
Une histoire vraie sur la mort et l’au-delà
Mon histoire n’est pas un mythe ni une métaphysique, c’est une réalité qui remonte à dix-sept ans. Depuis mon enfance, cette expérience n’a cessé de tourmenter mon cœur. Après avoir rencontré une dame indienne vivant une histoire similaire, j’ai décidé de vous la partager. Je suis convaincu que ce récit peut ouvrir une nouvelle réflexion philosophique sur la mort et offrir de l’espoir à ceux qui s’inquiètent du sort de leurs proches disparus.
Questionnements universels sur la mort et l’au-delà
Pensez-vous vraiment que la mort marque la fin de l’existence ? Est-elle un passage du visible à l’invisible ? L’esprit existe-t-il avant ou après la mort ? Cet article vous permettra de trouver des réponses à ces questions existentielles. Les philosophes ont jugé la réalité de la mort absurde et n’ont donc pu avancer de réponses concrètes sur ce mécanisme qui emporte la vie, mais auquel personne ne peut échapper.
Le déclin de mon grand-père en 2006
Une maladie qui affaiblit progressivement
En 2006, mon grand-père maternel tomba gravement malade. Âgé de quatre-vingts ans, il était complètement affaibli. Il ne pouvait ni marcher, ni reconnaître les gens qui l’entouraient. Victime d’une perte de mémoire, il n’avait plus la force de se tenir debout, encore moins de tenir une cuillère.
Le retour à la maison et ma responsabilité
Au mois de juillet, ma mère décida de le ramener à la maison pour que nous prenions soin de lui et suivions l’évolution de son état. Mon père étant en vacances dans son village natal, ma mère me demanda mon accord. Je n’ai pas hésité à le lui donner, car je lui dis : « Maman, la vieillesse est le côté inverse de l’enfance. Quand tu étais enfant, il a pris soin de toi. Maintenant que tu as grandi et qu’il est redevenu enfant, il est inexcusable de ne pas lui offrir le même service. »
Quand grand-père arriva chez nous, j’eus les larmes aux yeux. Il était brisé et affaibli par l’âge. Ce qui me frappait le plus, c’étaient son sourire intact et son beau visage de jeunesse. J’ai ressenti un profond sentiment d’affection, réalisant soudain que cet homme était à l’origine de mon existence. Je compris que nos deux vies étaient fortement liées.
Un homme respecté et influent
C’était la première fois que je voyais vraiment l’homme dont ma mère parlait si souvent. Grand-père était un homme fortuné qui avait commencé sa carrière à seize ans avec les colonisateurs belges. Il travaillera avec eux toute sa vie, jusqu’à être nommé commissaire aux comptes en ex-Zaïre, aujourd’hui République Démocratique du Congo. Dans son village, on le connaissait sous le surnom « Mundele Ndombe », un terme Kongo signifiant « l’homme blanc dans un corps noir ». Son vrai nom était Kanika, un nom d’origine indienne qui signifie « Pièces d’or ».
Les soins nocturnes et les premières inquiétudes
Une responsabilité nouvelle et enrichissante
Parce que grand-père ne pouvait ni se lever ni se laver seul, j’étais contraint de lui offrir ces services. J’ai demandé à ma mère de le placer dans ma chambre pour que je puisse prendre soin de lui la nuit. Une nouvelle vie commença pour moi. Comme tous les vieillards, grand-père ne pouvait plus contrôler ses besoins. J’étais contraint de me lever trois fois par nuit pour le conduire aux toilettes.
Au début, c’était difficile d’interrompre mon sommeil, mais j’ai pris passion à cette tâche. Je savais que si je ne le faisais pas, personne ne le ferait pour lui.
Un dilemme culturel entre tradition et compassion
En Afrique, les sociétés sont très spirituelles. Au Congo, un adage interdit strictement aux petits-fils de voir la nudité de leurs parents et grands-parents, sous peine de malédiction. À cette époque, j’étais jeune et dominé par ces prescriptions traditionnelles. J’étais déchiré entre aider mon grand-père et respecter cet interdit.
