certains hommes n'adhèrent pas du tout à cette idéologie pastorale. De nombreux cas ont été entendus ces dernières années à ce sujet, mais aucun signe n'est venu des autorités congolaises. Le gouvernement n'a mis en place ni sanction ni contrainte pour limiter les abus dans les églises.
Dans certaines églises, les femmes sont appelées à travailler tout au long de la semaine dans leurs diocèses. Elles font le ménage pour le pasteur, nettoient l'église et assainissent ses locaux. Pour elles, c'est un service rendu à Dieu et, comme la Bible le dit, ces femmes attendent dix fois plus de Dieu. En 2008, la question des églises qui fonctionnent toute la semaine a été débattue, mais aucune résolution n'est finalement tombée. Les croyants sont obligés de se présenter dans les églises du lundi au dimanche.
L'attente du « mari idéal »
Il est de plus en plus fréquent de retrouver en RDC de jeunes femmes qui passent tout leur temps sur les bancs des églises, attendant un mari idéal, un cadeau du ciel. Le mari, comme elles le disent, est choisi par Dieu. Ainsi, lorsque vous approchez cette espèce de femmes en RDC avec de jolies paroles d'amour, elles ne lisent que du vent là-dedans ; elles ne sont pas du tout séduites. Habituellement, ce sont des jeunes femmes qui s'abandonnent à Dieu, qui disent avoir vendu leur virginité à Dieu. Elles ressemblent plus à des quinquagénaires ; elles ont laissé derrière elles leur style de jeunes demoiselles, elles sont malpropres, ne soignent pas leurs cheveux, ne sont pas attirantes dans leur regard. Ce sont des demoiselles dont l'église a fait un lavage de cerveau complet. Elles atteignent aussi leur ménopause dans l'église en attendant un homme idéal. Et l'homme idéal, c'est le pasteur qui approuve.
Ainsi, les Congolais n'ont pas le temps de répondre à leurs occupations habituelles, ce qui les appauvrit davantage. De véritables talents s'éteignent dans les églises. Des jeunes sont contraints de servir le pasteur mais, en retour, ne bénéficient de rien ; ils sont par ailleurs chassés des églises lorsqu'ils commettent des erreurs. Dans cette prison de la croyance, les jeunes ont perdu tout espoir pour un lendemain meilleur.
Conclusion : une prison de la pensée
L'église en RDC est une prison de la croyance. Nombreux se sont enfermés dans une sorte d'ignorance accrue qui fait des pasteurs des petits saints, même si les abus s'accumulent. Lorsque j'ai approché un pasteur en RDC à ce sujet, sa réaction a été surprenante. Il m'a vite lancé au visage : « Frère, la Bible déclare : tu ne jugeras point un homme de Dieu de peur de souffrir de la lèpre. » Voilà, et c'était tout ; l'essentiel de la réponse.
Lorsque vous adressez le sujet aux Congolais, ils vous avanceront exactement cet même argument que le pasteur donne ci-dessus. Si l'on peut parler d'ignorance chez les croyants, les pasteurs, eux, sont conscients de tout. C'est une prison de la pensée, une sorte de cage dans laquelle le Congolais ne grandit jamais. Nous dirons clairement que les pasteurs abusent de la conscience des croyants. La religion doit rester un facteur de développement et non pas devenir un agent destructeur.