
Ah, le « Nécronomicon », quel nom mystérieux... Mais qu'en est-il exactement ? Qu'est-ce que le Nécronomicon ? Que raconte-t-il ? Qui est son auteur ? Voici la terrible et maudite histoire du livre qui aurait rendu fou — ou fait disparaître de la surface du globe — la plupart des personnes qui ont lu ne serait-ce que les premières pages de cet ouvrage !
Histoire et origine du Nécronomicon
Son titre original est Al Azif. Azif est le nom que les Arabes donnaient au bruit émis par des insectes qu'on entend la nuit et qui est censé être le hurlement des démons. Nécronomicon, tel est le nom grec donné en 950 ap. J.-C. au Kitab Al-Azif, antique traité ésotérico-démoniaque sur le Mythe de Cthulhu, rédigé par la plume d'un poète arabe devenu fou, Abdul Alhazred, à Damas en 730 ap. J.-C.
Ce que l'on sait de cet ouvrage provient essentiellement des écrits d'Howard Phillips Lovecraft, parmi lesquels un court texte intitulé « Histoire du Necronomicon » publié en 1938 en guise de réponse concrète à ses lecteurs concernant le livre maudit. Si Lovecraft affirma avoir créé cet ouvrage inquiétant de toutes pièces — dire également confirmé par son exécuteur testamentaire August Derleth —, il ne fallut pas longtemps pour que des hordes d'ésotéristes et de lovecraftophiles assidus partent en quête du mystérieux grimoire... Ainsi naquit véritablement la légende du Necronomicon.
Celui-ci fit dès lors l'objet de thèses, d'études et de longs développements publiés dans des revues et des essais, la question principale étant bien évidemment : « Le Necronomicon existe-t-il ? ». Un simple philosophe, au vu de la situation, répondrait simplement « oui »...
Qui était Abdul Alhazred, l'auteur du grimoire ?
Cependant, nous avons aujourd'hui retrouvé la trace de son auteur. Abdul Alhazred était originaire de Sanaa, la capitale du Yémen. Érudit polyglotte, il utilisait souvent la magie pour voir l'avenir, tout comme le bien connu Nostradamus. C'est cette réputation de sorcier qui lui a valu le nom d'« Arabe Dément ». Fou ou pas fou, Alhazred était néanmoins un savant de haute catégorie : il détenait des connaissances poussées en mathématiques, en philosophie, en théologie et maîtrisait la magie théurgique aussi bien que les traditions chaldéenne et égyptienne.
Cet homme aux connaissances sans fin vécut sous le règne des califes Omeyyades aux alentours de 700 après J.-C. Il visita les ruines de Babylone, les souterrains secrets de Memphis, vécut dix ans dans la Cité sans Nom située au cœur du Dhana ou « désert pourpre », et enfin alla à la légendaire Irem, la Ville aux Mille Piliers. Vers la fin de sa vie, Alhazred s'établit à Damas où il écrivit l'Al Azif après avoir sombré dans la folie. Sa mort en 738 après J.-C. a donné lieu à bien des récits horribles et contradictoires. Selon Ebn Khallikan, biographe du XIIe siècle, il fut dévoré en plein jour par un monstre invisible devant une foule de spectateurs terrifiés.
Les traductions et interdictions du livre maudit
L'Al Azif fut d'abord traduit en grec par Theodoros Philetas, de Constantinople, en 950, qui lui donna le nom de Nécronomicon (le code des morts). Cependant, cette traduction fut interdite puis brûlée par le patriarche Michel en l'an 1050. Mais l'Homme ne s'arrêta pas là : le livre fascinait les esprits.
1487 est l'année pendant laquelle fut écrite la première version du livre maudit en latin (7 volumes de 900 pages chacun) par le prêtre dominicain Olaus Wormius, qui n'était autre que le secrétaire de Tomas de Torquemada, le fondateur de l'Inquisition. Pour telle hérésie, Wormius fut soumis au bûcher ainsi que ses livres... sauf un exemplaire qui serait dans la bibliothèque du Vatican !
Peu après la traduction de Wormius, le pape Grégoire IX interdit l'œuvre dans ses deux versions, grecque et latine. À cette époque, l'original arabe était déjà perdu même si des témoignages révèlent qu'une copie aurait circulé. La traduction grecque, imprimée en Italie entre 1500 et 1550, a été signalée pour la dernière fois en 1692 lors de la destruction de la bibliothèque d'un citoyen de Salem. Une version anglaise, due au Dr John Dee (début XVIIe siècle), n'est restée qu'à l'état de manuscrit dont il ne subsiste que des fragments.
Le British Museum possède un exemplaire de l'édition allemande du XVIe siècle. La Bibliothèque Nationale de Paris, la Widener Library d'Harvard, les bibliothèques de la Miskatonic University d'Arkham et de l'Université de Buenos Aires possèdent chacune l'édition espagnole du XVIIe siècle. Sans doute en circule-t-il clandestinement bien d'autres. Notamment, des rumeurs prétendent qu'il existerait encore la version grecque imprimée au XVIe.
Aujourd'hui, l'ouvrage est rigoureusement interdit par la plupart des gouvernements de la planète, ainsi que par toutes les organisations religieuses. Il est peu connu du grand public et il n'est pas bon de dévoiler les terribles secrets qu'il contient.
