
On aura attendu 2 ans depuis son précédent album (Sailing To Philadelphia) pour découvrir une œuvre quelque peu déroutante à la première écoute. Mais il faut l'écouter, l'écouter encore, et ensuite on comprend. Les chansons simples sont, tout compte fait, les meilleures — ou tout du moins celles qui restent ancrées au fond du cœur. En effet, qui a un jour eu dans sa tête l'air du morceau "Echoes" de Pink Floyd (qui dure 25 minutes !) ? Non, on fredonne des chansons aux refrains simples. Alors, nous voilà de nouveau à chantonner...
Un album cohérent et harmonieux
On remarque également dans cet album une véritable unité. L'album s'écoute en entier, aucune chanson ne semble ressortir, on n'a nullement l'envie d'en sauter une. Même si, paradoxalement, il se dégage de chaque chanson une identité propre.
Analyse des chansons de The Ragpicker's Dream
Why Aye Man : Une rythmique extraordinaire (parmi les meilleures de Mark Knopfler avec "What It Is" et "Sultans of Swing"), un refrain on ne peut plus simple. Bref, une chanson entraînante logiquement désignée comme single.
Devil Baby : L'une des meilleures, à mon sens. Une guitare langoureuse et simple, toujours au bon moment. On découvre la voix de Mark, finalement belle (comme quoi, arrêter de fumer ne comporte pas que des inconvénients...) et une mélodie magnifique.
Hill Farmer's Blues : Une rythmique de blues assez exceptionnelle, ce qui montre que le chanteur-interprète touche à tout. Une voix mise en valeur par des guitares plus discrètes, sauf lorsqu'il ne chante pas. Un refrain simple, qui semble venu d'ailleurs, et une fin fabuleuse avec l'entrée fracassante de la batterie.
A Place Where We Used To Live : Ici, la voix est seule, enfin seule... Avec l'une des guitares calmes, dans le lointain... Une chanson magnifique, apaisante, ça fait vraiment du bien.
Quality Shoe : Une chanson pleine d'humour, à la fois par la musique et par les paroles. Les quelques phrases suivantes constituent les citations cultes de l'album : "Now I wish you sunny skies and happiness wherever you may go, but you got to realize, there'll be wind, there'll be rain, and occasional snow." Cette idée de chanson lui est venue en voyant un magasin de chaussures douteux qui affichait "ici, chaussures de qualité"...
Fare Thee Well Northumberland : Et une ballade de plus, une ! Que dire de plus... On ne s'en lasse pas.
Marbletown : La chanson la plus représentative de l'album, à mon sens. Mark est tout seul, avec sa guitare, et lance un pied de nez magnifique aux musiques complexes en prouvant que la vérité de la musique réside dans la simplicité.
You Don't Know You're Born : Une chanson énergique et forte, avec un final en solo piqué dont le style unique dans l'album donne un nouveau souffle.
Coyote : Une chanson étrange. En effet, qui aurait pu imaginer qu'un jour quelqu'un écrirait une chanson sur le célèbre tandem Wile E. Coyote et Bip Bip ? Personnellement, j'accorde à cette chanson une tendresse particulière, de par l'admiration que j'ai envers le créateur du cartoon, et également (et c'est lié) car je trouve que l'ambiance et le décor sont superbement restitués musicalement.
The Ragpicker's Dream : Une nouvelle chanson de Noël ? C'est possible ? Eh bien oui. Les mélodies simples et évidentes qui ont bercé notre enfance se retrouvent mises en valeur par cette nouvelle chanson dont la mélodie sublime n'a d'égal que la beauté du texte.
Daddy's Gone To Knoxville Now : La deuxième chanson « humoristique » de l'album, simple et dense, avec plus de solos de guitare par rapport à la longueur de la chanson. Rien de tel qu'une chanson pareille après une dure journée de labeur pour se remettre d'aplomb.
Old Pigweed : L'une des meilleures avec "Devil Baby". Rien à dire, la perfection semble avoir atteint les doigts de Mark...
Conclusion : un chef-d'œuvre de simplicité
Ah là là ! Que dire... Une question me taraude néanmoins : le monsieur sera-t-il capable de ressortir un album meilleur que celui-ci, lui qui dit vouloir toujours faire mieux que le précédent ?