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Musique

The Marriage of Heaven and Hell

The Marriage of Heaven and Hell de Virgin Steele : un power metal épique et progressif porté par le charisme de David DeFeis. Une pépite méconnue qui mérite amplement le détour.

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Et alors ? Et alors, je l'avoue : j'ai manqué de courage.

Oui, j'avais promis d'écrire mon prochain article sur « Walls of Jericho » d'Helloween, ceci afin de boucler mon cycle Kai Hansen. Malheureusement, je ne voyais vraiment pas de quelle façon aborder la galette.

En effet, comment expliquer, voire faire comprendre à l'auditeur non averti que cet album, possédant l'un des sons les plus approximatifs jamais entendus, un chant parfois éprouvant, des riffs répétitifs et un jeu de batterie basique, est une véritable boucherie ? Car il faut bien le dire, Walls of Jericho est l'un des meilleurs albums de speed metal jamais sortis.

Certes, il possède le tubesque « Heavy Metal is the Law », justifiant à lui seul l'achat de l'album. Mais c'est l'ambiance, la bonne humeur et l'énergie dégagées tout au long qui parviennent à convaincre. Une authenticité non pas dans la composition, mais dans l'interprétation. Le tout enrobé d'un humour au second degré, propre au Helloween première période.

Donc, The Marriage of Heaven and Hell Part 2 est la suite de The Marriage of Heaven and Hell Part 1, respectivement sortis en 1995 et 1994.

Virgin Steele : clone de Manowar ou identité propre ?

A priori, Virgin Steele est un clone made in USA de Manowar. De Feis au chant chez le premier, De Maio à la basse chez le second, la lutte entre les deux leaders italos sera sans merci. Mais puisque savoir qui le premier a inventé le moule du guerrier barbare ne revêt pas un si grand intérêt, peut-être vaut-il mieux écrire quelque chose de plus utile :

David De Feis est un excellent chanteur. Loin d'être un simple clone d'Eric Adams, il possède une voix virile, très agressive, complètement excessive tout en restant capable de simuler des chœurs féminins. À vrai dire, rarement un groupe n'aura autant été porté par la symbiose unique entre le chanteur et la partie instrumentale.

Toute la personnalité du groupe repose sur lui, d'autant plus qu'il a pris en charge l'essentiel de la composition et des textes.

Un power metal épique qui évite les clichés du genre

Nous l'avons dit plus haut, a priori Virgin Steele est un clone de Manowar. Mais Virgin Steele, ce n'est pas que cette stupide ébauche de clichés de Conan le Barbare moissonnant ses ennemis par centaines grâce à son épée.

Virgin Steele crée un métal qui se veut épique. Et là, on ne peut s'empêcher de penser avec appréhension à Rhapsody. On se souvient aussi de cet album raté que fut The Triumph of Steel de Manowar. Bref, l'équation metal bourrin + dose d'heroic = grosse daube en puissance ne milite pas en faveur du groupe.

Mais Virgin Steele se donne les moyens d'éviter la plupart des embûches. Déjà, pas de prétentions symphoniques à la Rhapsody : la musique est et reste basée sur de gros riffs lourds, dans le plus pur esprit power metal. On ne cherche pas à gruger l'auditeur. Il y a même les claviers bien gras façon « Heart of Steel » !

Des textes au-dessus de la masse

Ensuite, sur ce noyau heavy tout ce qu'il y a de plus caricatural, avec un son garage que ne renierait pas Metallica première période, De Feis nous greffe des textes de qualité.

Alors, oui, ces textes sont toujours dans cette thématique « anges et démons » propre au courant musical, mais pour une fois, ils ne sont pas ridicules. C'est crédible, suffisamment au-dessus de la masse en tout cas.

Et l'album, qui est un concept-album, ne parle pas des habituels héros chevauchant leurs montures à bride abattue, mais met en scène des personnages mythiques ou mythologiques. D'ailleurs, Virgin Steele est aussi l'auteur d'une saga fantastique : La Maison des Atréides (la guerre de Troie, pas le cycle de Dune). On sort de la facilité du néo-tolkienisme.

