
2... And justice for all
3. Eye of the beholder
4. One
5. The shortest straw
6. Harvester of sorrow
7. The frayed ends of sanity
8. To live is to die
9. Dyers Eve
Line-up :
-James Hetfield [Chant/Guitare]
-Kirk Hammett [Lead Guitare]
-Lars Ulrich [Batterie]
-Jason Newsted [Basse]

Analyse de l'album ...And Justice for All
Même si le génie musical de la bande semble s'être éteint après le délicieux Black Album (ou encore Metallica), il n'en reste pas moins que leur parcours antérieur était énorme. La trilogie de l'apogée (Ride the Lightning, Master of Puppets, ...And Justice for All) reste un vibrant testament de leur inventivité.
Alors, ...And Justice for All est-il la consécration de multiples années d'expérience ? Sûrement oui, vu l'extrême niveau technique de cet album. Jamais les compositions de Metallica n'ont été aussi énormes et, malgré une production assez âpre (que reprochent certains fans) et la disparition de Cliff Burton, Metallica s'en tire à merveille.
Une production complexe et ambitieuse
La production est tout à fait à l'image du style de l'album : lourde. Elle rend l'écoute propre et le son homogène de chaque instrument ne devient pas une plaie face aux compositions.
De surcroît, on note une grande évolution technique pour chaque instrument :
- Les guitares sont très compactes et fluides durant les moments d'envolées techniques, donnant un aspect assez "prog". Les solos n'ont jamais été aussi travaillés.
- La batterie utilise toutes sortes de rythmes diversifiés et obtient de grands moments grandiloquents à la double-pédale.
- La basse reste homogène en se fondant dans le vêtement de lourdeur apporté par les guitares.
Des morceaux rapides et durs
Sur cet album, on obtient autant de morceaux rapides que durs. Blackened, en guise d'ouverture, est déjà quelque chose. Jamais une chanson d'ouverture (chez Metallica) n'a été aussi travaillée et on se fait rapidement conquérir par ce refrain surpuissant et cette cadence de feu infernale retranscrite dans chaque note du solo. Porté par la haine indestructible que les hommes semblent éprouver vis-à-vis de la terre en la conduisant au bord d'un précipice de flammes et de sang, le morceau est une réussite.
On perçoit que la voix d'Hetfield est parfaite et parvient à transparaître de plus en plus d'émotions, comme sur Dyers Eve, un autre mythe de rapidité rageuse chez Metallica, parsemé des douleurs et songes d'Hetfield.
Lourdeur et thèmes sociaux
Autre facette de ce CD : la lourdeur. Avec Eye of the Beholder, ...And Justice for All, Harvester of Sorrow, etc., qui ont toutes un riff gros et lourd où le côté technique est plutôt mis de côté pour laisser place à des refrains mémorables dont la substance reste facilement imprégnée dans le cerveau.
Les coups de cœur : One et To Live Is to Die
Les 2 coups de cœur de ce disque sont l'instrumentale "To Live Is to Die" et "One".
One met en cause les horreurs de la guerre sur un tempo très progressif, allant de la ballade émouvante au refrain plein de rage. Sur un magnifique pont à la double pédale épaulé par des cris désespérés de James H., le morceau finit sur un des plus beaux solos de Kirk : un tapping magnifique qui nous enferme dans la cadence de tirs d'une mitraillette.
"To Live Is to Die" est le reflet de ce que sont les autres instrumentaux, mais avec une face plus mélodique abordée par un thème d'intro acoustique. Le plus impressionnant de cette chanson est l'instant de mélancolie acoustique géré par un beau solo en arrière-plan, le tout ambiancé par un sample de violon.
Un bel hommage pour Cliff, à mon humble avis !
Note : 18,25/20
Morceaux préférés
- Blackened
- Eye of the beholder
- One
- To live is to die
- Dyers Eve