
Liste des titres de l'album
- War Ensemble
- Blood Red
- Spirit in Black
- Expendable Youth
- Dead Skin Mask
- Hallowed Point
- Skeletons of Society
- Temptation
- Born of Fire
- Seasons in the Abyss
Line-up de Slayer
- Tom Araya [Chant & Basse]
- Kerry King [Guitare]
- Jeff Hanneman [Guitare]
- Dave Lombardo [Batterie]

Un classique incontournable du thrash metal
Considéré comme un grand classique du thrash, Seasons in the Abyss incarne parfaitement un thrash violent et sans compromis. Les musiciens de Slayer, qui ont poussé la musique à l'extrême avec les précédents opus Reign in Blood et South of Heaven, signent ici un disque qui conserve la rage profanatrice et extrémiste de Reign in Blood tout en ajoutant une touche de mélodie et de riffs inspirés.
War Ensemble : une ouverture explosive
Les hostilités débutent avec « War Ensemble », dans la lignée d'un « Angel of Death ». C'est-à-dire : un titre 100 % efficace. Le riff est suprême et nous envoie une baffée majestueuse après un roulement de batterie intensif. La rage de Reign in Blood est toujours présente chez le mythique Slayer. Ce riff si lourd, si rapide, est la signature du groupe. Lombardo fait un travail colossal sur ce titre, toujours aussi impressionnant, mais le jeu de King reste le plus intense avec un solo qui commence en tapping pour déboucher sur une explosion thrash. L'amorce est donnée. Mais attention : ce titre n'est que peu représentatif du reste de l'album.
« Blood Red » est un titre simple et percutant qui s'inscrit aussi dans la lignée d'un « Piece by Piece » ou « Necrophobic ». Le solo de Hanneman est particulièrement réussi, avec quelques effets de distorsion sur la guitare.
Des paroles sans compromis
Côté paroles, pas de quoi se rassurer : Seasons in the Abyss reste loin d'être un recueil de comptines pour enfants. On y trouve des hymnes anti-religieux, anti-conformistes, ou simplement des évocations sanglantes et guerrières…
La production est légèrement énervante, le son de batterie étant trop contenu. Ce disque révèle cependant un trait qui aura son importance dans les albums à venir : la nouvelle utilisation de la voix d'Araya. Celui-ci ne se contente pas de hurler comme un dément (même si on adore ça) mais pose quelques parties mélodiques, comme sur « Expendable Youth » ou le titre éponyme, bien que sa voix reste limitée dans ce registre.
Spirit in Black : un riff anthologique
« Spirit in Black » est loin d'être une débauche musicale. Le riff est tueur, rivalisant avec les créations de Mustaine ou Hetfield. La chanson est en constante progression, passant d'un tempo plutôt lent (dans le sens « Slayer » du terme) à un tempo extrêmement rapide sur lequel se joue un riff en mitraillette. La mélodie n'est jamais oubliée, mais on reste dans l'idée reçue d'un thrash dépourvu de sympathie. La hargne de ce titre est tellement délectable que l'on ne s'en lasse pas. King fait ici preuve de grandes qualités techniques.

Expendable Youth : du lourd et de l'efficace
On passe à du très lourd avec « Expendable Youth », qui comporte aussi un riff à couper le souffle. King est une boîte à riffs impressionnante, mais celui-là est tout particulièrement appréciable. La chanson en elle-même n'est pas indispensable, on ne peut pas parler d'exploit technique, mais la voix d'Araya nous gratifie d'un refrain que l'on s'autorise à scander pendant les grands moments de solitude.
Skeletons of Society et Temptation : les titres plus faibles
Seuls deux titres restent à critiquer sur ce disque : les décevants « Skeletons of Society » et « Temptation ». King ne se débrouille pas très bien au niveau de la composition sur ces morceaux, car ils manquent de rebondissements et ne possèdent pas le charme permettant d'imprimer le moindre attrait dans nos mémoires. Cela reste de l'efficace, mais sans purger la cervelle.
Dead Skin Mask : un monument de l'album
« Dead Skin Mask »… Un des titres phares de la discographie de Slayer. Le riff (oui, je me répète) est immortel. Le travail d'Hanneman sur ce titre est tout simplement tétanisant. Le fanatique de la Seconde Guerre mondiale a créé ici un hymne inégalable. Même le chant d'Araya semble passer pour un arc-en-ciel sous la rythmique infernale de Lombardo. Le refrain reste ancré comme une image indélébile et le tout repose sur ce jeu de guitare impressionnant du duo infernal. Cette fois-ci, les deux restent impressionnants : après un tapping de King, Hanneman se lance dans une montée qui ressemble à l'éruption d'un volcan à toute vitesse.
Hallowed Point et Born of Fire : deux titres excellents
« Hallowed Point » et « Born of Fire » sont deux titres excellents qui reflètent la personnalité de Slayer en grand. Les deux n'ont pas trop de complexes et conquièrent l'écoute avec grâce. La fin de « Born of Fire » ressemble à une explosion de solos sous les hurlements d'Araya, tandis que « Hallowed Point » nous sert pas moins de 4 solos.
Seasons in the Abyss : le joyau mystérieux
Le titre éponyme reste pour moi le plus mystérieux, avec cet arpège glaçant qui vient casser l'angoisse. Un morceau qui mérite toute l'attention car il s'inscrit dans un registre moins stéréotypé, avec des lignes de chant voraces et écorchées qui s'ancrent durablement dans nos cerveaux. Ici, c'est Hanneman le maître avec un des solos les plus mémorables de Slayer, exploitant plusieurs styles de technicité. On attend encore un successeur à ce dernier « vrai » album de Slayer capable de détrôner ce titre !
Note finale : 18/20
18/20

Morceaux préférés
- War Ensemble
- Spirit in Black
- Expendable Youth
- Dead Skin Mask
- Seasons in the Abyss
- Hallowed Point