Une touche progressive bien dosée

Mais des textes de qualité, un superbe chant et des thématiques intéressantes ne suffiraient pas si ne venaient s'ajouter au heavy de base un petit côté progressif. Un peu comme pouvait l'être un morceau d'Angra ou de Shaman, c'est-à-dire modérément. Juste ce qu'il faut.

Ce sont tout simplement des changements, des variations, de bonnes idées qui viennent vous remettre à votre place alors que votre attention commençait juste à laisser place à la monotonie.

Des rythmiques implacables, l'absence totale de double pédale, cette impression que le métronome s'abat avec la précision d'un chirurgien et la puissance d'un marteau. Et le chant complètement déjanté de De Feis.

Est-il encore besoin de rappeler que, contrairement à Rhapsody, les breaks ne sont pas complètement ridicules ?

Un point noir à noter : les solos ne sont pas bons, vraiment pas. Encore un point commun avec Manowar. En même temps, ce n'est pas ça qui va plomber l'album.

Partie 1 vs Partie 2 : quelles différences ?

Cela étant, aussi paradoxal que cela puisse être, The Marriage of Heaven and Hell Part 2 est assez différent du premier opus.

Ce dernier était surtout composé de chansons courtes (6 minutes maximum) et assez simples, sans artifices, avec tout de même quelques bonnes idées, mais qui restaient discrètes.

C'est d'ailleurs pour cela que j'ai longtemps hésité, malgré mon engouement réel pour cet album, à acheter la seconde partie. Je me disais : si la suite est dans le même style, cela va devenir répétitif.

Là, un jour, sans savoir pourquoi, The Marriage of Heaven and Hell Part 2 est arrivé sur mon bureau.

Une évolution lyrique et variée

Cet album est très différent du premier. La longueur des pistes est plus variable, le côté symphonique plus poussé — un peu trop même vu les moyens modestes mis en œuvre, mais on évite la catastrophe —, et surtout, le côté progressif est beaucoup plus présent.

En deux mots : c'est plus lyrique et varié. Et c'est une très bonne surprise.

Cet album est vraiment bon. Si je devais mettre une note, ce serait certainement 7/10. Ah mais, attention, c'est un 7/10 qui dissimule des hauts et des bas : si l'album avait été débarrassé de ses pistes les plus faibles, il aurait facilement atteint le 8.

Les pistes faibles de l'album

Au chapitre des déceptions, il y a notamment les 3 dernières : « Unholy Water », « The Marriage of Heaven and Hell Revisited », et surtout « Victory is Mine », aussi kitsch qu'un anime japonais des années 80. Au moins garde-t-elle cette qualité : elle peut faire rire.

Et puis, ces pistes ont le bon goût d'être à la fin de l'album, toutes groupées comme il se doit. Et comme je l'ai toujours dit, un album sans daube, c'est louche : quand aucune chanson n'est mauvaise, c'est généralement qu'aucune n'est vraiment bonne.

Mais il n'y a pas que des échecs, il y a aussi des pistes moins réussies. On trouve les deux pistes précédant les 3 dernières (il y a au total 13 chansons sur l'album), à savoir « Strawgirl » et « Devil/Angel », ainsi que malheureusement la première piste « A Symphony of Steele », assez agaçante mais avec de très bons passages aussi, notamment l'introduction.

Emalaith et les points forts de l'album

Reste les autres chansons, toutes de grande qualité, avec une mention spéciale pour la plus longue, « Emalaith », qui a en outre le bon goût de ne pas être placée à la fin de l'album, mais aux deux-tiers (8ème position). Elle contient notamment un passage avec un thème récurrent issu du premier album.

Au final, dans un genre où les clones sont légion, cet album est une très bonne surprise. Et il possède cette caractéristique fantastique de porter à la fois haut la marque de son style musical tout en ayant des qualités propres.

En cela, je suis tenté de comparer De Feis, non pas à De Maio, mais à André Matos. Et à ce propos, le dernier Shaman est un album très agréable, dont je recommande chaudement l'achat.

Mais si vous voulez posséder un album digne de représenter le style power metal, aux côtés de Kings of Metal, The Marriage of Heaven and Hell de Virgin Steele est un choix plus que conseillé.

Un très bon site sur le groupe : http://home.nikocity.de/virginsteele/

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