
C'est le 21 septembre dernier que s'est déroulé le concert Urban Peace au Stade de France. Mais vous devez sûrement être au courant, étant donné le tapage médiatique exercé par une radio partenaire (suivez mon regard...). Ce concert, censé démocratiser le hip hop et être un appel à la solidarité urbaine, a en fait été un total fiasco — du moins sur le fond, la forme sera laissée au jugement de chacun.
Les points positifs du concert
Commençons brièvement par les points positifs : les invités ont tous répondu présent et ont donné tout ce qu'ils avaient sur scène. Le fait qu'il n'y ait pas eu de débordements (mais cela est sans doute dû à la nature du public) a sans doute redoré le blason du hip hop, injustement associé à une culture de vandales.
Un public qui ne correspond pas à la culture hip hop
Mais là où Urban Peace pêche, c'est finalement sur la cible du spectacle. Je m'explique : le public ce jour-là au Stade de France était majoritairement composé d'ados prépubères qui ont tous gagné leurs places à la Skyroulette. Le prix des places, assez élevé, a de même exclu une bonne partie du public hip hop. Ça n'a pas vraiment été le rendez-vous du mouvement ce soir-là à Saint-Denis.
L'absence des figures historiques du rap français
Du côté du casting, on retrouve en effet les ténors — enfin, ceux qui vendent — du rap français. Mais où sont passés Assassin, Dee Nasty, La Rumeur, La Brigade et autres activistes du mouvement ? Mais je comprends que, vu le public, on ait voulu inviter uniquement les artistes dont les tubes tournent en boucle sur Skyrock (merde, j'ai dit le nom).
Une réduction du hip hop au rap commercial
De même, cet événement qui aurait dû être placé sous le signe du hip hop n'a finalement consacré que le rap et délaissé les autres disciplines. Les graffeurs et danseurs qui étaient là n'ont même pas été remerciés ! Pour tous les Skyrockiens : le hip hop, ce n'est pas seulement ce que vous entendez sur votre radio. C'est un état d'esprit qui s'exprime aussi bien par le rap que par le graff, le deejaying et la danse. Pour réparer l'erreur d'Urban Peace, je vais citer Swem, Weane, Marko, Acre et NoeTwo qui ont posé sur les murs ce soir-là.
Bilan : une célébration de la culture Skyrock, pas du hip hop
Pour conclure, Urban Peace n'a été qu'un éloge de la culture Skyrockienne, à ne pas confondre avec le hip hop. Ce concert n'a donc pas été la Grande Messe du mouvement, malgré tout ce qui a été dit. Dommage ! L'intention était bonne.