
Tracklist de Cowboys from Hell
- Cowboys from Hell
- Primal Concrete Sledge
- Psycho Holiday
- Heresy
- Cemetery Gates
- Domination
- Shattered
- Clash with Reality
- Medicine Man
- Message in Blood
- The Sleep
- The Art of Shredding
Line-up
- Phil Anselmo – Chant
- Dimebag Darrell – Guitares
- Vinnie Paul – Batterie
- Rex – Basse

Pantera : le virage Power-Thrash
Finies les années glam pour Pantera. Cette fois-ci, le groupe de Dimebag Darrell revient avec un album plus puissant, plus thrash — du Power-Thrash, en gros. Ici, ils misent sur leur nouveau chanteur Phil Anselmo, qui manie à la perfection sa voix très rauque. Adieu les coupes de cheveux horribles, le sang sur les mains et la joie de hurler « Vive le sexe et les filles ». Non, là Pantera revient crade, bourré et disto à fond. Ça donne des hymnes comme « Cowboys from Hell ».
La violence, la rébellion, la dépression et les relations personnelles remplacent désormais le glamour des années 80. Phil Anselmo se charge à merveille de l'écriture. Ça donne un titre comme « Cowboys from Hell » dans l'esprit d'un « Seek'n'Destroy » de Metallica (« on va tout péter »). Cette chanson s'affiche avec un riff mythique qui restera gravé dans le thrash. Les guitares sont superbes sur ce morceau et tout s'avère génialement parfait : la voix d'Anselmo qui nous offre un refrain excellent, et le solo de Dimebag qui prouve que ce mec n'a rien à envier à Kirk Hammett ou Kerry King.
Des influences thrash à la naissance du Power metal
Les influences thrash refont leur apparition avec ce mélange si puissant. Pas assez crades pour faire de Pantera un groupe de thrash pur, mais suffisantes pour donner naissance au genre Power metal. Cependant, le débat peut se poser tant les riffs auraient pu se trouver dans un disque de la Bay Area. « Cowboys from Hell » ou « Primal Concrete Sledge » illustrent parfaitement mes dires.
La voix polymorphe de Phil Anselmo
La voix d'Anselmo est superbe. Il montre plusieurs facettes en nous expédiant toutes ses qualités à la face — chose qui pardonne peut-être son comportement. De la superbe voix mélodieuse qui génère « Cemetery Gates », à la voix rauque très typée metal en passant par le chant hurlé façon glam, Anselmo possède d'énormes capacités vocales.
Il est difficile de ne pas se faire attraper par les charmes lourds et durs de cet album. Rien n'est laissé au hasard, proposant un changement déroutant. Et même malgré les chansons parfois bouches-trous (« Medicine Man », « Message in Blood »...), l'album s'inscrit parfaitement dans le panthéon du métal.
L'hommage à Dimebag Darrell
Mais cet album est d'abord celui d'un grand homme. Je ne puis me résigner à écrire cette chronique sans la moindre amertume, aussi mes sentiments vont d'abord faire face ; tant pis pour l'air rétro. Mais quelle tragédie vint faucher le grand Dimebag Darrell, excellent guitariste réputé du Texas ? Sûrement l'injustice, car Darrell était un homme simple. La stupidité de ce geste criminel emportera un autre génie dans le paradis du rock (où règnent désormais Jimi Hendrix, Chuck Schuldiner, Cliff Burton, Paul Baloff etc...). On ne peut maintenant que se consoler en écoutant les solos de « Cowboys from Hell », « Domination » et « Cemetery Gates » qui prouvent que Dimebag n'était pas n'importe qui.

Les titres phares de l'album
Pantera signe plusieurs titres d'une puissance incomparable : « Psycho Holiday », « Heresy » ou « Clash with Reality » (riff jouissif). Ces trois-là ont tous la capacité de faire de potentiels singles, simples à écouter au refrain efficace — un peu comme la marque d'origine de Pantera.
Tous les musiciens maîtrisent leurs instruments. Ainsi, Rex n'est pas écrasé par Dimebag Darrell, et Vinnie englobe bien le tout avec une double pédale inspirée de la Bay Area. Ses battements sont notamment très maîtrisés sur « Domination » et « Shattered », où il fait preuve d'une excellente maîtrise de son kit.
« Shattered » est d'ailleurs le titre le plus glam de l'album, où Anselmo utilise sa voix très glam penchant facilement vers les aigus, embelli d'un riff très rapide et d'une double pédale excessivement bonne.
Cemetery Gates : une power ballade magistrale
Sur « Cemetery Gates », Pantera prouve qu'avant d'être un groupe de vieux roublards carburant au Jack Daniel's, ils savent aussi se noyer dans les méandres de leurs sentiments. Sur cette chanson, tout est parfait. La voix d'Anselmo est magnifique d'une mélancolie touchante, l'accord de guitare est parfait d'une beauté dantesque, et tout le reste s'inscrit dans le registre d'une power ballade. Les paroles sont magnifiques d'une profondeur triste étonnante, et le tout est complété par un solo qui mérite parfaitement tous les éloges.
Domination : le titre le plus agressif
« Domination » entre parfaitement comme le titre le plus agressif de l'album. D'une vitesse irréprochable, le tout est malgré tout contrôlé à la perfection. La double grosse caisse de Vinnie Paul sait se faire entendre de manière violente. L'apogée provient avant tout de ce solo d'une qualité impressionnante.
Malgré une deuxième partie un peu trop bâclée par des titres négligeables, le disque se termine quand même avec une superbe révérence. Les accords soporifiques de « The Sleep » nous le prouvent à merveille, où un feeling imparable pousse Darrell à nous filer une partie instrumentale inspirée. C'est la chanson la plus bizarre de l'album car elle mélange deux parties : une froide et douce, et une autre plus carrée. Là encore, Anselmo parvient facilement à nous les faire différencier. « The Art of Shredding » est aussi géniale. Rex parvient à être le maître du jeu avec un slap lourd au possible, et puis quel riff nous soulève à 2:50 minutes.
Conclusion : un monument du métal
Pantera arrive à combler tout le monde sur un album fort. Et ce n'est pas pour rien que « Cowboys from Hell » est considéré comme un monument du métal.

Note : 16/20
Morceaux préférés :
- Cowboys from Hell
- Cemetery Gates
- Domination
- Clash with Reality
- The Sleep