
Ce coffret culte n'était jusqu'en 2002 disponible qu'en VHS. Aujourd'hui sort la version DVD qui présente l'avantage — eh oui — d'être un DVD, ce qui signifie la présence d'un chapitrage d'accès rapide aux chansons, très pratique quand les concerts durent plus de 2h30 ! L'inconvénient est que le packaging ne fait plus dans le tape-à-l'œil : finito la grosse caisse de roadie ! Ici, c'est taille CD ou DVD au choix, donc absence du livret. Enfin, absence relative car il est présent dans les bonus du DVD sous forme de fichier JPG. Comme Metallica n'est pas rancunier, le Live Shit version DVD est vendu tout de même presque deux fois moins cher que son camarade période VHS… Une bien belle raison pour se laisser tenter.
Mais ce n'est pas tout ce que contient ce coffret ! Il y a de la musique à outrance : plus de 8 heures en tout et là, je vous garantis que c'est l'hallu totale ! Pas moins de 3 concerts sont proposés : celui de San Diego en 1992, de Mexico City en 1993 et celui de Seattle en 1989.
Le concert de Seattle 1989 : l'apogée de l'ère ...And Justice For All
Commençons par ce dernier. C'est de loin mon préféré car il a été enregistré au meilleur moment possible : sur la tournée ...And Justice For All, ce qui veut bien entendu dire qu'il n'y a pas UNE seule chanson à jeter sur ce DVD, pas une seule ! On a donc droit aux grands classiques que je ne ferai pas l'affront de nommer, plus les perles que sont « Blackened », « Welcome Home (Sanitarium) », « The Four Horsemen », « The Thing That Should Not Be », « ...And Justice For All » et « Breadfan » ! Oui c'est de la folie. L'interprétation, vous vous en doutez, est tip top. James a enfin une voix digne de ce nom et c'est sans doute pour cela que le groupe a attendu pour enregistrer un concert. Ce qui est agréable, c'est d'entendre les éternels classiques encore interprétés aujourd'hui qui ici sont joués à l'ancienne, c'est-à-dire de façon plus « fuck you all » et relâchée qui sied si bien aux Metalliboyz. Et puis ce James, déjà à l'époque, est un dieu de scène à tel point que l'on se demande si son activité est plutôt de cracher de la bière ou bien de dire « fuck » à tout bout de chant. À la vue de ce DVD, je penche pour les deux en même temps ! Le décor est sublime : la batterie au-dessus de 3-4 marches avec backdrop Justice Hall et la statue de la pochette qui se dématérialise de façon succulente sur « ...And Justice For All ». Vraiment du grand art.
Mexico City 1993 et San Diego 1992 : deux concerts incendiaires
Je regrouperai les concerts de Mexico et de San Diego car ils ont été enregistrés à peu d'intervalle et comportent les mêmes titres. Celui de Mexico City (présent sur pas moins de 3 CD) possède 3 titres de plus : « Of Wolf And Man », « Motorbreath » et « Nothing Else Matters ». Là encore, l'interprétation est hallucinante avec un son un peu moins compact et plus détendu. La voix de James est encore meilleure, seul Kirk annonce déjà une pente descendante avec des solos de guitare un peu moins bons (mais rien de grave hein, on est toujours au top de la division 1 !). Lars Ulrich se donne toujours à fond à tel point que cela en devient la routine ; et pourtant, peu de groupes peuvent se targuer d'être aussi bons sur scène. Peut-être même aucun. Et quoiqu'on dise de ce groupe, il faut reconnaître qu'il a écrit certaines des plus mémorables chansons de l'Histoire. Pour ma part, je me dois de retenir en priorité : « Master Of Puppets » (joué en entier à Seattle, attention rareté !), « Welcome Home (Sanitarium) », « Fade To Black », « The Unforgiven », « Harvester Of Sorrow », « One », « For Whom The Bell Tolls » et « Wherever I May Roam ». Quand en plus de cela ces titres sont interprétés sur une scène aussi belle que celle de San Diego, le résultat ne peut être que sublime.
Une qualité d'image et de son exceptionnelle
Rarement qualité et quantité auront rimé ensemble. Mieux : ici, ils sont conjugués à merveille. Les vidéos sont filmées au cœur de la scène sans oublier de très nombreuses prises de vue du public dément, harangué comme un seul homme par Hetfield. Tout est fignolé dans les moindres détails et bien qu'il soit évident que certaines notes ont été reprises en studio, ce n'a pas trop été le cas et le tout sonne incroyablement live ; on a même droit à quelques pains ! Le public, trop souvent oublié dans les autres live, ne l'est pas ici : on s'y croirait vraiment. Et puis, ne serait-ce que pour le « Master of Puppets » en entier et le jam sur le « Seek And Destroy » de Mexico City, ce coffret est INDISPENSABLE ! Le meilleur live à ce jour.
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