
- My unwithered shrine [Prologue]
- The whisper of men
- Truth inside the shades
- Niflheim [The eyes that hold the edge]
- Atemporal divinity
- The demise of oblivion
I. At the boudaries of perpetuity
II. The last wish of a tear in silence
Line-up
- Carlos Lozano [Guitare/Chant]
- Miguel Espinosa [Claviers/Chant Guttural et clair]
- Jordi Gorgues [Guitare]
- Toni Mestre [Basse]
- Xavi Pérez [Batterie]

Un style inclassable et novateur
Persefone fait partie de ces groupes qui, tout comme Children of Bodom, restent inclassables dans leur domaine. Le groupe voyage avec des claviers symphoniques et mélodiques, surchargés par de grosses guitares ultra-techniques et accompagnés par des voix black ou death. Pas assez froid pour faire un black technique, mais trop sombre tout de même pour faire un thrash traditionnel. Pourtant, les musiciens détiennent l'exclusivité d'innover à la perfection, si bien qu'on se demande comment les p'tits gars d'Andorre peuvent faire mieux.
Rien n'est mis de côté et, même pour cette première galette, la production est parfaite (on se demande si cela tient vraiment de l'auto-production ?). Déjà, la pochette est très expressive : un immense périple entre une multitude d'influences colorées à la sauce Persefone.

Analyse de l'album
Le disque commence par une introduction banale qui ne renie pourtant pas une certaine tradition de mélodie utilisée dans le black symphonique : une simple intro avec un piano envoûtant. Le tout s'enchaîne très rapidement sur un déluge, un torrent infernal de riffs argumenté par un piano symphonique porteur de mélodie.
"The whisper of men" est un chef-d'œuvre complet. Sa mélodie à faire pleurer les cygnes est digne d'un groupe à haute renommée. Un titre qui va à cent à l'heure et qui, par la complexité de son approche, me rappelle légèrement un Dream Theater. Des envolées grandiloquentes de synthé et un jeu de basse qui galope d'accords en accords à une vitesse hallucinante. Et puis, le meilleur pour la fin, c'est-à-dire un solo mons-tru-eux qui nous dévoile les talents des bien-nés Carlos Lozano et Jordi Gorgues.
L'originalité et les improvisations ornent les morceaux de Persefone, et c'est une vertu précieuse dont il faut abuser. Et bien sûr, ils ne se privent pas de le faire !
"Truth inside the shades" est complètement dans la lignée du premier titre en accentuant plus fort sur les mélodies, avec des claviers plus médiévaux et une recherche plus progressive. Des apparitions de guitares acoustiques teintées de flamenco font une brève apparition sous un solo extrêmement rapide et mélodique de clavier, et la voix claire doublée ne fait qu'engendrer la force et la profondeur de cette écoute mystique. Une voix claire qui n'est pas encore très aboutie mais qui risque de prendre une ampleur phénoménale au fil des années.
Au fil de ce CD, on retient beaucoup de choses, mais surtout ce qui procure cette énergie intense qui s'en dégage : c'est l'énergie et la perfection avec lesquelles il s'écoule.
"Niflheim [The eyes that hold the edge]" montre un côté plus heavy de la facette aux multiples visages du groupe avec un riff totalement accrocheur. Des guitares et basses qui s'entremêlent de manière très professionnelle, faisant l'effet de pas de pluie au milieu d'une rivière. Un morceau qui fut, à ma connaissance, un des premiers du groupe.
"Atemporal divinity" est le titre le plus bizarre du disque et d'autant plus original. Il commence par un mid-tempo assez banal et débouche sur une partie thrash ultra-rapide pour finir sur un solo rempli d'émotions. Le tout est mené par une voix qui, dans un registre black, est certes banale mais hyper-efficace.
Conclusion et bilan
Pour finir la galette, rien de mieux qu'un instrumental en deux parties : une partie très technique et mélodique qui montre tout le pouvoir du groupe à émouvoir sans un brin de voix, et une deuxième partie qui fait plus outro et qui s'écoute très facilement grâce aux guitares acoustiques qui donnent un effet triste et déprimé au morceau.
Bon, maintenant, la partie méchante : j'ai un peu rien à dire à ce niveau-là... Ah ! Si, peut-être le fait que derrière cette once de technicité, les parties de batterie m'ont l'air un peu faiblardes.
Autre point négatif : mon pessimisme face à l'avenir du groupe. Après avoir acquis une telle perfection sur ce CD, il sera très difficile de remettre l'originalité produite et la perfection en jeu, une réponse que seul l'avenir nous dira.

Note : 16.5/20
Morceaux préférés :
- The whisper of men
- Truth inside the shades
- Niflheim [The eyes that hold the edge]
- The demise of oblivion
- Atemporal divinity