
Non, vous ne rêvez pas : c'est bien une critique du prochain album de ce cher Manson que je vous annonce. J'ai préparé un petit commentaire sur chaque chanson, mais avant cela, j'aimerais que vous sachiez dans quel « esprit » je vais le faire. J'entends par là que, contrairement aux fans pur et dur, je n'ai pas aimé son (vrai) premier album, à savoir Antichrist Superstar. Ceci méritait d'être dit.
Rétrospective : les trois albums précédents de Marilyn Manson
Antichrist Superstar (1996)
Premier album. À l'époque, je ne connais pas encore ce groupe, que j'ai découvert en 2000 juste avant la sortie de Holy Wood. Album préféré des fans, très… puissant, dirais-je. Manson crie, hurle, déchaîne les foules avec ses paroles, déchire la Bible — bref, on ne s'ennuie pas. C'est quand même une grosse claque sonore, mais pas assez « mélodique » à mon goût (même si Manson n'a jamais été un groupe mélodique :)). L'album se vendra bien.
Mechanical Animals (1998)
Revirement dans le style mansonien : les guitares saturées et les hurlements laissent place à un album très glam/rock, très électronique et finalement bien moins violent que le précédent. Grosse surprise au premier abord, mais on se laisse prendre au jeu, même si c'est assez répétitif en fin de compte. À noter l'excellent Coma White, titre à écouter absolument, une chanson monstrueusement belle.
Holy Wood (2000)
Très attendu, et petite déception pour ceux qui espéraient le retour d'une période « Antichrist ». Cet album est finalement un mix des deux derniers, diront certains, dont je fais partie. 19 titres très accrocheurs à part 3 ou 4 « ratages », et un album assez surprenant dont on ne se lasse pas.
Petite précision technique : je n'y connais absolument rien en musique. J'entends par là que mes commentaires sur les instruments sont à prendre avec des pincettes — je suis incapable de reconnaître le son d'une batterie d'un son de batterie fait au synthé, par exemple.

