
Cycle 1 : The Heirophant
- Irresponsible Hate Anthem
- The Beautiful People
- Dried up, Tied and Dead to the World
- Tourniquet
Cycle 2 : Inauguration of the Worm
- Little Horn
- Cryptorchid
- Deformography
- Wormboy
- Mr. Superstar
- Angel with the Scabbed Wings
- Kinderfield
Cycle 3 : Disintegrator Rising
- Antichrist Superstar
- 1996
- Minute of Decay
- The Reflecting God
- Man That You Fear

Line-up de l'album
- Marilyn Manson [Chant et samples]
- Pogo alias Madonna Wayne Gacy [Samples]
- Twiggy Ramirez [Basse]
- Zim Zum [Guitare]
- Ginger Fish [Batterie]
Contexte : l'ère du néo-metal en 1996
En ces temps-là, c'était la belle époque. Le néo-metal venait juste d'exposer sa sauce au monde, mélangeant accords et riffs lourds, structure classique (couplets chantés, refrains hurlés). Le mythe grunge venait juste de s'éteindre deux ans auparavant avec la mort fatale du leader du groupe emblématique de ce mouvement (je parle bien sûr de Nirvana). Marilyn Manson, le groupe, existait déjà depuis plus de deux ans mais n'avait pas encore acquis le succès qu'il méritait amplement.
En ces temps-là, le « démon » Manson avait créé sa musique (proche de celle de Nine Inch Nails) mais ne l'avait pas approfondie. Il n'avait pas peur de montrer son irréprochable goût de la provocation en hantant villes et villages pour des shows de véritable envergure. « Sans limites » pensait-on de lui... Hurlant sa musique malsaine dans un micro avec le frénétique battement et les bruitages industriels, le tout arrangé dans des guitares saccadées, sans arrêter de couvrir son corps de plaies, alors que ses textes métaphoriques parlaient d'une Amérique « salope »... En ces temps-là, il n'y avait que de la mauvaise publicité...

Genèse et concept d'Antichrist Superstar
C'était en l'année 1996, après une longue tournée pour promouvoir l'insaisissable Portrait of an American Family et un changement de line-up, que Marilyn Manson, Zim-Zum, Madonna Wayne Gacy, Twiggy Ramirez et Ginger Fish décidèrent d'entrer en studio après le décevant EP Smells Like Children.
Toujours produit par Trent Reznor et chez le label Nothing Interscope, Marilyn Manson change cependant de mentalité pour effacer cette image si malsaine et immature que nous avait laissée Portrait of an American Family. Après une longue période de remise en cause, d'écriture de textes et une overdose, le leader Manson décide de secouer les troupes alors qu'elles étaient démoralisées et défoncées à longueur de journée à cause de la drogue...
Las de voir toujours les mêmes albums remplis de tendresse, Manson commence l'écriture de son plus bel album. Pas évident, vu que l'album repose sur le concept de sa propre décadence ou de sa propre victoire (donc une œuvre optimiste reposant toujours sur une aura de désespoir). Il est composé de trois parties :
- La 1ère relate l'histoire du ver (de Brian Warner) qui commence à être touché, blessé par ce que le monde lui fournit.
- La 2e est le cocon, la mutation du ver qui, ayant été trop affaibli et détruit par la haine de son monde, commence à se reconstruire par la souffrance qu'on lui donne.
- La 3e est l'inauguration de l'Antichrist, personnage destructeur créé de souffrance et de haine, devenu un monstre sans sentiments.
Analyse des morceaux par cycle
Cycle 1 : The Heirophant
Irresponsible Hate Anthem est en quelque sorte l'hymne à la haine, là où les riffs de guitare sont les plus lourds et les hurlements prennent la majeure partie de la chanson. « Fuck it » crie-t-il à son gouvernement si oppressant, manipulateur et faux car son monde est fait de conneries et qu'au final tout le monde court à son propre suicide dans un monde qui n'est plus le leur.
The Beautiful People est dans le même berceau. C'est le tube de l'album. Le riff simpliste et la basse toujours aussi imposante de Twiggy Ramirez forment ce précieux morceau et la rythmique est géniale. Niveau texte, on se positionne dans la même veine qu'Irresponsible, sauf qu'ils sont traités de manière plus métaphorique...
Dried up, Tied and Dead to the World sonne plus Marilyn Manson défoncé et on replonge plus dans la même ambiance qu'il y avait sur les albums précédents. Tourniquet avec son intro à la basse est incontestablement la chanson la plus mature de cet album... Au niveau texte, c'est l'exploration subconsciente de Marilyn Manson, une description de sa reconstruction (un rêve qu'il a décortiqué), il nourrit cette bête qu'il crée et la construit dans ce qu'il veut voir, il reconstruit sa réalité.
Cycle 2 : Inauguration of the Worm
La 2e partie est la moins intéressante car c'est la moins recherchée. Seuls Angel with the Scabbed Wings, Mr. Superstar, Cryptorchid et Little Horn sortiront du lot.
Cycle 3 : Disintegrator Rising
La 3e est la plus intéressante. Antichrist Superstar, une chanson adorée par la majorité des fans (personnellement je ne lui trouve rien de spécial...), c'est l'inauguration de son nouveau lui, une sorte de description mentale qui a mué à cause de la haine, il y a une atmosphère très indus.
1996, titre contradictoire et extrémiste, très pêchu avec son riff très métal et ses hurlements. Minute of Decay, c'est plus la partie sombre de l'Antichrist, doutes omniprésents malgré tout car la haine ne peut pas être le composant unique d'un homme.
The Reflecting God je le trouve très mansonien mais à la fois très original, la basse est énorme et les guitares découpées, homogènes... Même sujet traité que sur The Beautiful People mais c'est plus un ensemble mansonien (mort, religion, drogues...) qui l'entoure, par la vue subjective de notre ami le nouvel Antichrist.
Et pour finir, la ballade (je l'appellerais l'hymne à la décadence), le piano de Pogo et la guitare acoustique mutilée par la basse et les bruits malfaisants donnent une ambiance très morne. On pourrait assimiler ça à la défaite de l'Antichrist mais c'est plus une réflexion sur les gens qui ont fait cette créature et la mélancolie que Manson éprouve à ce sujet (mélancolie plus ou moins optimiste, car c'est tout de même l'inauguration d'un nouvel homme plus mûr, plus fort). C'est aussi mon morceau préféré de tout ce qu'a fait Manson jusque ici... La mort n'est plus un sujet adoptable et malgré ses comportements de rock star pourrie, Manson drogué ou commercialisé restera toujours le même Manson... à quelques détails près.
Note : 19/20 (Excellent album)
Morceaux préférés :
- Irresponsible Hate Anthem
- The Beautiful People
- Tourniquet
- 1996
- The Reflecting God
- Man That You Fear
