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Musique

Stateside : Phonograph

Stateside signe avec Phonograph l'album rock de l'année : un son imprégné des Rolling Stones, des Byrds et des Kinks. Analyse track par track d'un disque incontournable.

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Remarqués en 2002 grâce à un premier album très convaincant (Twice as gone), le groupe de Nashville Stateside publie son deuxième album, avec le guitariste-chanteur-compositeur John Paul Keith comme seul membre originel encore dans le collectif.

L'histoire de Stateside : renaissance et nouvelle formation

Après la sortie du premier album en Europe, les membres de Stateside se voient offrir l'opportunité de tourner aux États-Unis avec le génial Ryan Adams, qu'ils ont déjà épaulé sur deux titres de l'album Demolition. John Paul Keith ne prend pas part à l'aventure, et Stateside se retrouve en difficulté avec le départ des trois autres membres du groupe.

Toutefois, à l'automne 2002, John Paul Keith — alors installé à New York dans l'espoir de trouver un nouveau groupe — reçoit un appel de Philip Shouse, guitariste dont le groupe Girlfriend Voice vient de se séparer. Ce dernier lui propose de s'associer à lui et trois autres musiciens de Birmingham, en Alabama. John Paul part donc auditionner avec le groupe et sait dès la première répétition qu'il a trouvé ce qu'il recherchait.

Une nouvelle formation rock prête à en découdre

Le nouveau Stateside est né, se composant de Philip Shouse à la guitare lead, Nikolaus Mimikakis à la deuxième guitare, Greg Slamen à la basse et Thomas Mimikakis (frère jumeau de Nikolaus) à la batterie. Et bien sûr, il y a toujours John Paul Keith à la guitare et au chant.

Le groupe donne rapidement une série de concerts incendiaires pour — enfin — promouvoir le premier album, et passera même par l'Angleterre pour deux dates.

L'enregistrement de Phonograph : un processus artisanal

Après ces échauffements, le groupe décide de se mettre au travail pour un nouvel album. Plusieurs chansons seront finalement enregistrées dans un processus qui durera plus d'un an, le groupe ayant choisi de tout enregistrer « à la maison », sans aide extérieure.

Cependant, en juin 2003, Philip Shouse, contrarié par la nouvelle direction musicale que prend le groupe, décide de quitter Stateside à l'amiable. Il trouvera finalement le succès au sein d'une autre formation de Nashville, The Taste, dont le premier album est prévu pour la fin de l'année.

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Désormais stabilisé autour des quatre membres restants, Stateside est devenu une force rock prête à tout exploser sur son passage.

Sortie et réception de l'album Phonograph

L'album s'appelle finalement Phonograph, et il est sorti en avril aux États-Unis, unanimement acclamé par la presse locale. Il bénéficie également d'une distribution sur tout le territoire américain via le label indépendant Action Driver.

Pour promouvoir l'album, le groupe embarque dans une mini tournée américaine après avoir joué en première partie des Drive by Truckers et des Kings of Leon. Partout, la réponse du public est plus que positive : gageons que le bouche-à-oreille permettra à l'album de créer une jolie surprise.

L'album sortira en Europe le 5 juillet sur l'excellent label Fargo Records. Pour peu qu'il puisse se faire entendre sur notre continent comme il le mérite, en profitant de passages en radio et en donnant une série de concerts à l'automne, le destin du groupe semble promis à un bel avenir.

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Phonograph : analyse track par track

Maintenant, arrive la tâche difficile de vous donner envie d'écouter (ou plutôt d'acheter puisque l'un ne va pas sans l'autre désormais) cet album.

Imaginez les Rolling Stones (période Sticky Fingers / Exile on Main Street) s'ils avaient été élevés au sud des États-Unis... Et imaginez la classe des Kinks, la fascination des Byrds pour la country, le raffinement de Tom Petty... Voilà pour le contexte...

L'album comprend au total 11 titres, sur lesquels Stateside donne une leçon de rock parfaite à tous points de vue.

"Fool On A Wire" : l'ouverture Stonesienne

Du rock façon Stones bien sûr, avec le titre d'ouverture de l'album, "Fool On A Wire". Impossible de ne pas se laisser entraîner par son refrain accrocheur et ses petits « trucs » qui font toute la différence entre un bon groupe et un excellent groupe... Comme par exemple la partie de sax jouée à la fin du titre, évoquant le meilleur de Bobby Keys sur le meilleur album des Stones (Sticky Fingers).

"Time Time Time" : rock épique et psychédélique

Du rock toujours, façon épique avec la deuxième chanson, "Time Time Time", et son intro psychédélique, son riff accrocheur et son refrain presque nostalgique... Et encore un truc génial, un petit solo joué à l'orgue, instrument qui donne à l'ensemble de l'album une couleur vraiment seventies...