Analyse titre par titre de The Golden Age of Grotesque

Intro (1'01)
Comme son nom l'indique, ce court morceau n'est qu'un prétexte pour lancer ce nouvel album, un peu comme dans Holy Wood. Malheureusement, c'est très mou, ça manque d'imagination, on peine à distinguer d'étranges bruits… La fin, de plus en plus sinistre et répétitive, annonce le démarrage imminent. 3/5
This Is The New Shit (4'18)
Pour un début, c'est un bon début ! Première claque de l'album en fait. Quelques bruits étranges au synthé… arf, on dirait Tainted Love. Pourtant je ne me suis pas trompé de CD, argh… Ouf, 3 secondes plus tard mes doutes sont dissipés, et la voix de Manson apparaît, déformée d'ailleurs dans un premier temps. Encore quelques secondes, et c'est parti, avec un refrain monstrueux, entraînant, puissant et crié bien fort. Un bonheur. Cette chanson fera certainement partie des concerts — elle est visiblement conçue pour le live (cris de foule pendant le refrain). 4,5/5
mOBSCENE (3'27)
Le premier single de l'album. Je n'ai jamais été très fan des Disposable Teens et autres Rock Is Dead. Toujours est-il que cette chanson a au moins le mérite d'être de la même veine. Malgré tout, le refrain s'essouffle, et le renfort de voix féminines scandant le refrain n'est pas de trop pour relancer le tout. Pas mal donc, mais trop répétitif, et ça sent un peu le réchauffé. 3/5
Doll-Dagga Buzz-Buzz Zigetty-Z (4'02)
Bon, euh, petite déception. Chanson assez spéciale, assez glam/rock — on se croirait dans Mechanical Animals. Personnellement je n'ai pas trop aimé, je la trouve trop poussive, avec un Manson qui ne force pas sur sa voix, et un rythme de batterie étrange… 2,5/5
Use Your Fist And Not Your Mouth (3'38)
Aaa, enfin de nouveau du bon son, plus dans le style Holy Wood. Paroles assez… osées. Les guitares sont très présentes, avec un refrain puissant, du rythme, que demander de plus ? Petite remarque : les cris de la foule sont peut-être en trop. Allez, vivement la suite :) 3,5/5
The Golden Age Of Grotesque (4'06)
Forcément attendue avec fébrilité, puisque c'est la chanson qui porte le titre de l'album. Et là, j'avoue, grosse grosse surprise ! On retrouve le côté dandy : Manson débite froidement son texte sur de la musique étrange, mélange de notes de piano portées par un rythme lent… De plus, Manson laisse souvent sa voix déraper sur les fins de phrase. On se croirait dans les années 30. J'ai du mal à décrire ce que je ressens, mais en tous les cas j'aime bien :Þ 4/5
(s)AINT (3'41)
On revient dans le côté électronique. Ça pourrait être un single. Relativement calme du début à la fin, mais pas de la même manière que le titre précédent. À faire écouter à ceux que Manson rebute. Bon titre, entraînant, mais pas follement excitant. 3/5
Ka Boom Ka Boom (4'00)
L'album a visiblement pris un tournant électronique, avec une alternance de passages « zen » précédant l'arrivée du refrain. C'est peut-être réducteur, et très mal formulé, mais c'est ce que je ressens à cet instant de l'écoute. 3/5
Slutgarden (4'04)
Deuxième bonne claque de l'album. Début génial à la guitare, puis le synthé qui se rajoute, et enfin la voix du petit Brian. Un peu plus « chantée » que les précédentes, plus travaillée. Quelques passages avec un Manson qui chante comme avec un porte-voix. Le refrain marche à fond, on ne s'en lasse pas. Posée et dynamique, ça me plaît bien. De plus, la fin est sympathique. 4/5
Spade (4'34)
Sûrement la chanson la plus calme de l'album. Commence par un rythme lent, doublé de voix féminines prononçant des phrases incompréhensibles. Puis le refrain est progressivement lancé par des guitares saturées qui se font de plus en plus présentes. On me dirait que cette chanson était prévue pour figurer dans la track list de Mechanical Animals, je n'en serais pas surpris. Chanson agréable car réservant quelques surprises, quelque peu répétitive certes, mais on ne s'ennuie pas — on se laisse bercer par la douce mélodie :p 3,5/5
Para-Noir (6'00)
Troisième claque de l'album ! La chanson avec le plus de « fuck you », lol. Début étrange. Mettons-nous en situation : la voix de Manson n'arrive qu'au bout de plus d'une minute ! Je vais essayer de résumer en gros : 1 minute de bruits divers, secondés par des « fuck you » à toutes les sauces prononcés par des voix de femmes, puis un couplet chanté par Manson qui annonce le refrain, ultra puissant, saturé de guitares, de synthé, et trop trop bon :)))
À noter, un passage à la guitare aux 2/3 de la chanson. Nan, vraiment, j'aime ! 4,5/5
The Bright Young Things (3'47)
Peut-être la chanson qui, à certains moments, se rapproche le plus de l'esprit Antichrist Superstar. Mais, désolé pour les fans, je crois que cet esprit est définitivement perdu. Manson enchaîne rapidement sur un gros refrain soutenu par les guitares. Une chanson très dynamique. 3,5/5
Better of Two Evils (4'02)
Commence par un gros blanc… arf, que se passe-t-il ? Fausse peur : au bout de 30 secondes, la chanson est lancée. Petite déception à mon goût, Manson ne se renouvelle pas… Bon, je m'arrête là, sinon je vais m'énerver, lol. 2/5
Vodevil (4'28)
Dernière chanson de l'album, et bonne fin en l'occurrence. Quelques notes de piano au début, qui font des allers-retours droite/gauche sur mes enceintes… Ça commence pas mal, dites-moi. Le refrain est lancé au bout de 45 secondes — c'est peut-être un peu rapide, mais efficace. Sorte de mix entre Antichrist et Holy Wood selon moi, une bonne chanson jusqu'au bout. À noter, les paroles assez… provocantes, que je vous laisse découvrir. 4/5

Verdict final sur The Golden Age of Grotesque
Je serais tenté de dire que, comme tout album très attendu, une petite déception ne peut que pointer le bout de son nez. Malgré tout, cet album est bien le successeur de ses aînés.
Sorte de mix entre les trois derniers, c'est une réussite. J'en connais qui vont courir l'acheter… Allez, et vivement le prochain album ! On pouvait se demander ce qu'il pourrait sortir après Holy Wood — cet album y répond de belle manière. Les détracteurs ne se mettront pas à aimer subitement, et les fans devraient suivre.