
- Roger Waters (basse et chant), David Gilmour (guitare et chant), Rick Wright (claviers) et Nick Mason (batterie) : Pink Floyd.
Comme à son habitude, Roger, leader du groupe depuis le « départ » de Syd Barrett (son état mental s'étant totalement détérioré), nous livre un véritable chef-d'œuvre, concept album reflet de sa vision de la société. Selon le mégalomane psychopathe paranoïaque et détraqué mental qu'est Waters, celle-ci peut se découper en trois parties : les moutons « Sheep », les chiens « Dogs », et les cochons « Pigs ».
Un album qui contient donc cinq chansons. Cinq pièces mises bout à bout pour donner ce qui reste l'un des albums les plus aboutis du Floyd...
Pigs on the Wing (Part 1) : une ouverture en douceur
« If you didn't care... What happened to me ? »... L'album commence tout doucement, Waters n'annonce en rien le déluge qui suivra dans à peine plus d'une minute... Il se contente d'ouvrir, sur la pointe des pieds presque, par une jolie chanson, seul à la guitare acoustique, en oubliant un temps sa voix d'écorché vif. Rien de plus, rien de moins.
Dogs : 17 minutes de rock psychédélique
Bon, là, ça rigole déjà moins ! Gilmour se colle au chant, et nous sert sa plus belle suite d'accords ! Rythme « psychédélico-funky » comme à son habitude (voir « Echoes » sur Meddle !), qui n'enlève rien au côté bien rock de la chanson ! Waters a quant à lui bien travaillé le texte, et en fait des tonnes, en exagérant à peine ! Il voit en les « chiens » qu'il cite ici tous les gens malhonnêtes, qui n'ont pas grand-chose mais qui sont avides de pouvoir, à envier les embourgeoisés que nous verrons par la suite dans « Pigs (Three Different Ones) ». La chanson est longue. Très longue. Les couplets, les refrains s'enchaînent, les solos aussi. 11 minutes. Presque la fin ! On a eu droit à la démonstration de l'étendue des talents vocaux de Dave, de son superbe toucher à la guitare, et d'un (très très) long interlude musical, synthés obligent !... Le rythme de base reprend... Waters reprend la partie chantée ! C'est tout autre chose que la voix douce et presque « suave » de Gilmour, c'est quelque chose, Waters !! « Gotta admit that I'm a little bit confused ». La chanson se finit, après 17 minutes, sur un changement de rythme, et Waters qui s'énerve à balancer des phrases qui commencent toutes par « Who was... ». C'est pas sa faute, c'est un psychopathe, vous étiez avertis !
Pigs (Three Different Ones) : critique sociale acérée
« J'ai cru entendre un petit cochon !! » se dit-on au début de la piste. Ils n'ont en effet pas lésiné sur les effets sonores... Au bord de la faillite, le Floyd après cet album !! Bon, plus sérieusement : attention, chef-d'œuvre !! Peut-être la plus rock de l'album, celle-là ! Encore Roger Waters au chant ! Et il s'énerve ! « Big man, pig man, charade you are ! » ? C'est lui ! Il y regroupe trois types de personnes : premièrement, les embourgeoisés, toujours à la recherche du profit, pas forcément méchants mais trop avides pour se rendre compte qu'ils ont les yeux plus gros que le ventre. Ensuite, les inconscients, riches, qui s'amusent, ne veulent que s'amuser, encore, toujours, et qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Enfin, dans la dernière partie, Mary Whitehouse est directement critiquée. Puritaine et conservatrice, à ne pas confondre avec la maison où habite George Bush, Whitehouse fut une grande militante pour l'arrêt de programmes violents, ou à caractère érotique/pornographique, à la télévision, et au cinéma (elle est aussi à l'origine de la condamnation du magazine militant pour les droits de la communauté homosexuelle Gay News, pour blasphème en 1977)... Bon, visiblement, Roger a une toute autre vision de la chose... Prendre Mary Whitehouse comme exemple est toutefois un bon choix pour pointer du doigt les soi-disant « prudes », qui s'indignent contre la moindre goutte de sang à la TV.
Sheep : la métaphore des moutons
La moins aimée généralement de tout l'album... Sheep est une chanson très réussie, bien rock, puissante, et Waters y chante superbement bien... Mais, voilà, mise à côté de Dogs et de Pigs... Le texte est pourtant très abouti, superbe même. Ici sont pointés du doigt (oui, c'est pas bien de montrer du doigt, mais essayez donc de convaincre Roger sans avoir à esquiver sa main droite !) les « moutons » bien entendu, passifs, inactifs, ils se contentent de suivre le mouvement, le chef, et délèguent leurs cerveaux aux « chiens » et aux « cochons » cités plus haut. Se voilant la face, toujours pensant que rien ne peut les ébranler, corrompus presque. Je ne saurai trop en dire sur cette chanson, le texte parle réellement de lui-même, il faut écouter et lire... De nombreuses références bibliques sont visibles (« I've looked over Jordan and I have seen ! Things are not what they seem ! »). À noter, une petite « boutade » signée Waters, on peut y retrouver un tout petit bout de Dogs... Bref, avant-dernière chanson de l'album, et on ne s'ennuie toujours pas ! Il paraîtrait également que c'est Waters en personne qui fait les bruits de moutons, au début de la chanson !
Pigs on the Wing (Part 2) : conclusion de l'album
Un classique chez le Floyd, découper les chansons en plusieurs parties, « parts », qu'ils disséminent au fur et à mesure tout au long de l'album. Animals se termine donc (presque) comme il avait commencé. « You know that I care what happens to you »... Toujours Waters seul, toujours cette guitare acoustique... Roger termine en beauté, smoothly, tout comme il avait commencé. Les problèmes abordés tout au long de l'album restent bien entendu sans réponse ni solution précises. Mais, Waters a dit ce qu'il avait à dire. Mieux vaut se protéger des cochons ailés.
Fiche technique : Animals de Pink Floyd
Produit par : Pink Floyd
Sorti le : 23 janvier 1977
- Pigs on the Wing (Part 1) [Waters] – 1:25
- Dogs [Waters/Gilmour] – 17:04
- Pigs (Three Different Ones) [Waters] – 11:21
- Sheep [Waters] – 10:23
- Pigs on the Wing (Part 2) [Waters] – 1:24