
Qu'est-ce que l'âme ? Définition et origines
L'âme s'est toujours définie par rapport aux sphères célestes, qu'elle complète et auxquelles elle s'adonne. En tant que substance immatérielle, l'âme entre dans de nombreux rapports qu'elle s'efforce de comprendre et de justifier logiquement. Elle est supposée être un référent entre l'idée du créé et l'idée du créateur. L'esprit de l'Éternel l'a créée pour définir son complémentaire ou le devenir.
L'âme entretient une logique avec les plans de Yahvé et des Élohims. Elle tient une relation de cause à effet avec les idées de l'Éternel et, dans sa propre logique, elle est sans cesse tentée d'évoluer car elle est évolutive. Elle lie un antagonisme avec l'idée de la mort. L'âme est découverte par soi-même et découverte de son créateur.
L'âme et la religion : de l'Égypte à Israël
L'âme ne peut exister sans religion, car la religion définit l'âme et la cultive : c'est ce qu'on appelle la spiritualité. Si les Égyptiens définissaient l'âme comme le produit des actions dans le monde — le Ka —, les Israélites ont défini l'âme comme un objet ayant péché dès l'origine.
L'âme et l'harmonie des sphères célestes
L'âme déchiffre le continu, c'est pourquoi elle est reliée à la musicalité des sphères, c'est-à-dire à la temporalité et au spatial. Si l'âme possède une autorité, elle requiert l'harmonie de ces deux constantes, un ordre cosmique. La musicalité des sphères est l'harmonie des sphères célestes qui créent le cosmique et font varier le temps, la musique et bien sûr l'âme.
On ne peut connaître les valeurs d'une âme car elle est multivalente, mais on peut en comprendre les rapports. L'âme ne reste pas dans un état permanent : elle est changeante et son fixisme est précaire.
La transcendance de l'âme et ses performances
La transcendance de l'âme occupe un champ qui lui est réservé. On peut se demander si toutes les actions ne sont effectuées que par la transcendance du monde sensible au monde nouménal, car chaque action a un affect particulier. Cette transcendance s'achève-t-elle avec la mort ? L'idée de mort est peut-être sans cesse présente dans le cosmos, comme ce qui est achevé.
Tout ce qui touche l'âme relève déjà de l'idée de performance : l'idée de la famille, de l'amour maternel, de l'amour conjugal sont des performances de l'âme. L'âme est la clé du corps d'un individu pour entrer dans le phénoménal et les idées, elle en est la porte. Nul ne peut comprendre les moyens auxquels l'âme se réfère pour démontrer l'amour, nul ne peut contrôler une âme car elle n'est ni contrôlable ni saisissable.
L'âme selon la phénoménologie
Selon la phénoménologie, l'âme se définit seulement par l'intermédiaire d'une autre conscience de soi. La phénoménologie étant la théorie de l'apparence, l'âme est à la fois réalité et illusion selon qu'on soit matérialiste ou phénoménologue. L'apodictique de l'âme étant de renouer avec l'existant, il est urgent de signaler que l'existant n'est pas l'âme et l'âme n'est pas l'existant. La particularité de l'âme, c'est qu'elle est toujours intentionnalité de quelque chose.
L'âme chez Kant : le transcendantal
Est défini comme transcendantal, chez Kant, ce qui désigne une connaissance a priori ou générale, c'est-à-dire tous les principes de connaissance se trouvant dans l'esprit antérieurement à toute expérience et qui sont les conditions de l'expérience en général. Si le transcendant est hors ou au-delà de l'expérience, le transcendantal est seulement hors ou au-delà de l'expérience des sens, du phénomène, mais non de l'expérience totale. Ainsi, l'âme est au-delà des sens.
L'âme dans l'art baroque
L'âme selon le baroque est rationalisante du monde : son objectif est l'harmonie. Le baroque étant l'art du mouvement et de l'extravagant, il excite les sens. C'est l'art d'une crise qui concerne l'homme face à la nature, un homme qui se sent décentré ou solitaire.
L'âme devient l'harmonie du versant existentiel, l'action se multiplie face à la contemplation. Chez le baroque, c'est le mouvement mortel qui domine la vie. L'âme, selon le baroque, montre l'invisible là où on ne perçoit pas l'arbitraire. Il n'y a rien d'oblitéré qui ne puisse être déchiffré par l'âme, car elle est surrationaliste, non tautologique et non chaotique.