
Comment Iggy Pop et Houellebecq ont-ils collaboré ?
En 2009, l'accouplement le plus inattendu est sans doute celui de l'Iguane et de l'Ermite. Iggy Pop publie « Préliminaires », un album en partie inspiré par Michel Houellebecq et son roman d'anticipation « La Possibilité d'une île ».
L'origine du projet : le documentaire « Derniers mots »
La connexion s'établit lors du tournage du film tiré du livre par Houellebecq lui-même. Une équipe de réalisateurs hollandais, menée par Erik Lieshout, réalise en parallèle un « film sur le film » intitulé « Derniers mots ». Ce making-of, filmé au plus près du tournage initial, nécessite une illustration musicale. Lieshout contacte en premier Neil Young, le musicien préféré de Houellebecq. Fidèle à sa réputation d'ours, le « Loner » ne donne pas suite, ce qui oriente l'équipe vers Iggy Pop. Ce remplaçant de luxe accepte le défi et écrit trois morceaux pour la bande originale.
« Préliminaires » : un virage jazz pour Iggy Pop
Malgré une présentation au festival de Locarno, « Derniers mots » voit sa carrière compromise par l'échec du long-métrage. Iggy, quant à lui, met à profit sa lecture du livre pour écrire un album orienté jazz et imprégné de culture française. Ironie du sort, on trouve les germes du son « stoogien » aussi bien dans le blues que dans le jazz, notamment le free jazz ! Houellebecq devient ainsi le fleuron d'une inspiration inattendue. Iggy ne s'en tient pas là : il remonte aux classiques en revisitantd « Les Feuilles mortes » de Prévert et Kosma. Un acte si peu rock'n'roll qu'il risque de faire se retourner dans sa tombe le pauvre Ron Asheton, guitariste des Stooges disparu peu auparavant.