
David Gilmour : Vocals, Guitare
Roger Waters : Basse, Vocals
Richard Wright : Claviers, Vocals
Nick Mason : Batterie, Vocals
Attention tout de même, oreille non avertie s'abstenir, car cet album est certainement un des plus difficiles d'accès que j'aie jamais entendus. Je ne vous cache pas que la plupart des gens à qui je l'ai fait écouter n'ont pas apprécié le voyage musical offert par Waters et consorts, qui nous exposent ici les dommages que peut faire la société actuelle sur la santé mentale des Hommes. À noter que les interprétations des paroles sont ma vision personnelle, il y en a certainement d'autres.
Analyse piste par piste de Dark Side Of The Moon
1a - Speak To Me (Mason)
L'album s'ouvre, chose plutôt étonnante, sur une sorte de pot-pourri des chansons de l'album. En effet, on retrouve la voix déjantée de Clare Torry dans The Great Gig In The Sky, l'ostinato de Money et encore quelques autres. Puis on a droit à une intro somme toute assez classique, sorte de mise en jambe avant le grand saut.
1b - Breathe (Waters-Gilmour-Wright/Waters)
La musique est encore une fois assez simple même si on voit que les musiciens maîtrisent leurs instruments respectifs à la perfection. Les paroles nous parlent ici de la demande constante de plus de travail pour plus de production que demande la société au travailleur lambda.
2 - On The Run (Gilmour-Waters)
La première réaction de n'importe qui (y compris moi) serait de se dire : "Qu'est-ce que c'est ? Techno ? Trance ?". Non, non, c'est bel et bien du Pink Floyd et l'esprit de cette chanson, tel que je le vois, est tout simplement de nous raconter la course effrénée à laquelle la société contraint les Hommes.
3 - Time (Mason-Waters-Wright-Gilmour/Waters)
Au début de la chanson, un ignoble son de pendules, cloches et autres objets métalliques envahit nos oreilles jusqu'au fond de notre cerveau. Ce bruit, je vous avertis, est carrément insupportable. Heureusement, il ne dure que quelques secondes et ensuite on a droit à une musique encore une fois des plus classiques. Les paroles nous racontent ici la fuite inexorable du temps. On voudrait faire tant de choses dès qu'on a un moment de libre, mais on doit aussitôt reprendre nos obligations et l'ennui des journées de travail.
À la fin de la chanson, ça repart sur Breathe pour un couplet de plus qui chante le bonheur qu'on peut avoir à rentrer chez soi après une dure journée de travail.
4 - The Great Gig In The Sky (Wright / "Chant" : Clare Torry)
Au début, rien d'exceptionnel. Un piano et quelques nappes de synthé. Puis arrive Clare Torry et ses vocals complètement déjantés (il faut l'écouter pour comprendre). Le groupe lui avait demandé de rendre sa voix la plus folle possible, et force est de constater que c'est très bien réussi. Pas de paroles, mais cette chanson représente le besoin d'évasion qui se trouve en chacun de nous.
5 - Money (Waters/Waters)
Un des plus grands hits du groupe, mais qui bizarrement s'intègre assez mal musicalement avec le reste de l'album. C'est une chanson exceptionnelle si on la prend toute seule. Tout y est : une rythmique entraînante, des paroles de qualité, un solo de guitare exceptionnel et un saxophone génial. MAIS si on prend l'album dans son ensemble, on se demande ce que cette chanson fait là. Les paroles (ce n'est pas une surprise) dénoncent le dieu-argent qui commençait déjà à sévir au début des années 70.
6 - Us And Them (Waters-Wright/Waters)
Encore une fois, cela reste très simple musicalement (ça doit être pour ça que Money fait tache). Simple mais efficace. Cette fois-ci, Waters (puisque c'est lui qui signe toutes les paroles de l'album) prend pour cible la guerre et en particulier les Généraux qui bougent des lignes sur une carte sans se soucier le moins du monde que ces lignes sont, à un autre niveau, des êtres humains tout comme eux-mêmes.
7 - Any Colour You Like (Gilmour-Mason-Wright)
Là, je vous avoue que je n'ai toujours pas réussi à percer les mystères de ce morceau instrumental. Mais nul doute qu'il doit avoir une grande importance dans l'album. Les claviers sont omniprésents dans le fond, la guitare et la batterie sont toujours aussi bien maîtrisées. De la grande musique tout de même.
8 - Brain Damage (Waters/Waters)
Là, c'est beaucoup plus simple à cerner. Le sujet est devenu complètement abruti par la société dans laquelle il vit comme en témoignent le titre, les bruits de rire malsain dans le fond et cette phrase : "There's someone in my head, but it's not me.". Musicalement, c'est après Money mon morceau préféré de l'album.
9 - Eclipse (Waters/Waters)
Cette chanson nous dit qu'un individu à ce point abruti par la société n'a plus de goûts, plus de sentiments, plus qu'une existence vide. Car tout cela a cours sous le soleil mais "The sun is eclipsed by the moon.". On peut entendre dans le fond la voix de Clare Torry.
Analyse globale de l'album
Un voyage musical qui n'aura duré qu'un peu plus de quarante minutes, mais qui semble si long et si court à la fois. Vous aurez sans doute remarqué que mes analyses des paroles étaient assez fragmentaires. En fait, cet album est VRAIMENT difficile à cerner. Peut-être que quand j'aurai une bonne trentaine d'années de plus, tout m'apparaîtra limpide. Mais il n'empêche que tout ça fait réfléchir. Je ne peux que vous encourager à l'acheter pour vous faire votre propre opinion dessus (et puis Money est une chanson magnifique). Mais ne vous attendez pas à un album rock avec des instruments qu'on peut bien cerner et une alternance Verse/Chorus/Verse/Chorus/Solo/Chorus, vous seriez grandement déçus.
Je viens de relire tout ça et ça me parait vraiment bizarre. Pas mauvais, mais vraiment bizarre. Peut-être à l'image de l'album. En tout cas, j'ai fait de mon mieux :D