
Depuis l'annonce de la formation des Transplants, les rumeurs allaient bon train quant au contenu du premier album de cette réunion improbable entre Travis Barker (Blink-182) et Tim Armstrong (Rancid). Estampillé « supergroupe punk », ce projet était attendu comme une rencontre essentielle entre deux figures emblématiques de la scène. Pourtant, The Transplants n'en est rien — loin du pop-punk édulcoré de Blink-182 et très éloigné du ton typique des créations de Rancid.
Un album punk surprenant et novateur
The Transplants s'emploie à grand renfort à brouiller les pistes. La surprise laisse vite place à la curiosité, puis conquiert dès « Tall Cans In Air » notre intérêt, sans cesse grandissant à l'écoute de ces douze pistes indéfinissables. Le style est foncièrement novateur, diaboliquement festif, difficilement prévisible. On se retrouve rapidement entraîné dans un tourbillon sonore où les genres se mélangent sans complexe, offrant une expérience d'écoute unique et trépidante.
L'album envoie successivement des attaques ficelées à la façon de Fat Boy Slim (« Dj Dj », « California Babylon » mêlant habilement samples à une instrumentation plus organique, furieusement jubilatoire) à des titres décomplexés intégrant sans mal orgue, basse sur « Sad But True » et piano sur le génial « Diamonds & Guns ». Le cocktail séduit. On y découvre aussi le rap de Rob Aston, qui apporte une dimension urbaine et agressive complétant parfaitement le tout. Ses flow percutants et ses textes crus ajoutent une couche supplémentaire d'authenticité à cet hybride musical déjà explosif.
Des collaborations punk de choix

The Transplants compte sur ce premier effort une cohorte de contributions parmi les figures de la scène punk : Davey Havok (AFI), Eric Ozenne (Nerve Agents), sans oublier les incursions de Lars Frederiksen. Ces invités apportent leur touche personnelle, enrichissant la palette sonore déjà large du groupe. La présence de ces guests ne relève pas du simple effet de manche ; chaque intervention est pensée pour servir l'ambiance chaotique et électrique du disque, renforçant l'identité singulière du trio.
L'avenir devrait rapidement consacrer cette initiative audacieuse et insolente. À mettre entre toutes les oreilles !