Que raconte le Nécronomicon ? Les secrets des Anciens
Dans son mystérieux livre, Alhazred raconte que des entités auraient peuplé le monde bien avant l'arrivée des hommes. Cependant pour l'« Arabe Dément », ces entités, qu'il appelle les Anciens, seraient toujours accessibles car elles se trouveraient sur ce qu'il appelle « d'autres plans de notre réalité » (dur à cerner, je sais). Mais pour lui, ces entités n'attendraient que l'heure à laquelle elles reviendraient reprendre la Terre aux humains !
Ce qu'il faut savoir, c'est qu'Alhazred n'a nullement inventé cette mythologie perdue, mais se serait fortement inspiré de certains événements évoqués dans la Genèse ou l'apocryphe Livre d'Enoch, ainsi que des croyances ancestrales.
Mais alors, qui sont ces fameux « Anciens » ? Tout simplement des visiteurs, des extra-terrestres qui, en arrivant sur Terre, auraient créé ce fameux plan de réalité qui les liait à nous, les petits humains. Ces Anciens, depuis leur plan, seraient la source des visions de certaines personnes qui pratiquent des sciences occultes... ils seraient en communication avec eux, un peu comme des oracles.
Mais vous allez me dire : « D'accord mon gars, mais on voit pas où est le danger, c'est un peu comme Le Seigneur des Anneaux, qui s'inspire aussi des mythes nordiques et autres... un autre livre d'heroic fantasy ! » Oui d'accord, c'est vrai ! Mais le Nécronomicon ne compte pas seulement la légende des Anciens : il donne aux lecteurs la possibilité d'invoquer et de soumettre ces forces anciennes.
L'incantation la plus connue fut nommée par le célèbre occultiste Aleister Crowley : « La malédiction de la création originelle ». Cette incantation, d'une perversion suprême, permettait de maudire l'humanité tout entière ainsi que toutes les créatures vivantes afin de les détruire... Elle semblait avoir été écrite par Dieu en personne et s'achevait sur ces quelques mots : « Et pourquoi ? Parce que je me repens d'avoir créé l'humanité... » !!!
Où est le Nécronomicon aujourd'hui ?
Haha, bonne question petit gars ! Si je le savais, je l'aurais déjà dans mon placard, planqué sous mes chaussettes ! Non plus sérieusement, beaucoup de personnes sont à la recherche du Nécronomicon original, mais personne ne le trouve. Ce qui est sûr, c'est que le dernier dont nous sommes aujourd'hui sûrs d'avoir eu entre les mains fut Aleister Crowley, qui aurait transmis l'existence du livre maudit à H. P. Lovecraft, lequel a rendu le mythe célèbre et populaire... tellement qu'il prétendra même l'avoir écrit ! Peut-être... Il est vrai que son histoire du culte de Cthulhu reste, paraît-il, très proche du texte original d'Al Azif.
Alors, Lovecraft serait-il Abdul Alhazred ? Non, certainement puisque sa trace a été aujourd'hui retrouvée d'Alexandrie au Penjab. Il semblerait aussi que l'existence du Nécronomicon aurait été prouvée depuis longtemps, mais la Miskatonic University, sous la direction de l'élève de Lovecraft lui-même, S. T. Joshi, prétend que si le livre maudit a pu paraître vrai, ce n'est juste parce que Lovecraft lui a donné une vie propre par ses écrits !
À l'heure d'aujourd'hui, le Nécronomicon aurait complètement disparu de la surface de notre planète bleue entre 1933 et 1938. On ne sait pas exactement quand ni comment, mais les faits sont là : les diverses traductions ont disparu, comme celle de Wormius qui aurait subitement été effacée du registre du British Museum (peut-être y est-elle encore), et tout bibliothécaire niera aujourd'hui son existence... Mmmh, bizarre !
Alors... pure invention ou réalité cachée par nos chers politiques pour éviter que de telles incantations aussi dangereuses ne tombent entre les mains de personnes malveillantes ? Je ne sais pas personnellement, mais à l'heure actuelle, les dernières traces du Nécronomicon ne permettent pas d'affirmer sa réelle existence, et Lovecraft n'a jamais caché que le livre maudit n'est que pur produit de son imagination... Chercherions-nous à nous protéger de quelque chose qui nous dépasse ? Je ne sais pas... On ne saura peut-être jamais, et peut-être est-ce mieux comme ça.
Pour terminer cet article, j'aimerais vous faire part de quelques témoignages :
« Quant à moi qui ai lu quelques chapitres de ce livre maléfique dans la version anglaise du Dr Dee, je me dois de vous mettre en garde. Écoutez, ô cœurs intrépides, les paroles d'un explorateur de la connaissance et de la vérité qui, ne craignant ni hommes ni dieux dans sa jeunesse, tremble à présent quand approche l'obscurité et n'ose plus sombrer dans le sommeil avec son cortège de cauchemars terrifiants. Écoutez-moi, et si vous possédez un peu de sagesse, fuyez au plus loin cet ouvrage démoniaque, où votre raison pourrait bien vaciller et s'effondrer dès les premières pages. » (L. Cogan)
« Si la publication du Necronomicon, écrit en 730 par l'Arabe dément Abdul al-Hazred, n'a été entreprise que très récemment, c'est sans aucun doute parce que tous les contacts avec ce livre se sont terminés tragiquement au cours des âges. De nombreuses personnes, parmi lesquelles l'éminent Charles Dexter Ward, de Providence, Rhode Island, sont devenues folles ou ont simplement disparues après la lecture du Necronomicon ; aussi ce livre a-t-il été banni dans la plupart des pays du monde. »