
Sur Mother Earth sorti en 2001, la composition est généralement basique, et les arrangements, s'ils sont bien présents, restent simplistes. Mais ce n'est pas une critique. Car Within Temptation l'a bien compris : la technique n'est pas une fin en soi. Plutôt que de jouer dans une division supérieure, ils préfèrent assurer dans la leur. Leur atout ? Une chanteuse hors pair : Sharon Den Adel. À mi-chemin entre Doro et Tarja Turunen (de Nightwish), elle possède assurément la plus belle voix des trois. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le reste du groupe sait parfaitement la mettre en valeur !
Mother Earth et Ice Queen : une entrée en matière envoûtante
Dès les premières mesures de « Ice Queen » ou de « Mother Earth », on est subjugué. On a affaire à du métal atmosphérique très calme à inspiration gothique (notamment dans les lignes de claviers). Mais attention, sous cette apparence assez barbare, le groupe reste très accessible. « Ice Queen » (et cela aurait pu être le cas de la majorité des morceaux de ce disque) a bien cartonné dans les charts de nombreux pays européens. Mais cela ne veut pas dire que les amateurs de bonne musique ne peuvent pas trouver leur bonheur sur cette galette. Car ce ne sont pas les qualités qui manquent : une production parfaite, des compositions émotionnelles au possible et des nappes de piano/claviers aussi discrètes qu'excellentes. Le violon fait lui aussi très souvent son apparition, soit pour booster le titre comme sur « Mother Earth », soit pour nous faire carrément verser une larme sur « Our Farewell ».
Les titres plus faibles : simplicité ou facilité ?
Within Temptation, en voulant peut-être trop ratisser large au niveau de son public, nous déçoit dans des chansons vraiment trop simplistes comme « Our Farewell » justement : une ligne de piano et un violon basiques, voilà tout ce qu'il y a pour épauler Sharon dans la première partie du titre. La fin s'achève sur un mid-tempo rythmé à la batterie avec un « solo » de guitare ultra grand public ! Alerte « people » atteinte.
« Caged » s'annonce sous les meilleurs auspices avec son intro flûte. Hélas, ce titre ne convainc pas entièrement, même si on a droit à une Sharon qui conjugue parfaitement douceur avec un zeste d'agressivité. Le refrain reste tout de même assez énervant avec ce combat chorale/Sharon qui pousse de toutes ses forces...
Deceiver of Fools : le sommet de l'album
Deux titres sont assez progressifs : l'un est excellent, et l'autre, « The Promise », est raté. Le chant y est très (trop) aigu et ennuie plus qu'autre chose. Les parties instrumentales quant à elles sont proprement nulles... En revanche, « Deceiver of Fools » avec son intro à la Vangelis est sûrement LE titre de l'album, avec les excellents « Mother Earth » et « Ice Queen ». Après l'intro, Sharon Den Adel chante quasiment a cappella pour mieux enchaîner sur un riff (enfin !) très réussi dans sa rythmique. Mais le meilleur reste à venir : lorsque le titre part pour de bon, Sharon est magistrale, variant les registres avec facilité et décontraction. Le refrain est le seul véritablement mémorable de l'album. Il n'est pas près de sortir de votre tête, et pourtant, là aussi, il est très simple...
Never Ending Story et In Perfect Harmony : des titres passe-partout
« Never Ending Story » et « In Perfect Harmony » tombent peut-être trop dans l'anodin, mais elles se laissent bien écouter tout de même, surtout « In Perfect Harmony » qui clôt l'album assez intelligemment. Elle propose un bon résumé de la musique des Hollandais. La progression du rythme dans cette chanson est réussie, et les paroles (comme sur tout l'album d'ailleurs) sont carrément pipeau : sur les esprits de la Terre, les oiseaux et tout le tra-la-la. On regrette ces mélodies de guitares niaises au possible qui esquissent des solos de bas étage...
Verdict : un album émotionnel porté par une chanteuse exceptionnelle
Un bon album qui détend incroyablement. Sharon Den Adel est une sacrée chanteuse et il serait dommage de passer à côté de son groupe. Celui-ci possède une bonne marge de progression (surtout dans le dosage de la simplicité/technicité) et on ne peut être que confiant vis-à-vis de l'avenir de Within Temptation, car peu de groupes ont une telle fibre émotionnelle dans leurs compositions.
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