
Après le fantastique Draconian Times, le défi était de taille pour les Anglais de Paradise Lost d'accoucher d'un successeur. On peut saluer d'emblée l'excellente initiative de refuser le surplace. En effet, peu de points communs peuvent être trouvés entre Draconian Times et One Second. Ce dernier possède un synthé très présent, ce qui n'était pas le cas précédemment. On n'en arrive pas encore à ce que le groupe proposera sur Host ; toutefois, les synthés sont bien là et force est de constater que la musique des Anglais est bien moins intéressante qu'auparavant.
Un chant clair qui ne suffit pas à sauver l'album
Nick Holmes chante désormais entièrement en chant clair, ce qui est plutôt positif, même si son chant parlé grave me manque quelque peu par moments. Néanmoins, ce n'est pas là que le bât blesse. On dirait que Paradise Lost a perdu le génie qui animait des titres comme « Hallowed Land » ou « Forever Failure » sur l'opus précédent.
Ainsi, bon nombre de titres possèdent des riffs de piano (qui débutent très souvent les morceaux) d'une niaiserie impressionnante. Ils sont tout droit sortis des premiers pas d'un joueur de piano débutant ! C'est simple et moche, ce qui n'est jamais idéal pour entamer des chansons. Par ailleurs, le groupe n'arrive pas toujours à rattraper un mauvais début comme il le fait sur « Say Just Words », très réussie. C'est ainsi que « Another Day », par exemple, est tout bonnement ennuyeuse car ce titre ne comporte pas une once d'imagination. Il a certainement été composé en 5 minutes...
Des expérimentations techno-pop-goth inégales
Les titres plus atmosphériques (qui annoncent bien les prochains albums) comme « The Sufferer » sont plus personnels et plus originaux, mais malheureusement guère plus réussis. Les refrains semblent être toujours les mêmes et, surtout, ils manquent d'intensité et de force. Les expérimentations comme celles que l'on peut entendre au début de « This Cold Life » sont vraiment hors contexte. Si les fans de la première heure entendaient cette catastrophe, ils n'en reviendraient pas.
Dans ces titres « techno-pop-goth », seule « Lydia » est réussie. Cette dernière donne l'impression que plus de travail a été mis en œuvre pour sa composition. Le potentiel du groupe a donc été inégalement exploité.
Les meilleurs titres de l'album
Les titres les plus réussis sont ceux qui s'inscrivent dans la continuation de Draconian Times et qui apportent une petite touche pop nouvelle bien incorporée. « One Second », « Say Just Words », « Sane » et « Blood of Another » sont tous excellents mais, hélas, pas représentatifs du reste du disque, vraiment en deçà de la moyenne. Ajoutons « Lydia » à la liste des bons titres et on a fait le tour des merveilles que ce disque a à offrir.
La principale raison de l'échec, selon moi, est que la voix de Nick Holmes ne fonctionne pas quand elle n'est pas soutenue par l'ensemble des instruments. Or, lors des couplets, elle se retrouve souvent seule avec le synthé et ça ne passe pas.
Un album transitionnel inégal
Des passages comme la fin de « Disappear » auraient pu donner lieu à de bien belles choses, mais on sent que le groupe n'a décidément pas voulu aller au bout du travail. Et ce n'est pas la production remarquable (sauf en ce qui concerne la voix, même si le choix est délibéré) qui va faire passer la pilule.
Cet avertissement aurait dû être pris plus au sérieux car les deux prochains albums ne sont pas exactement ce que l'on peut appeler des chefs-d'œuvre. À côté, One Second fait presque figure d'exemple !