
Liste des titres de l'album Iowa
- (515)
- People = Shit
- Disasterpiece
- My Plague
- Everything Ends
- The Heretic Anthem
- Gently
- Left Behind
- The Shape
- Skin Ticket
- New Abortion
- Metabolic
- Iowa
Line-up du groupe Slipknot
- Corey Taylor – Chant
- Mick Thomson – Guitare
- Craig Jones – Samples
- Sid Wilson – DJ
- Joey Jordison – Batterie
- Shawn Crahan – Percussions
- Chris Fehn – Percussions
- James Root – Guitare
- Paul Gray – Basse

Contexte et style musical d'Iowa
Slipknot, groupe le plus controversé du neo-metal (cf. Fury Fest), fut l'un des premiers à intégrer des sonorités extrêmes à un genre qui n'en faisait pas usage (hormis Soulfly). Cet album est loin de faire dans la dentelle, contrairement au successeur qui viendra adoucir les esprits.
On se surprend facilement à headbanguer, entraîné par des riffs super accrocheurs. Le groupe ne bénéficie pas forcément d'une notoriété sincère malgré son succès mondial, mais les musiciens ne jouent pourtant pas les innocents. Les riffs sont très inspirés, bien qu'un peu linéaires et peu mélodiques. Les parties de batterie constituent une démonstration technique monstrueuse. Joey Jordison est assurément l'un des meilleurs batteurs dans son genre.
Analyse track by track d'Iowa
L'album débute avec une intro complètement absurde, digne du comportement parfois exécrable du groupe. On entend des sortes de gargouillis ou vomissements indescriptibles – dans le genre « plus dark pour paraître plus bête », on ne fait pas mieux.
Mais on se reprend vite avec l'intro massive de « People = Shit » : un double coup de grosse caisse suffit à vous avertir du danger, surmonté d'un riff super puissant comme le neo-metal sait si bien en faire. Lourd et puissant : voilà la description de Slipknot à cette époque. Les hurlements de Corey bordent les paroles brutales d'une once de violence et d'une attitude rebelle.
À partir de là, on comprend facilement le succès de ce groupe : hymne à la décadence et à la violence d'un accès plutôt facile, Slipknot n'aura pas fini de séduire les jeunes révolutionnaires.
« Disasterpiece » joue plus sur les ambiances que Sid orchestre avec sa platine, même si de nombreux blast beats de batterie viennent vous clouer à votre siège. Cette chanson est la plus complète par son ambiance schizophrénique et sa réussite malsaine.
« My Plague » est un excellent single avec un riff death en guise d'intro et des basses super puissantes. Un refrain accrocheur, comme Corey saura le faire plus tard à la perfection – ses parties de chant clair étant déjà un point fort de Slipknot.

Les points faibles de l'album
Beaucoup de gâchis résident malheureusement sur ce disque et l'ambiance trop headbanguage est un peu trop présente. On aurait tendance à dire que Slipknot est un groupe de scène plus qu'autre chose. « Everything Ends », « Skin Ticket » ou encore « New Abortion » sont des exemples de brutalités simples et inutiles que l'on parsème de « fuck » et « shit » (et ouais, ça fait plus true).
Les titres incontournables d'Iowa
« The Heretic Anthem » reste pourtant très bon malgré le stéréotype nihiliste pseudo-satanique dans lequel s'enferme le groupe. On ne peut pas ignorer le refrain au point de vue ridicule (« If you're 555, then I'm 666 »... cela mérite la consternation), mais le tempo est soutenu et aurait tendance à nous faire penser à Sepultura par cette puissance illimitée. Les riffs sont beuglants, traversés par de courtes apparitions du DJ. Le morceau est mené par une batterie implacable.
« Gently » est le titre le plus progressif de l'album. Il commence par une basse très lourde et déboule sur des chuchotements de Corey pour une expérience qui donne l'impression d'exploser. Finalement, elle s'irradie sur un final dans la violence à 3:40. Un titre qui aurait pu être original s'il n'avait pas fini sur une conclusion très Slipknot avec des chœurs de hurlements...
« Left Behind » est un deuxième single avec un riff très accrocheur et un couplet chanté/hurlé à la façon neo. Le refrain fait dans la facilité, voire dans le kitsch, avec la méthode inverse du couplet et une double pédale de Joey ultra-prenante. Les riffs sont excellents avec une touche de thrash dans leur sonorité (n'oublions pas que la moitié des membres de Slipknot sont fans de Metallica).
Bilan final de la critique d'Iowa
L'album fait tout de même dans la simplicité en proposant des titres efficaces et linéaires, pour s'achever sur toujours la même impression de « déjà entendu ». Ainsi, « The Shape » et « Metabolic » ne sont que très peu intéressants et ont une approche plutôt simpliste.
Même le morceau « Iowa », qui pourtant avec son approche pesante aurait pu avoir une très bonne place, me semble souffrir d'une apparence trop prononcée, genre « je suis méga malsain »...
Cet album est écrasant mais parfois trop kitsch. Au final, on en retiendra le succès et surtout les parties de batterie monstrueuses, mais l'album souffre de trop de stéréotypes pour parvenir à être véritablement intéressant. Un album bon mais très superficiel.

Note : 12.75/20
Morceaux préférés :
- The Heretic Anthem
- Left Behind
- People = Shit