
Tracklist de Blessed Are The Sick
- Intro
- Fall From Grace
- Brainstorm
- Rebel Lands
- Doomsday Celebration
- Day Of Suffering
- Blessed Are The Sick/Leading The Rats
- Thy Kingdom Come
- Unholy Blasphemies
- Abominations
- Desolate Ways
- The Ancient Ones
- In Remembrance
Line-up
- David Vincent – Chant/Basse
- Pete Sandoval – Batterie
- Trey Azagthoth – Guitare lead
- Richard Brunelle – Guitare lead

Un death metal brutal et technique
Infâme purgatoire violent et malsain. En gros, ce que l'on retient de Blessed Are The Sick de Morbid Angel. Le groupe vient de signer son deuxième méfait sur les traits violents du death metal et cela s'accueille avec respect et attention. Jamais on n'avait autant entendu de lourdeur et de haine compactée sous la forme d'un disque que sur Altars of Madness (à part peut-être la chanson-titre de Black Sabbath). Les Américains, aussi originaux que malfaiteurs, animant la propagande de l'irréel, du satanisme et du mythe de Cthulhu, ont donc décidé de sortir Blessed Are The Sick. Sage décision.
Si ce disque n'est pas d'une maturité exemplaire, il présente néanmoins les qualités originales qui étaient déjà mises en valeur sur leur précédent opus. Morbid Angel ne se contente que de ranimer cette flamme maladive qui envahit leur âme de musicien. Ce virus se définit par un énorme death metal – chose inhabituelle pour l'époque, premier mouvement extrême – technique, rapide, mais brutal et lourd.
Influences thrash et death metal technique
Ce disque laisse une plus belle part aux origines thrash du groupe, largement influencé par Slayer ou autre combo de la Bay Area. On a donc le droit de digérer un large éventail de riffs décortiqués en rondelles de palm-mute ricochant avec violence sur la double grosse caisse du saint élu qu'est Sandoval (« Fall From Grace » et sa rythmique musclée, ainsi qu'« Abominations », n'en sont que l'exemple simple).
Attention cependant à ne pas confondre ce disque avec une simple galette de thrash : non, c'est bien plus complexe que ça. Les compositions sont moins rapides, plus intenses et favorisent leur jeu sur l'atmosphère grossière et crade du death, largement exploitée par la voix de Vincent qui s'est bien améliorée dans ses growls. Non, Morbid Angel reste bien un death technique survolté.
Performance des guitares
Les guitares se sont améliorées (bien que toujours accordées très très bas). Azagthoth autant que Brunelle se déchaînent sur des rythmiques acérées (le riff de « Fall From Grace ») et le duo de guitaristes s'investit de plus en plus dans un registre mélodique au niveau des solos. Les deux s'amusent cependant toujours autant avec leur vibrato, mais la mélodie est parfois courte dans un condensé de technique amorphe – pas sans valeur bien sûr, mais un peu trop punk à mon goût. Il faudra attendre Domination pour entendre du Morbid Angel vraiment mélodique sur ses solos.

Atmosphère et hymnes marquants
Ce qui préserve ce disque, c'est sa nature honnête, son inventivité et sa spontanéité. Rien ne semble très propre (mais très carré, les compositions ont de folles structures, cf : « The Ancient Ones »), mais le disque réserve son lot d'hymnes de boucherie sans concession. La déferlante énergétique de « Day Of Suffering », la lourdeur apportée par la pédale de Sandoval sur « Blessed Are The Sick/Leading The Rats », ou bien tout simplement l'efficacité blasphématrice de « Thy Kingdom Come » apportent à ce disque saveur et variété.
Interludes et touches mélodiques
Un disque donc qui ne semble pas ennuyeux au fil des écoutes, bien que difficile d'accès pour un chercheur de mélodie. Pourtant, le groupe met bien à profit ses capacités de musiciens inspirés et mélodieux – les quelques notes qui composent le solo de « Rebel Lands » ou alors l'inspiration bluesy de « The Ancient Ones ». Il compose également de courts interludes pas inutiles, montrant la capacité du groupe à officier dans des registres moins violents. On pourrait citer la beauté particulière de « Desolate Ways » composée par Brunelle, ou bien les pianos de « In Remembrance » par Azagthoth.
Conclusion : un pilier du death metal
Même si le groupe n'atteint pas son échafaudage le plus mature, le plus soigné, il connaît cependant la fraîcheur et l'efficacité d'un succès qui n'a pas détruit l'authenticité du groupe et parfait ses chemins à travers la saleté, l'épouvante et une lourdeur magique. Un disque pilier pour tout adorateur de death ou même de metal en général.

Note : 15/20
Morceaux préférés :
- Fall From Grace
- Day Of Suffering
- Thy Kingdom Come
- Desolate Ways
- The Ancient Ones