
Slaves On Dope propose un compromis très original entre rock, néo metal et thrash soft. Pas assez extrême pour appartenir véritablement à l'une ou l'autre de ces catégories, le groupe présente avec Metafour une identité plutôt personnelle. Un style qui ressemble au néo metal par sa production et sa rythmique, tout en rappelant le thrash/death par le chant – bien que celui-ci ne soit presque jamais agressif.
Le chant est d'ailleurs un facteur clé de la réussite de ce groupe : Jason Rockman possède une vraie voix qui s'exprime merveilleusement aussi bien dans les passages calmes (So Clear, Casualty Of Me, Glass Friend…) que dans les passages les plus durs (September, Columbian Ascot, Caffeine Love Affaire…). Autre force : à la manière de Passengers, Slaves On Dope fait ressortir brillamment ses influences pop lors de refrains généralement mémorables.
Un succès américain paradoxal
Le premier album des Américains avait été un carton aux USA (100 000 exemplaires vendus), aidé en cela par le « parrainage » de Sharon Osbourne. Mais il est étonnant de voir le groupe rester à ce point méconnu en France, car il sonne bien plus européen que la plupart de la soupe néo metal que l'on nous sert.
Ne vous attendez toutefois à une révolution musicale, mais il est clair que Metafour est très prometteur et renferme plusieurs titres de qualité. Dès le premier riff du disque, on s'éloigne du cliché néo metal pour lorgner du côté de la power pop. Et même si le chant de Jason Rockman fait souvent appel à des effets, il n'est jamais véritablement rappé ; mieux, il est complètement percutant sur de nombreux refrains (Casualty Of Me, Drain Me, Pattern, Go). La basse est carrément vrombissante (Poster Boy, Drag Down) et distinctement audible sur tous les titres, se taillant même quelques passages en solo remarqués.
Entre puissance et mélodies accrocheuses
Le groupe livre aussi des passages plus calmes, très « US people lover », comme sur So Clear. Mais ce titre est vraiment plus intéressant que ce que fait Nickelback par exemple. La qualité d'écriture et de chant n'ont rien à voir entre les deux groupes. La recherche constante de mélodie et de riffs efficaces donnent naissance à quelques perles comme Go ou encore Casualty Of Me, remarquable de sobriété. On a l'impression d'entendre une version aboutie de Linkin Park sur cette track qui possède tous les éléments pour s'imposer à la radio (paroles pseudo-rebelles et refrain accrocheux).
Quelques titres inégaux
Par opposition à une musique assez recherchée et bien écrite, Slaves On Dope propose aussi plusieurs chansons franchement moyennes en termes d'originalité… On peut citer entre autres September, complètement téléphonée, un single abêtissant en puissance. Les refrains, lorsqu'ils s'éloignent de l'influence pop, sont assez quelconques (Poster Boy, Drag Down, Caffeine Love Affaire…). Celui de Caffeine Love Affaire est assez typique du néo metal qui prend le dessus sur le reste, à notre grand désarroi. Columbian Ascot serait plus proche d'un Soilwork ou encore d'un Killswitch Engage, mais les couplets ne sont pas à la hauteur du reste du titre. Même Drain Me ressemble à s'y méprendre à une version light d'In Flames.
Verdict final sur Metafour
Globalement, on a affaire à un album qu'il ne faudra pas trop rapidement cataloguer comme un sous-produit américain. Les amateurs de thrash mélodique scandinave ouverts d'esprit pourraient sans problème y trouver leur compte.
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