Un jour, en le conduisant aux toilettes, je lui posai la question : « Dieu est-il injuste de punir quelqu’un qui voit la nudité de ses parents en les aidant ? » Grand-père rit aux éclats et répondit : « Non, tu es un fils béni et tu iras loin. D’ailleurs, quand tu vieilliras, tes petits-fils te rendront le même service au souvenir de tout ce que tu as fait pour moi. »
Les phénomènes mystérieux : apparitions et appels des esprits
Des nuits tourmentées par la peur
Le côté mystérieux de cette histoire commence ici. Grand-père avait l’habitude de pleurer chaque nuit comme un enfant. Je me levais pour le calmer. Chaque fois qu’il se réveillait en sursaut, il criait le nom de ma mère à plusieurs reprises. Parfois, ma mère répondait, mais d’autres fois elle restait silencieuse. Grand-père changeait alors de côté en criant mon nom.
Les visites des défunts : esprits venus le chercher
Grand-père était terrorisé par la peur de la mort. Il disait voir des esprits venir le chercher. Parmi eux, il reconnaissait les membres de sa famille décédés depuis des décennies et ses propres frères directs. Ces esprits lui disaient qu’il était temps de partir. Quand je lui demandais où ils étaient, il répondait : « Ils sont là, mais tu ne peux pas les voir. »
Parfois, il criait très fort, comme un homme en danger, et je me réveillais en sursaut. Malgré tous ces mystères, je n’en parlai à personne, gardant un visage souriant devant ma mère.
Une nuit décisive : l’arrivée des esprits
Une nuit, grand-père me dit qu’il ne voulait pas rester au lit à cause d’une douleur au dos. Je lui apportai une chaise du salon. Au milieu de la nuit, il poussa un grand cri. Je me réveillai et lui demandai ce qui n’allait pas. Il répéta : « Ils sont là, ils sont là, ils sont venus me chercher pour partir ! »
« Qui sont ces gens ? » demandai-je. « Ceux de ma famille », répondit-il bravement.
Cette situation commençait à me dépasser, mais je gardai mon sang-froid pour ne rien révéler à ma mère.
Une peur mystérieuse envers ma présence
Grand-père m’avoua que ces esprits ne supportaient pas ma présence. Il dit qu’ils avaient peur de moi, mais insista que c’étaient ses frères, sœurs et grands-parents décédés. Je me posais la question : pourquoi ces esprits avaient-ils peur de moi ? Avais-je un esprit supérieur au leur ? Je pensais que les vivants possédaient peut-être un esprit supérieur à celui des morts.
Selon la philosophie bantu, les morts protègent les vivants, et les vivants prient pour les morts. Mais je ne comprenais pas cette violence qui s’abattait sur mon grand-père, ce déchaînement qui tentait de l’arracher à tout prix.
Un phénomène universel : témoignages d’autres cultures
Similitudes entre l’Afrique et l’Inde
J’ai trouvé le courage de partager cette histoire après avoir entendu celle d’une dame indienne, étonnamment similaire à la mienne. Je traitais jusque-là cette expérience comme un mythe africain, mais le témoignage indien a changé ma perspective.
La dame avait perdu son oncle en décembre 2012. Avant son décès, l’homme affichait les mêmes symptômes que mon grand-père. Il criait qu’il ne voulait pas partir, qu’il voyait ses ancêtres venir le chercher en disant que c’était son heure.
Des signes universels de la fin de vie
Des scénarios mystiques de ce genre existent partout dans le monde. Avant la disparition de certaines personnes, d’autres rapportent avoir entendu des cloches résonner, signifiant la fin de l’existence pour cette personne. En Inde, on croit qu’un dieu de la mort vient chercher les hommes sur terre pour les ramener dans l’au-delà.
Ces témoignages convergents offrent peut-être une réponse aux doutes que les anciens philosophes ont laissés sans réponses au cours de l’histoire sur le mystère de la mort.
Les derniers jours et la rechute
Mon grand-père pleurait chaque nuit. J’avais l’impression qu’il regrettait la vie. Même moi, je commençais à réaliser que la fin était proche pour lui. Lui-même se rendait compte qu’il empruntait un chemin sans retour, ce qui lui faisait verser des larmes.
Nous étions en octobre quand grand-père fit une rechute. Nous l’avons amené à l’hôpital.