
Présentation de l'album Progressive Darkness
Tracklist :
1. Fantasy
2. The Sceptic Traveller
3. Ride On Ice Storms
4. A Tale From A Fantastic Kingdom
5. The Autumn's Freezing Harmony
6. From Honour To Nothingness
7. Progressive Darkness
Line-up :
- Sébastien « Roby » Robitaille – Guitare
- Fred Bédard – Guitare
- David Turbide – Basse
- Guillaume Côté – Batterie
- Thierry Nadeau – Claviers

Moonlyght : un groupe québécois atypique
Moonlyght est un de ces ingénieux groupes à apparaître dans la scène metal en y apportant une importante source d'ingéniosité et d'originalité. À l'origine, le groupe mené par Roby grandissait dans un registre plutôt black metal. Les temps ont changé et la maturité s'est développée elle aussi : le groupe officie maintenant dans un excellent mélange de black, progressif et heavy. Le côté dark est pourtant assez délaissé sur ce disque, laissant place à la virtuosité.
Fantasy : une ouverture magistrale
C'est malheureusement la meilleure pièce qui ouvre le voyage. « Fantasy » ne décrit pas du tout le disque mais est une perle de puissance : c'est le titre le plus abordable et le plus efficace. Le tout commence sur des voix claires joyeuses, et sur un riff… Quel riff ! Inspiré des contrées celtiques, ce riff est entraînant et manipulé à la perfection, jusqu'à la fin de ces 8 minutes. Oui, car pendant ces 8 minutes rien n'est à jeter et on nage dans la perfection même, avec d'abord ce début en gradation qui se termine sur un duel de voix claires solennelles des plus prenantes pour finir sur un solo d'une qualité inégalée. Oui, sur ce point là, Moonlyght déchire tout.
Une technique irréprochable mais exigeante
C'est vrai, on ne peut le nier, chaque musicien connaît assez bien son instrument pour nous en montrer les maintes qualités – une caractéristique que l'on retrouve souvent dans les groupes québécois. Malheureusement, le plus déroutant pour des incultes comme moi, c'est que le génie de ces musiciens ne peut pas se morfondre dans une œuvre simple, carrée. Non, Moonlyght emprunte le chemin du progressif : des chansons atteignant les 11 minutes et déployant une multitude de riffs. Par exemple, sur « The Sceptic Traveller », on commence par un riff thrash bien musclé et on tombe sur des passages acoustiques de toute beauté. C'est certes maîtrisé, mais cela peut paraître déroutant. Non, ce n'est pas un manque de maturité, c'est seulement un esprit progressif hyper bien maîtrisé mais un peu excentrique pour les non-habitués du genre.
Ainsi, moi pauvre blasphémateur, je vais me retrouver à mettre une mauvaise note à cet album alors qu'il n'en mérite pas une. Non, car le génie est indéniablement présent. Pourtant, je suis toujours méchamment blessé quand j'écoute cet album : la diversité est telle que l'on se met à apprécier certains passages de certaines chansons et pas la chanson dans son ensemble. Je pense par exemple à ce magnifique passage acoustique sur « The Sceptic Traveller » qui me met vraiment dans un drôle d'embarras, car le reste de la chanson me paraît trop catchy, trop puissant pour faire partie du même titre.
Un album trop long et parfois indigeste

Pourtant, on sait que Moonlyght s'est créé un style propre à travers cet album. Le son est reconnaissable à chaque chanson. Malheureusement, ce débarras est parfois trop indigeste et aurait mérité d'être moins long. Il aurait fallu par exemple que l'œuvre ne fût séparée en plusieurs chansons d'une longueur peut-être moins excessive. Moi, quand je suis avec mon lecteur, il m'arrive facilement d'appuyer sur cette néfaste touche « suivant » qui m'empêche d'apprécier le génie des musiciens. Oui, car c'est vraiment trop long et il y a vraiment des passages où je m'ennuie. C'est certes cruel à dire, mais c'est ce que je ressens.
Par contre, je m'avancerai à critiquer certaines pièces qui manquent de fil conducteur, comme la très heavy « Ride On Ice Storms », qui me paraît quand même vachement bordélique. Le groupe noie beaucoup trop d'émotions en une seule chanson et cela est parfois éprouvant. Sur celle-ci, on passe de la colère à un pur moment mélancolique, et là je suis désolé, mais j'ai vraiment du mal.
Des moments de grâce mélodique
Cependant, Roby a des idées et sait parfois les compacter, ne serait-ce que sur la sublime « Fantasy » qui montre que Moonlyght est capable de tenir une chanson sans trop s'éloigner du point de départ. Tout au long de l'album, le niveau technique et mélodique est irréprochable. Sur « A Tale From A Fantastic Kingdom », on a droit à de superbes passages guitaristiques mélodiques de toute beauté avec des solos, ou alors ce passage si solennel en voix claire d'une tristesse éperdue.
La folie expérimentale est bien présente et le groupe mélange tout aussi bien son celtique sur « Fantasy » que mélodie d'une tristesse touchante sur les violons de « Progressive Darkness », ou alors complicité bergère sur les accordéons traditionnels de « The Autumn's Freezing Harmony ». On peut le dire : la technique de guitare est bien suffisante et parvient à montrer d'excellents plans, tout aussi bien qu'une basse bien présente ou que des claviers d'une sympathie étrangère.
On arrive à trouver de nouveau un fil conducteur sur « The Autumn's Freezing Harmony » qui continue dans un registre presque heureux, ou sur « Progressive Darkness » qui est superbe quand les voix se mélangent, mêlant rage black metal et poésie féminine.
Conclusion
Non, vraiment, Moonlyght a une âme et je trouve parfois dommage d'avoir à faire à tant de diversité qui m'emmène à négliger parfois la beauté qui constitue l'âme de Moonlyght.

Note : 13,5/20
Coups de cœur :
- Fantasy
- The Sceptic Traveller
- Progressive Darkness