
Opeth réussit le tour de force de faire venir environ 500 personnes au Café de la Danse de Paris, alors que la date n'avait été annoncée que 20 jours auparavant et que la première partie initialement prévue (The Old Dead Tree) a été annulée ! Pour la tournée européenne de Damnation, Opeth ne fait escale que dans peu de villes : il fallait donc être présent pour l'unique date française. Le groupe, épaulé pour l'occasion par le discret Per Wiberg aux claviers, livre une prestation très honorable, même si l'on peut regretter que la setlist soit axée exclusivement sur les morceaux calmes. En effet, la succession de « ballades » plonge les auditeurs dans une semi-léthargie par instants. Les rares moments heavy seront donc très appréciés par la foule...
Damnation intégralement : un premier acte en demi-teinte
En guise de premier acte, Opeth joue l'intégralité de son dernier album, dans l'ordre : Damnation. Ne perdant pas ses bonnes habitudes, Mikael Åkerfeldt introduit chaque morceau par un petit speech écouté par l'audience comme la bénédiction du Pape. Parlons musique maintenant. Sur album, Damnation avait de quoi convaincre, mais sur scène les morceaux ne passent pas tous aussi bien. Certes, on se régale des superbes enchaînements couplet/soli de Windowpane ou encore du Santanaesque Ending Credits, mais les passages les plus calmes et aérés tels que Hope Leaves sont étonnamment décevants. Le son des guitares est approximatif et l'ensemble possède un côté brut (inévitable en concert) qui ne sied pas du tout à ce titre. Et que dire de Weakness ? Pourquoi diable jouer une telle chanson en live ? Elle est tout simplement idéale pour endormir le plus hardcore des fans.
Closure : le moment d'anthologie du concert
Par contre, au beau milieu de cette première partie, les cinq Suédois nous balancent LA claque absolue : Closure. Son final est modifié par rapport à l'album pour laisser la possibilité à Martin Lopez (batterie) de nous abreuver d'un solo dantesque. Ses compagnons lui taillent une mélodie sur mesure pour le laisser exprimer un feeling incroyable qui achèvera l'assemblée dans un final progressif au possible. Rarement (jamais ?) ai-je entendu un pareil moment de génie, d'autant plus agréable qu'il est inédit sur la galette Damnation. Forcément, après un tel passage, difficile d'être élogieux envers Death Whispered A Lullaby ou To Rid The Disease qui ne transcendent en rien les versions studio.
Back catalogue et reprise de Deep Purple
Après une très courte pause, le groupe revient pour piocher (à mon grand bonheur) dans son back catalogue. Benighted, To Bid You Farewell et Face Of Melinda seront ainsi interprétés de main de maître. Particulièrement réussis, les deux premiers titres rehaussent très fortement le niveau de la performance du groupe. To Bid You Farewell est cent mille fois mieux joué que sur Morningrise. La très complexe Face Of Melinda, comme l'avoue lui-même Mikael Åkerfeldt, est pour sa part un peu trop dure à retranscrire et déçoit en première partie. Le final, deuxième passage heavy de la soirée, est fracassant et termine le concert dans une apocalypse totale. Juste avant, Opeth se paiera le luxe de reprendre intelligemment Soldier Of Fortune de Deep Purple (peut-être sur un prochain album ?) dans une version très personnelle et non moins émouvante.
Harvest en rappel : une conclusion en beauté
En rappel, on a droit à Harvest, ici bien mieux jouée qu'à Lyon en février dernier ! Ce titre a toujours été un de mes préférés parmi les calmes et terminer cette soirée avec un extrait de Blackwater Park fut judicieux. Opeth, from Stockholm, Sweden, a donc su montrer qu'il pouvait jouer de manière convaincante les morceaux calmes (avec des guitares acoustiques) et les chanter à la perfection. Seul un manque de moyens empêche le groupe de se doter d'un son gigantesque qui mette en valeur la subtilité immense de son jeu.
Setlist complète du concert Opeth à Paris
Damnation (intégral) :
- Windowpane
- In My Time Of Need
- Death Whispered A Lullaby
- Closure
- Hope Leaves
- To Rid The Disease
- Ending Credits
- Weakness
Back catalogue :
- Benighted
- To Bid You Farewell
- Soldier Of Fortune (Deep Purple cover)
- Face Of Melinda
Rappel :
- Harvest
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