Elle a fait danser toute la France en 1995 avec un tube au groove imparable, avant de disparaître des radars. Retour sur le parcours d'Ophélie Winter, star pop des années 90 devenue discrète, et sur sa récente réapparition médiatique.

Le tube qui a tout changé : « Dieu m'a donné la foi »
En septembre 1995, Ophélie Winter sort « Dieu m'a donné la foi », premier single de son album No Soucy ! qui paraîtra l'année suivante. Le titre s'impose comme le plus grand succès de la chanteuse, et de loin.
Le parcours du single dans les charts raconte une ascension fulgurante. Il entre à la 49e place du Top 50 français le 18 novembre 1995, atteint le top 10 six semaines plus tard, puis s'installe à la première place pendant une semaine. Au total, le titre reste 15 semaines dans le top 10 et 32 semaines dans le Top 50. En Belgique wallonne, il grimpe à la troisième place et s'accroche 16 semaines dans le top 10. Les ventes suivent : 500 000 exemplaires écoulés et un disque d'or décerné par le Syndicat national de l'édition phonographique.

Au-delà des chiffres, la chanson doit son originalité à sa couleur musicale. Avec ses sonorités groove et ses influences negro spiritual, elle tranche avec la variété française de l'époque. Les paroles, comme le titre l'indique, abordent la spiritualité — un thème rare dans le paysage pop hexagonal des années 90.
La chanson connaîtra une seconde vie. Ophélie Winter, qui joue une chanteuse dans le film Bouge ! (1997), y interprète le titre dans sa version anglaise, « Living in Me ». Cette version sera intégrée à Soon, la version internationale de No Soucy !.
Des premiers disques ratés au statut de mannequin
Née Ophélie Kleerekoper le 20 février 1974 à Boulogne-Billancourt, la future star baigne pourtant dans la musique depuis l'enfance. Elle est la fille de Lion Kleerekoper, connu sous le nom de scène David Alexandre Winter, chanteur à succès des années 60, et de Catherine Fefeu. Ses parents divorcent en 1976 et son père part s'installer aux États-Unis.
La musique, Ophélie Winter s'y essaie très tôt, sans succès. À dix ans, en 1984, elle enregistre « La chanson des klaxons » en duo avec Bob. Trois ans plus tard, elle récidive avec « Poil de carotte ». Les deux disques passent inaperçus.
C'est par un autre chemin qu'elle se fait remarquer. En 1991, elle abandonne ses études et devient mannequin après avoir été repérée par l'agence Absolu. Elle pose pour des catalogues de lingerie, des publicités télévisées et des magazines comme L'Écho des savanes et Photo. En 1992, elle rencontre les frères Nacash, qui produisent ses premiers singles. Le titre « When I Got the Mood » reçoit un accueil froid mais lui ouvre les portes de la télévision et de la presse adolescente.
La période est aussi marquée par une rencontre qui alimentera longtemps les conversations : elle affirmera régulièrement avoir vécu dans l'entourage de Prince. En 1993, elle enregistre même une version française de « The Most Beautiful Girl in the World », devenue « Le plus bel homme de l'univers ».
Une carrière aux multiples visages
Réduire Ophélie Winter à un one-hit wonder serait injuste. Avant et après son tube, elle a multiplié les casquettes. On la voit ainsi apparaître dans des sitcoms comme Salut les Musclés en 1993 ou Filles à papas en 1994, puis elle se tourne vers le cinéma avec Bouge ! en 1997.
À la télévision, elle endosse également le rôle d'animatrice, confirmant une polyvalence rare dans le milieu. Cette diversité permet de comprendre pourquoi elle a marqué les esprits au-delà de son unique succès musical.
Pour celles et ceux qui souhaitent approfondir le parcours de cette artiste singulière, la page consacrée à Ophélie Winter rassemble les détails de sa biographie.
Que devient Ophélie Winter aujourd'hui ?
La question taraude les nostalgiques des années 90 : où est passée la bombe pop qui enflammait le Top 50 ? Si elle s'est faite discrète ces dernières années, Ophélie Winter a refait parler d'elle en 2023 de manière inattendue.

Le chanteur Julien Doré a en effet reçu une étonnante proposition de sa part, rapportée par Télé-Loisirs. Selon le média, Ophélie Winter a proposé à Julien Doré de reprendre son tube « Dieu m'a donné la foi » en duo. L'anecdote, restée célèbre dans les médias people, montre que l'artiste n'a pas totalement tourné la page de la scène médiatique.
Faut-il y voir les prémices d'un retour ? Rien n'est moins sûr. Ophélie Winter semble avoir choisi la discrétion après des années sous les projecteurs, et seule une annonce officielle pourrait confirmer un éventuel comeback. En attendant, son tube de 1995 continue de faire swinguer les pistes de danse des soirées rétro, preuve que « Dieu m'a donné la foi » a traversé les décennies sans prendre une ride.
Son parcours rappelle celui d'autres figures de la pop française qui ont connu la gloire avant de s'effacer, à l'image de Sinclair, le prince oublié de la french pop funk, ou de Stéphanie de Monaco, princesse pop derrière « Ouragan ». Des artistes qui, comme Ophélie Winter, portent en eux une époque et ses mélodies.