
Tracklist de l'album To Hell and Back
- The Bitch is Back
- Midnight Madness
- Lead us to War
- Laid To Rest
- Gallowmere
- Return To The Fourth World
- Last Escape
- Wake Up In Hell
- Hanging On The Telephone (Blondie cover)
Line-up :
- Roope Latvala – Guitare
- Alexi Laiho – Guitare
- Marco Hietala – Basse
- Kimberly Goss – Chant
- Tommi Lillman – Batterie

Sinergy : le projet parallèle d'Alexi Laiho
Sinergy. Ce nom pourrait être inconnu au premier abord, pourtant quand on y repense, ça nous dit vaguement quelque chose...
Pour les fans de Children of Bodom comme moi, on pense de suite au projet de l'insupportable chanteur-guitariste Alexi Laiho. Normal que le groupe ne soit pas anodin !
Le père Laiho s'est fait un nom avec deux, trois rythmiques sympathiques et un esprit de synthétisation fort efficace, mais bon, niveau guitare, l'enjeu s'endort inexplicablement dans le jeu de la branlette froide et cassante. Sa place chez Children of Bodom est pourtant justifiée : même si les deux derniers albums sont inintéressants du point de vue des solos de guitare, sa place en tant que chanteur et guitariste rythmique reste hautement légitime. Mais que fait-il donc chez Sinergy ?
Il faut d'abord savoir que le groupe repose encore une fois sur les désirs d'Alexi, presque unique compositeur (pardonnez donc l'effet heavy des chansons). On s'imagine de suite qu'on va avoir droit à la même solution si efficace de Children of Bodom. Bien sûr, le son rappelle directement celui des Finlandais – les riffs et autres sauces de guitare évoquent les cavales du père Laiho – mais l'effet heavy prend ici toute son ampleur.
Un heavy/power metal sans surprise
Exit l'once d'extrême toujours un peu contenue (et conservée par la voix de Laiho) sur Children of Bodom. Ici, on laisse place à du bon heavy/power, mais vraiment pas rafraîchissant. En effet, même si ce disque est plaisant, il n'est vraiment pas original et n'apporte aucune nouvelle vision du metal. On pourrait même se féliciter que ce groupe ne soit en fait qu'un « projet ».
Déjà, le chant de Kimberly (petite amie de Laiho – on reste dans les filets de l'infâme tyran) est très agaçant, sans aucune émotion ni pincement. Il est juste gras et très masculin. On ne peut pas dire qu'elle chante bien : elle a juste un timbre de voix qui sort bien. Sa voix complète parfaitement le côté heavy, rappelant le chant masculin aigu des groupes de heavy anglais.

Les performances guitaristiques sauvent-elles l'album ?
L'effet déroutant de ce disque, c'est que vraiment, la sincérité n'est pas de mise et donne une unique approche : le divertissement. Pourtant, ce disque rajeunit, embellit l'image d'Alexi Laiho aux guitares.
La paire de guitaristes fait fort sur cet album. Il faut avouer que, niveau technique, le duo se débrouille pas mal (il faut placer les harmoniques sur « The Bitch is Back » et le tapping de Latvala sur « Midnight Madness »). On se retrouve même fort étonné avec un Laiho qui se montre expressif : les solos ne sont plus les quelques blocs froids et décevants de Hate Crew Deathroll et Follow the Reaper, mais cachent un très bon jeu inspiré. Il suffit d'écouter la trempe de sweep sur « Lead us To War », le côté rock'n'roll sur « Midnight Madness », et bien sûr l'effet néo-classique mélancolique sur « Laid To Rest ».
Une musique trop axée sur les guitares
Mais c'est bien ça qui fait la faiblesse de Sinergy. Tout est axé sur les guitares, ne laissant qu'une faible part d'expression aux autres instrumentistes. On ne rougit plus devant un chant hors pair ou une batterie impressionnante : tout ça se contente d'être efficace, sans intérêt ni surprises. Même la rythmique de guitare est parfois très répétitive. On ne languit juste que des solos de guitare, aussi filants que déroutants, seul point réellement intéressant de Sinergy.
Verdict final sur To Hell and Back
Cet album est décevant, très linéaire et sans réelle inspiration, très froid et lassant. Bien sûr, cette tonne de défauts que j'énonce ne peut être valable pour tout le monde et certains trouveront ce disque rocambolesque. On est quand même garni par des tubes très efficaces tels que « Midnight Madness », « Laid to Rest » et « Return to the Fourth World » et son riff néo-classique entêtant.
Cependant, je trouve dommage que ce disque puisse arriver à conquérir un large public alors qu'il n'a qu'un effet superficiel, alors que plus d'un millier de groupes sont impatients de montrer au monde entier un son bien plus personnel.

Note : 10/20
Morceaux préférés :
- The Bitch is Back
- Midnight Madness
- Laid to Rest