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Tool

Plongez dans l'univers de Tool, groupe de métal alternatif culte. Des origines en 1991 aux chefs-d'œuvre Ænima et Lateralus, découvrez l'histoire et la musique de ces visionnaires.

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Tool : Les origines du groupe de métal alternatif

Et non, tous les albums de métal ne contiennent pas la petite étiquette « Parental Advisory Explicit Lyrics ». En 1991 naît Tool, groupe de métal alternatif fondé à Los Angeles par Adam Jones (guitare), Maynard James Keenan (chant), Justin Chancellor (basse) et Danny Carey (batterie). Révélé par le Lollapalooza Tour 1993, le groupe devient trois ans plus tard LA référence en matière de rock alternatif.

Les membres fondateurs de Tool

Adam Jones n'a pas toujours travaillé dans la musique. En fait, il était réalisateur d'effets spéciaux à Hollywood — le T-1000 de Terminator 2 ou les dinosaures de Jurassic Park, c'est lui qui les a créés. À cette époque, Adam jouait déjà de la guitare depuis longtemps mais n'avait jamais franchement envisagé de fonder son propre groupe. Il avait notamment joué à l'université avec un certain Tom Morello, qui sera plus tard mondialement connu en devenant le guitariste de Rage Against The Machine puis d'Audioslave. C'est donc grâce à son ami Tom Morello qu'Adam Jones fera la connaissance de Keenan. Les deux hommes se découvrent de nombreux points communs, en particulier leur intérêt pour la philosophie lacrymologiste et le mysticisme. C'est là qu'ils décident de créer un groupe pour promouvoir cette vision du monde, un groupe qui en serait en quelque sorte l'« outil ».

Maynard James Keenan est arrivé à Los Angeles au début des années 90. Énigmatique et passionné par le mysticisme de l'Asie mineure et notamment de l'Inde, ce chanteur extrêmement charismatique apporte au groupe une touche d'étrange et d'ésotérisme. Sa voix envoûtante est capable de prendre des tons résolument doux et, à l'inverse, de monter très haut.

Danny Carey fut élevé par son père dans la communauté franc-maçonnique du Kansas. Il commence la batterie à 13 ans et décide de devenir pro après sa sortie de l'université. Il monte donc à L.A. et finira par rejoindre Tool. Bien qu'il n'ait pas suivi les aspirations religieuses de son père, il a gardé une passion pour tout ce qui touche à l'occulte et à la magie.

Justin Chancellor est né en Angleterre. Très précoce, il commence la guitare à 8 ans et fonde son premier groupe à 14 ans. L'un de ses groupes, Peach, enregistrera même un album : Giving Birth to a Stone. Désirant toujours aller plus loin dans la recherche de son propre esprit, il essaie toutes les formes de yoga, de méditation ; il utilise la musique pour accéder à un état de plénitude spirituelle. Il sera le dernier à rejoindre le groupe en 1995 pour l'enregistrement d'Ænima. Bien qu'il préfère la guitare à la basse, c'est en tant que bassiste qu'il s'envolera pour les U.S.A. afin d'intégrer Tool.

Le style musical unique de Tool

Trop souvent jugée inaccessible pour le grand public à cause de la complexité des paroles, de la musique ou encore de la longueur des chansons, la musique de Tool est sublime, poignante. Rien n'est laissé au hasard : les sons s'enchaînent dans des mélodies tantôt fortes, tantôt sensibles, avec la variété et la perfection qui font les vrais artistes.

L'une des particularités de Tool, c'est la longueur des chansons (10 à 12 minutes en moyenne), presque toutes réalisées en mesures composées — plutôt rare de nos jours. Conclusion : exit la radio, Tool n'est jamais passé et ne passera jamais sur les ondes et leurs chansons préfabriquées de 3 minutes 30.

La longueur permet également au groupe d'équilibrer les rôles. Ainsi, chacun des musiciens jouera son rôle à un moment précis du morceau, uniquement quand c'est nécessaire. On n'aura pas cette espèce de bouillie musicale où l'on ne reconnaît même pas la basse de la guitare, qui caractérise le pseudo-néo-métal.

La musique est complexe et extrêmement travaillée — ce n'est pas du composé en 10 minutes un mercredi après-midi où l'on s'ennuie. Il y a un vrai travail de fond et de recherche musicale. Le travail en studio n'est pas en reste : tout est retravaillé jusqu'à atteindre la perfection (c'est sans doute pour ça que les albums mettent aussi longtemps à sortir). La forme aussi est très soignée, avec des pochettes sublimes et des livrets superbes.

Discographie de Tool : du premier EP aux chefs-d'œuvre

Opiate (1993) : les débuts

C'est en 1993 que sort le premier EP du groupe, Opiate. Très inégal et surtout très différent de ce que fera le groupe par la suite, on y trouve néanmoins de bons titres comme Hush, Opiate ou encore The Gaping Lotus Experience, ainsi que deux lives. C'est le moins bon album du groupe, le genre d'erreur de jeunesse...

