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Musique

Yes : Magnification

Yes s'offre le luxe de jouer avec un orchestre symphonique sur Magnification. Un pari audacieux qui offre quelques titres remarquables, mais confirme le virage « radio FM » du groupe.

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Après des groupes comme Metallica, Scorpions ou Deep Purple (pour n'en citer que quelques-uns), un autre géant de la musique s'offre le luxe de jouer avec un orchestre symphonique au complet : Yes. Pari réussi ? Oui et non...

L'orchestre symphonique : une nouvelle dimension musicale

Oui, car l'orchestre n'est pas envisagé comme simple accompagnateur des Yesmen, mais bien comme une possibilité d'explorer de nouveaux horizons musicaux et émotionnels. Pour preuve, le très bon titre Give Love Each Day. En revanche, on ne peut que déplorer que Yes n'arrive pas à nous proposer au moins un titre qui nous ferait pleurer littéralement devant une cascade de finesse musicale (comme leurs classiques Ritual, Gates of Delirium ou Close to the Edge par le passé). Le virage « radio FM » s'accentue avec chaque album et c'est dommage de constater cela chez un groupe de la trempe de Yes. Toutefois, depuis les albums Keys to Ascension (sortis en 1995 et 1996), Yes se rapproche tout de même davantage de ce qu'ils faisaient dans les années 70 que durant les médiocres années 80.

Les titres phares de l'album Magnification

Car il y a de très bons titres sur ce disque. Magnification (la chanson) en ouvrant l'album nous balance tout de suite ce qu'on attend : des lignes de chant superposées sur différentes couches très complexes, avec un Jon Anderson (chant) qui n'a toujours pas changé sa façon de chanter après plus de 30 ans de carrière. In the Presence Of est le titre qui se rapproche le plus du meilleur de Yes. Divisé en 4 phases qui s'enchaînent très bien, il est sûr de devenir un classique du groupe. L'orchestre apporte beaucoup aux ambiances multiples qui se dégagent de ce titre.

Maîtrise technique et performances instrumentales

Can You Imagine ou Don't Go sont des hits en puissance, bien trop « people FM » pour qu'on s'y intéresse de près. Sur We Agree et Dreamtime notamment, Steve Howe (guitares) nous rappelle à quel point il apprécie sa guitare acoustique. Il n'a pas son pareil pour jouer des pluies de notes avec une telle fluidité. Chris Squire (basse) sur l'ensemble du disque est parfait dans un rôle de « suiveur » de l'orchestre. À la batterie, Alan White est toujours dans les bons coups et exécute ses passages avec une précision et un feeling irréprochables.

Un bilan mitigé pour les fans de Yes

Yes est donc un groupe techniquement très largement au-dessus du lot, mais nous n'avions pas besoin de ce disque pour le savoir. Plus inquiétant : ce manque d'intelligence et d'idées dans les compositions. En effet, mis à part Magnification, Give Love Each Day, Dreamtime et In the Presence Of, l'album se laisse écouter sans provoquer beaucoup de réaction chez l'auditeur, pourtant tout acquis à la cause du groupe. Même sur ces titres, des passages (et plus particulièrement les refrains) sont d'une niaiserie énervante. Sûrement conscient de ce problème, le groupe a rendu ses 4 bons titres plus longs pour que l'on puisse tout de même juger le disque positivement. Assez finement joué, puisque ces 4 titres sont espacés sur tout l'album et l'écoute totale ne laisse pas un goût si amer dans la bouche.

Si Yes arrive à encore évoluer dans cette voie pour le prochain opus, je vous annonce un retour à ce que les fans ont toujours préféré (comme sur l'album Tales from Topographic Oceans de 1974 bien sûr !).

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nozal
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