
- Godeatgod
- The love song
- The fight song
- Disposable teens
- Target Audience [Narcissus Narcosis]
- "President dead"
- In the shadow of the valley
- Cruci-Fiction in space
- A place in the dirt
- The nobodies
- The death song
- Lamb of god
- Born again
- Burning flag
- Coma black
- Valentine's day
- The fall of adam
- King kill 33°
- Count to six and die
Line-up
- Marilyn Manson : Chant
- Twiggy Ramirez : Basse
- John 5 : Guitare
- Ginger Fish : Batterie
- Madonna Wayne Gacy : Samples/Claviers
Une œuvre introvertie et métallique
Holy Wood marque une rupture avec l'approche glam rock de Mechanical Animals. Ce disque est représentatif de l'esprit tordu et écorché de la Manson's Family, sur un plan plus metal. Si Marilyn Manson avait déjà concocté un album très personnel avec Antichrist Superstar, il n'en est pas moins avec Holy Wood, sauf que le concept strict est abandonné pour un domaine plus classique (dans le sens Manson du terme).
Dans la chronologie de la vie de Manson, cet album se situerait avant Antichrist Superstar. On retrouve donc ce Manson blasé, détruit et incendié de questions tout autant perverses que graves sur le sens de la vie. Encore une fois, sans nul doute un album très intelligent, mais qui glisse vers la critique et une vue pessimiste du monde.

Composition et line-up : retour au metal
Pour cet album, on retrouve derrière la basse, pour la dernière fois, le talentueux Twiggy Ramirez (aka Jeordie White), et un nouvel arrivant dans le monde Mansonien : l'excellentissime John Lowery alias John 5. Les compositions musclées sont au rendez-vous.
Même si ce CD commence par une introduction aussi stupéfiante que négligeable, on passe assez rapidement au dur "The love song", une chanson qui trouverait bien sa place au milieu d'un "Irresponsible hate anthem" ou "1996" par la dureté de ses lyrics. Comme d'habitude, la production est irréprochable et les compositions gardent ce fond d'âme industrielle, même si d'un point de vue global elles sont assez exclusives avec ce côté malsain et pornographique, lequel sera souligné tout au long de l'album par les samples de Madonna Wayne Gacy.

Analyse des morceaux clés
"The fight song" est sans doute le morceau le plus metal de la carrière de Manson. Riff authentique concocté par le talentueux John 5, allié à un refrain super agressif et énervé, gueulé par le chant de Manson ("I'm not a slave to a god that doesn't exist..."). C'est de la violence pure, presque crue et puérile, mais mon Dieu que c'est bon de retrouver un Manson hurlant.
"Disposable teens" est dans la suite parfaite de "The fight song". Cependant, très exploité, il figure presque déjà comme un single naturel, si ce n'est excellent.
Point faible : le rythme d'écoute
Le point faible de cet album est son rythme, lent et lourd. Les titres ont tous un sens, une chronologie, mais certains ne racontent qu'une histoire et ne parviennent pas à être assez intéressants d'un point de vue musical ("Born again", "Burning flag" ou "President dead").
Pourtant, au point de vue expérimental, cet album est un chef-d'œuvre. Les ballades désespérantes créent une ambiance déprimée mais magnifique. "In the shadow of the valley" part d'un accord si simple, mais les lignes de basse hyper présentes et le clavier de Madonna Wayne Gacy donnent à cette complainte de la vie une importance majeure dans l'album et dans toute la discographie de Manson.

Ballades et thématiques sombres
"A place in the dirt", mi-ballade, est peu abordable. Caricaturale d'un couché de soleil déformé, elle est cependant une des plus belles réussites de Manson où, là aussi, les claviers ont une importance majeure. Ne négligeons pas non plus la phase finale "Count to six and die" qui clôture l'album sur un point effrayant.
"The nobodies" peut aussi être vu comme un single, mais il rejoint une part importante de cet album puisque ses paroles sont merveilleuses, abordant le thème de Columbine dans un univers glauque et subconscient. Dommage que le format musical soit trop simple et pas assez prenant.
À ne pas manquer non plus : la bombe "Target Audience [Narcissus Narcosis]" au riff aigu et tranchant comme John et Twiggy savent si bien le faire.
Conclusion
Une œuvre assez contradictoire puisque l'ambiance rejoint celle d'Antichrist Superstar. Mais voilà, Antichrist Superstar avait une âme optimiste, alors que Holy Wood ressemble plus à un ciel de cicatrices.
La colère et la frustration ornent ce CD, comme "Target..." ou "The death song", des hymnes très énervés et gérés magnifiquement bien par des guitares créatrices de mélodie. Ce disque conviendra plus aux fans de la période Antichrist Superstar. Le succès mitigé qu'a reçu cet album ne permet pas de le qualifier facilement, car c'est un album à la fois difficile d'accès et simple.
Note
17,25/20
Morceaux préférés
- The fight song
- Target Audience [Narcissus Narcosis]
- In the shadow of the valley of death
- A place in the dirt
- Count to six and die
(Sur le même artiste, voir ma chronique de l'album "Antichrist Superstar")