Undertow (1993) : l'ascension

Ah, le second opus du groupe, Undertow, c'est beaucoup mieux ! L'ambiance est sublime, sombre et malsaine. Musicalement, le groupe a beaucoup progressé ; le batteur maîtrise parfaitement ses cassures de rythme, contrairement à Opiate. Malgré un Swamp Song un peu insipide et et Flood qui ne sont pas terribles, le reste de l'album est sublime.

Ænima (1996) : le chef-d'œuvre

En 1996, avec l'arrivée du bassiste Justin Chancellor, sort le troisième album : le chef-d'œuvre de Tool, Ænima. D'habitude, c'est là que je m'enflamme en racontant à tout le monde que c'est le meilleur album que j'ai jamais écouté de ma vie (ce qui est on ne peut plus vrai, bien sûr), que ce sont des dieux, des démons, des... euh, enfin bref. Mais là je vais me retenir un peu et essayer d'expliquer avec des mots. Euh, c'est comment dire... non, impossible à décrire. Il faut l'écouter. L'incarnation musicale de la perfection, je ne vois pas d'autres mots.

Stinkfist et Eulogy ouvrent le bal et c'est sublime, on en pleure presque. Suivent H. puis un interlude pour arriver au premier chef-d'œuvre : Forty-Six & 2. Quelques pistes plus loin, on trouve Jimmy (ma préférée), Die Eier Von Satan et Pushit. Ça vibre dans la chaîne hi-fi, c'est vivant, c'est de la musique à l'état pur, c'est... ouffff, calme, calme...

On arrive au bout avec Ænema (avec un « e » cette fois), la meilleure de l'album, avec un petit clin d'œil à Bill Hicks. Le genre de truc qui se vit plutôt que de s'écouter. Un interlude très... électrique, (-) ions, et enfin l'apothéose : Third Eye (encore des références à Hicks) qui termine le tout en beauté avec cette chanson de 14 minutes. C'est « complexe, hallucinogène, bourrin mais subtil, sombre mais sans désespoir... » (il y a des guillemets parce que la phrase n'est pas de moi, mais c'est exactement ça).

Ænima fut, d'ailleurs à juste titre, un succès total dans tous les pays où il est sorti (sauf en France, comme d'habitude... sniff... mais qu'est-ce que je fous là moi ?). Même la pochette est sublime (la pochette U.S., pas la française), avec un boîtier holographique animé. C'est trop beau...

A Perfect Circle – Mer de Noms (2000) : le side-project

4 ans plus tard sort A Perfect Circle / Mer de Noms. Ce n'est pas à proprement parler un album de Tool (beaucoup de problèmes avec leur maison de disques), mais un side-project du chanteur Maynard James Keenan, où il collaborera notamment avec Billy Howerdel et Alan Moulder (de l'équipe de mixage de Nine Inch Nails), rencontrés suite au passage de Tool en première partie de NIN lors de la tournée d'été de la bande à Trent Reznor. Beaucoup plus « people » qu'Ænima, un peu pop par endroits mais toujours très bon. Rose et Breña sont très belles.

Salival (2000) et Lateralus (2001)

2000 : toujours pas d'album en vue, mais un DVD, Salival, dans lequel on retrouve des choses sympas comme des clips ou des lives (sniff, je ne l'ai pas, ce DVD, alors je ne peux pas en dire beaucoup plus, mais si une âme charitable a l'intention de me l'offrir pour Noël, y'a pas de problème).

5 ans après Ænima, on a enfin droit à un nouvel album. Il se nomme Lateralus, et ceux qui avaient peur d'être déçus après le triomphe d'Ænima peuvent se rassurer. Le premier mot qui me vient à l'esprit quand je parle de Lateralus, c'est « psychédélique » (y'a qu'à mater la pochette). C'est sublime, le meilleur album du groupe selon les critiques (moi je préfère Ænima, mais bon).

La chanson d'intro The Grudge est bourrine à souhaits. La suivante, The Patient, est littéralement transcendante. Schism, le 1er single, puis Parabol et Parabola, complémentaires et excellentes. Un Ticks & Leeches rageur à souhaits, alternant rythmes mélodiques et cris hallucinants. Lateralus (et pas « Lateralis » comme indiqué sur la version française de la pochette, grrr...). Et le trio final Disposition, Reflection et Triad — jamais trois chansons n'ont été aussi complémentaires. Si ça c'est pas de l'art...

On peut tout de même regretter une piste cachée un peu n'importe quoi et un interlude raté (d'après ce que j'ai compris, Maynard aurait enregistré des miaulements de son chat et aurait mixé le tout !!??). Mais bon, par rapport à la qualité globale de l'album, c'est rien du tout.

Pourquoi Tool est incontournable

Voilà, pas d'album prévu pour le moment. J'espère qu'ils ne vont pas nous faire attendre 5 ans comme la dernière fois. En attendant, il faut que je me trouve le DVD pour patienter, sinon je vais pêter un câble.

Pour finir, une petite phrase qui n'est pas de moi mais que j'ai trouvée sur un site en traînant sur Internet et qui décrit superbement le groupe :

« Keenan a peut-être vendu son âme au diable, mais si Dieu existe, il doit écouter Tool. »

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mr bibi
Mister Bibi @mr bibi
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