
Manifestations des fans contre Sony Music : le contexte
Les deux manifestations ont été organisées par des fans. À Londres, le fan club MJNI avait organisé une soirée spéciale, la Thriller Killer Party, pour célébrer les 20 ans de la sortie de Thriller, l'album le plus vendu de tous les temps (52 millions de copies écoulées à ce jour). Michael Jackson, intéressé par l'événement, avait immédiatement envoyé un fax pour confirmer sa participation. Quelques heures plus tôt, une manifestation était organisée dans les rues de Londres, devant les bureaux de Sony Music UK. Les images diffusées dans tous les médias britanniques et étrangers montrant quelque 1 500 personnes ont marqué la prise de conscience de l'ampleur du conflit par l'opinion publique.
Lors de la soirée, Michael Jackson s'est adressé à ses fans, les remerciant pour leur soutien et leur promettant que « le meilleur était à venir ». Il a également déclaré que Tommy Mottola (le président de Sony Music US, ndlr) était le diable en personne. Le meilleur serait à venir ? En effet, Michael Jackson pourrait négocier un contrat avec une autre major lui permettant une plus grande autonomie artistique. L'échec très relatif d'Invincible (7 millions d'exemplaires sans aucun soutien promotionnel) ne peut que le motiver à créer la stupeur lors du lancement de son prochain album, dont aucune date n'a été avancée pour le moment. Cependant, dans le cadre de son contrat avec Sony Music, le chanteur doit encore sortir un best of, programmé pour la fin de l'année et contenant 4 inédits.
Conférence de presse à Harlem : les accusations de Michael Jackson
Harlem, New York, 6 juillet 2002... Le conflit prend une tout autre tournure. Lors d'une conférence de presse donnée par le Révérend Al Sharpton, figure emblématique de la lutte pour les droits civiques, Michael Jackson a dénoncé l'exploitation exercée par les maisons de disques depuis de nombreuses années. Après avoir détaillé les mauvaises pratiques des grandes maisons de disque, Jackson s'est attardé sur le cas Sony Music : « Dès que j'ai commencé à battre les records de vente de disques de tous les temps (...) ils m'ont traité de monstre, ils ont dit que j'étais homosexuel, ils m'ont traité de pédophile ». Il accuse la maison de disques de ne pas avoir mis en œuvre suffisamment de moyens pour la promotion d'Invincible, son dernier opus. En effet, très peu de moyens ont été utilisés pour les supports promotionnels et Sony Music a posé de nombreux obstacles au bon déroulement des choses : sorties de single retardées, passages TV très réduits, interdiction de chanter des chansons du dernier album, ainsi qu'une entente avec un célèbre journaliste, Roger Friedman, chargé d'écrire régulièrement des articles discréditant le chanteur.
L'enjeu du catalogue Sony/ATV Publishing
Dans quel but ? Le problème est que Michael Jackson avait fusionné son catalogue de chansons (dont 251 des Beatles) en 1995 avec Sony, afin de créer Sony/ATV Publishing. Le chanteur ne voulant plus renouveler son contrat chez eux, Sony Music a donc décidé de couler l'artiste pour qu'il revienne sur sa décision. Raté ! Michael Jackson part à la fin de l'année avec la moitié de Sony Music Publishing.
Tommy Mottola : les accusations de racisme
Michael Jackson joue également la carte du racisme : « Tommy Mottola, le président de Sony Music US est un radin, un raciste et il est très très très diabolique ». C'est la phrase qui crée l'événement. Michael Jackson affirme que Tommy Mottola est un raciste, qu'il n'aime pas les Noirs et qu'il a même traité un artiste de grande renommée de « nègre », dont l'identité n'a pas encore été révélée. À cela s'ajoutent les menaces que Tommy Mottola adressait à Mariah Carey, son ex-femme, lorsqu'elle décida de divorcer et de quitter la maison de disques.

Création de la coalition pour les droits des artistes
Quelques heures plus tard, une autre manifestation était programmée dans les rues de Manhattan, à laquelle plus de 1 500 personnes ont assisté. Plus tard dans la journée, une seconde soirée était organisée par le fan club américain en l'honneur du chanteur, pour lui remettre un prix célébrant ses 30 ans de carrière. À l'heure actuelle, peu de preuves ont vu le jour : Michael Jackson a annoncé qu'il en détenait, des coups de fil et des lettres écrites par Mottola prouvant cette conspiration. Des procédures judiciaires seront probablement entreprises dans quelques jours, le Président accusant le chanteur de diffamation. Pour l'instant, une coalition a été créée par le Révérend Al Sharpton et l'avocat Johnie Cochran Jr. pour enquêter sur une possible exploitation des artistes par les maisons de disques.