
Tracklist de Rust in Peace
- Holy Wars... The Punishment Due
- Hangar 18
- Take No Prisoners
- Five Magics
- Poison Was the Cure
- Lucretia
- Tornado of Souls
- Dawn Patrol
- Rust in Peace... Polaris
Line-up :
- Dave Mustaine [chant/guitare lead]
- Marty Friedman [guitare lead]
- Dave Ellefson [basse]
- Nick Menza [batterie]

L'histoire de Megadeth et l'album Rust in Peace
Projet de l'écoeuré mais excellent Dave Mustaine, Megadeth ne signifiait au départ que la vengeance concrète contre le poids de Metallica. Megadeth ne fit que grandir sous l'aile de celui-ci. En effet, Megadeth est formé à l'origine par Mustaine, guitariste déchu de Metallica pour ses abus excessifs de drogues. Il sera accompagné dans son périple par Dave Ellefson qui le suivra longuement sur sa basse.
Au départ, Megadeth sera considéré comme le subalterne de Metallica, évoluant dans le même registre thrash. Plusieurs fois, le groupe sera menacé d'éclater à cause des abus de Mustaine, mais finalement le line-up du duo sera toujours présent. Après une période de désintoxication, Megadeth enregistrera « Rust in Peace ».
Pourquoi Rust in Peace est un chef-d'œuvre du thrash metal
Alors que Metallica termine sa période thrash, Megadeth nous envoie un album qui respecte les plus grosses qualités de ce style. C'est un concentré de rage, de haine et de colère qui en ressort, mais attention, tout ceci est maîtrisé à la perfection.
Mustaine fera appel aux talents de Nick Menza à la batterie et au héros qu'est Marty Friedman, un soliste qui maîtrise parfaitement son affaire, rivalisant ainsi avec les maîtres que sont Hammett et King. La technique développée par ce personnage est le sweeping, qui balaye les cordes d'une mélodie déroutante.
Toujours épaulé d'Ellefson, Mustaine ne se contente pas de balancer un jeu pompeux, quasi ennuyeux. Au contraire, ses riffs sont d'une richesse et d'une diversité étonnantes malgré les solos qui laissent parfois à désirer (on a l'impression que Mustaine veut dire : « Plus vite que moi, tu fais pas ! »).
Les riffs mythiques de l'album
Dans le registre des riffs tueurs, on pourrait citer le riff d'intro de « Holy Wars... The Punishment Due », l'étrange « Hangar 18 », le très metallicien « Tornado of Souls » et le mélodieux « Lucretia ». En réalité, on pourrait citer toutes les chansons. On peut dire que sur ce disque, tout est parfait ! Chaque musicien maîtrise suffisamment son instrument pour pouvoir s'exprimer librement, et ce malgré le mégalomane tyran qu'est Dave Mustaine.
Analyse des morceaux phares de Rust in Peace
La rage est contenue dans des œuvres telles que « Take No Prisoners » qui envoie sa purée sèche, ou bien sûr « Five Magics » qui contient une quantité impressionnante de riffs musclés débordant d'un chant haineux tout aussi dur que les riffs. Les paroles sont très crues mais sarcastiques sur l'image de la société, en la critiquant cruellement.
« Poison Was the Cure » sonne très texan pour nous montrer un riff rageur avec des consonances très country, comme le sont si bien influencés Mustaine et Darrell du groupe Pantera. Du côté du puissant « Holy Wars... The Punishment Due », nous avons une belle leçon de lourdeur avec ses riffs pesants, ses paroles prononcées sur un ton critique (contre la guerre) et grâce à ses mélodies orientales et ses solos harmonieux que nous offre Friedman.

Une production impeccable
La production est parfaite, mettant ainsi chaque instrument à sa juste valeur. On retrouve une basse très audible (un peu sur le même plan que Maiden) qui ne bouffe pas les parties de guitares, et encadrée dans un son de batterie plus que convenable.
Les poursuites mélodiques ne sont pas absentes sur « Lucretia », d'où le charme part d'un riff singulièrement accrocheur pour s'éteindre sur une flopée de mélodies, notamment grâce aux solos de Friedman qui use avec une maîtrise remarquable de son sweep qui ne relève pas d'une vulgaire démonstration technique dont certains revendiquent le concept avec fierté.
Focus sur Hangar 18 et Tornado of Souls
Mais comme nous parlons de tubes, attardons-nous sur celui qu'est « Hangar 18 » où le chant tenace de Mustaine se fond parfaitement aux accords dissonants de sa Flying V. Et puis il y a cette joute de solos qui ferait pleurer chaque guitariste débutant (oui, j'en ai versé plus d'une larme...). Mustine et Friedman s'amusent à nous faire plonger dans un enfer de 6 ou 7 solos. Cette chanson est sûrement la plus originale du disque.
Pour le plaisir des guitaristes, on citera « Tornado of Souls » qui est le résultat du pouvoir de la paire de guitaristes. En premier lieu, il y a le riff basé sur ses harmoniques destructeurs, puis le refrain efficace où s'énerve le gamin énervé et sa voix qui ne muera jamais... Et puis LE SOLO de maître Friedman que tout guitariste se doit d'admirer pour la preuve de puissance et de technique de celui-ci. J'espère que vous ne viendrez jamais à salir ce sweep et cette chute énorme en puissance par quelques critiques frisant le blasphème.
Les points faibles : Dawn Patrol
Malgré la perfection de ce disque, je viendrai à critiquer l'inutilité de « Dawn Patrol » qui se sature sur une basse trop répétitive où seules des paroles parlées font office de mélodie.
Mustaine montre son évolution au chant qui traduit parfaitement ses sentiments de colère sur des couplets pleins de rage dans la chanson « Rust in Peace... Polaris ». Cette chanson est un condensé unique de colère menée par la batterie de Nick Menza qui fait une dévotion éternelle aux blast beats sur lesquels s'attardent Mustaine et Friedman à gratter de leur manche inexorable qui frétille en palm-mute.
Conclusion : notre avis sur Rust in Peace
Le seul regret que j'ai est cet esprit punk qui orne l'entité du disque. Parfois trop bourrin, on aurait aimé une ballade harmonieuse à la « Fade to Black » qui aurait classé ce disque sans difficulté dans une perfection irréprochable. Mais bon, hormis ceci, la sincérité est là et peut-être que cette colère ne pouvait pas contenir une once de sensibilité.
« Rust in Peace, baby ! »

Note : 19,5/20
Morceaux préférés :
- Holy Wars... The Punishment Due
- Hangar 18
- Five Magics
- Poison Was the Cure
- Lucretia
- Tornado of Souls
- Rust in Peace... Polaris