
Tracklist de l'album
- Prelude
- The Blister Exists
- Three Nil
- Duality
- Opium of the People
- Circle
- Welcome
- Vermilion
- Pulse of the Maggots
- Before I Forget
- Vermilion Pt. 2
- The Nameless
- The Virus of Life
- Danger – Keep Away
Line-up du groupe
- Sid Wilson – DJ/Samples
- Corey Taylor – Chant
- Joey Jordison – Batterie
- Chris Fehn – Percussions
- Shawn Crahan – Percussions
- Craig Jones – Programmeur/Samples
- James Root – Guitare
- Mick Thomson – Guitare
- Paul Gray – Basse

Premières impressions : un Slipknot assagi ?
J'avoue être resté franchement pessimiste face à cet album qui, pour moi, signifiait l'arrivée d'un Slipknot plus calme, donc plus mou, plus abordable, plus « fashion »… Bref, le renouveau d'un Slipknot insignifiant. Mettons ces préjugés de côté pour l'écoute de cet opus.
Écoute : entre puissance et déception
Dès le début, on en prend plein la figure — il faut bien oublier cette intro plus que ridicule — avec un titre très puissant aux guitares aux sonorités catchy et sales : « The Blister Exists ». Ce morceau s'inscrit plutôt dans la veine d'Iowa, le précédent album des neuf américains. Break de batterie ultra bien maîtrisé (on connaît assez bien les capacités de Joey Jordison) et guitares saturées qui partent un peu dans tous les sens, sans réel sens de la mélodie instrumentale. Eh oui, c'est bel et bien du néo-métal ! Assez facile, certes, avec un léger soupçon de death, mais ça reste du néo.
« Three Nil » s'inscrit dans la continuité du précédent, avec un son plus crade qui lui enlève ce pré-charme qui m'avait tant attiré, malgré un bon riff bien Slipknot en guise d'intro. Les paroles, assez faibles, disent dans un style assez poli (oui, Slipknot a mûri) : « Je suis ce que je suis et j'emmerde ceux qui m'aiment pas »…
L'évolution du chant de Corey Taylor
Petite remarque sur le chant égosillé de Corey : le chanteur du groupe, en plus de chanter de plus en plus calmement et de créer une mélodie assez attachante, a perdu son ancien gueulage qui provenait des profondeurs de sa gorge. À présent, il semble ne plus arriver à broyer ses amygdales comme il le faisait auparavant.
Duality et l'aspect instrumental
Le titre suivant, « Duality », est assez étrange. Avec des couplets « parlés » et un refrain bien chanté, aucune trace d'une sonorité thrash/death. Il n'y a rien d'exceptionnel instrumentalement, même si le riff est assez entraînant. Ça reste quand même un single.
En parlant du niveau instrumental, on entend pratiquement pas les performances de notre cher Sid Wilson qui parvenait pourtant à donner aux chansons une ambiance encore plus malsaine qu'elle ne l'était. Néanmoins, les guitares prennent de l'ampleur et quelques courts solos arrivent à être insérés. Des solos assez brouillons, rapides, non mélodiques, mais qui arrivent à casser les longs moments « chiants » de chant pour démontrer les capacités techniques des deux guitaristes que l'on ignorait totalement auparavant.
Vermilion : l'originalité au rendez-vous
On retrouve sur cet album un concept assez intéressant : une chanson divisée en deux parties, Vermilion. Si ces morceaux ont de l'importance à mes yeux, c'est que j'ai l'impression qu'ils sont les plus originaux de cet album, avec des caractéristiques assez fantomatiques, angoissantes, parvenant à créer un univers troublant. On rejoint un peu l'univers de Marilyn Manson à la manière de Slipknot. De plus, de belles paroles renforcent cette impression spectrale.
Les ballades : une expérience risquée
Autre chose assez exceptionnelle : Slipknot tente des ballades. Bien sûr, tout y est : chant émouvant, violons en samples, guitares acoustiques et lyrics à l'eau de rose. Un titre comme « Circle » devient plus risible qu'expérimental (même si la ballade Vermilion Pt. 2 est assez réussie).
Bilan final de l'album
Il y a le côté moins intéressant, très Slipknot, assez longuet et lourd (Pulse of the Maggots, Before I Forget, Three Nil). Cependant, de bons titres rentre-dedans arrivent à être intéressants et à déjouer l'infâme maléfice d'une routine peu riche musicalement parlant (Welcome, The Blister Exists).
Assurément, la plage 12 apporte le titre le mieux façonné de l'album, et probablement le second tube de l'opus : The Nameless. Assez speed et hurlé, agressif, mais qui porte un refrain totalement loufoque accompagné d'une guitare claire et d'un chant calme et posé. Un titre assez étonnant mais terriblement efficace. Et pour clôturer ce disque surprenant, une outro toute aussi ridicule que l'intro.
Au final, on retrouve un Slipknot plus calme, plus réfléchi, plus technique, mais aussi moins nostalgique avec ses racines assez déchirées et des titres tous prêts à devenir des singles potentiels.
Note : 13,5/20
Morceaux préférés
- Opium of the People
- Vermilion et Vermilion Pt. 2
- The Blister Exists
- The Nameless