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"Baby Goodbye" : ballade en mid-tempo

Arrive ensuite un morceau chanté par Nikolaus Mimikakis, plus lancinant, "Baby Goodbye". Tout en mid tempo, c'est une ballade tout en nuances qui permet de relâcher quelque peu l'atmosphère avant le débarquement des meilleurs titres de l'album !

"Phonograph" : le titre éponyme qui fait vibrer

Rock à fond les manettes avec le quatrième titre, qui donne son nom à l'album, "Phonograph". Comment ne pas se laisser entraîner par son intro métronome jouée à la perfection à la batterie, son riff imparable... Une chanson dans laquelle bon nombre de fans de musique et amoureux du disque se reconnaîtront avec ses paroles passionnées (« Oh I spend my pay on you / Just to hear a sound come true »).

"Light Years Away" : l'émotion à l'état pur

La chanson suivante, "Light Years Away", est de nouveau chantée par Nikolaus, dont le grain de voix sied parfaitement à cette émouvante complainte désespérée. Composée en binôme par Nikolaus (musique) et John Paul (paroles), c'est peut-être la chanson la plus émouvante de l'album, tant elle est chantée avec foi.

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"Belle Of The Ball" : fureur hard rock

Et tout le génie de Stateside arrive ensuite, avec une alternance brillante entre une chanson qui prend aux tripes et une soudaine virée dans son penchant hard rock, avec "Belle Of The Ball". Une chanson qui ne laisse pas le temps de reprendre son souffle, pleine de rage, et tellement tendue que le break d'une note jouée à l'orgue évoque l'instant où le gangster a le doigt pressé sur la gâchette, juste avant de faire feu. Avec une réelle performance de John Paul Keith au chant : une voix à la limite du chant et du hurlement. Terriblement convaincant.

"I Don't Mind" : le hit potentiel

À la fin de ces 2 minutes 36 de fureur, débarque le hit potentiel de l'album, la chanson qui ferait un carton si elle passait sur Europe 2, le slow sur lequel tout le monde a dansé au moins une fois dans sa vie avec quelqu'un dans ses bras et un rêve dans la tête... Chanson mielleuse et sucrée aux paroles magnifiques de simplicité qui la rendent si touchante, "I Don't Mind" est la déclaration d'amour que tout le monde rêve d'écrire un jour, dite avec le bon ton...

"We Will Find A Way" : country-rock magistral

Arrive ensuite un autre point culminant de l'album, "We Will Find A Way", un titre country-rock évoquant les Byrds, ou les Stones de Beggars Banquet, transcendé par des parties de guitares façon Taylor/Richards d'Exile On Main Street. Ce titre est tout simplement magnifique. Tout en simplicité, et pas si évident que ça. La chanson à écouter le matin pour partir du bon pied.

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"Song In D" et "Stranded" : psychédélisme et alternative country

Psychédélisme ensuite, avec "Song In D", chanson sans prétention autre que d'être un bon moment musical chantée par Nikolaus. C'est comme un crescendo progressif de 3 minutes, qui est de nouveau une très bonne transition avec la chanson suivante.

"Stranded" est un morceau d'une pureté rare, qui permet à Stateside de rivaliser avec les meilleurs groupes d'alternative country. Titre très dépouillé avec quelques parties de guitare folk, de piano, et surtout une superbe partie de pedal steel à pleurer, qui nous transporte instantanément sur les longues routes désertes du sud des États-Unis. Impossible de ne pas avoir de frissons en écoutant cette pépite.

"Ever/After" : conclusion en beauté

Dernière chanson de l'album, "Ever/After" combine toutes les forces de Stateside, et s'avère en quelque sorte être une synthèse de la démonstration, parfaite conclusion des 40 minutes passées avec un groupe d'esthètes au meilleur de sa forme. Comme une belle façon de refermer un livre d'histoires, en restant un brin songeur, tellement c'était bien...

Pourquoi Phonograph est l'album rock de l'année

Pour conclure cet article, sachez que cet album est sans doute l'album de l'année. Pour la simple et bonne raison que Stateside ne cherche pas à révolutionner quoi que ce soit, ni à se poser en nouveau groupe à sensation ou nouveaux leaders de la nouvelle vague rock. Ce groupe est au-dessus de tout ça. C'est juste un groupe de musiciens passionnés par la musique rock, soudé, et heureux de jouer ensemble (et ça, ça s'entend sur l'album).

Phonograph est peut-être le dernier espoir des amoureux de la musique. Un disque à écouter d'urgence donc.

Toute l'actualité de Stateside sur le site statesiderocks.com.

Photos : Shawn Avery

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