
Six ans qu'il a fallu attendre ce disque... Je ne m'attendais pas à ce qu'il fasse dans la demi-mesure : soit il allait être un chef-d'œuvre, soit un raté encore pire que Louder Than Hell, le précédent album du combo. Eh bien, je m'étais trompé dans mon pronostic ! Car cet opus est aussi inégal qu'éclectique ; et croyez-moi, il l'est vraiment !
Une production monumentale
Dès l'ouverture du premier morceau, on réalise qu'on a affaire à une production absolument MONSTRUEUSE ! Chapeau bas sur ce coup-là. Mais on réalise aussi que « Call To Arms » fait partie de ces titres de Manowar vraiment sans intérêt, sans rebondissement, sans relief, avec un Eric Adams (le chanteur du groupe) qui se donne à fond brillamment (comme d'habitude quoi !). « Fight For Freedom » semble être le « Courage » (ballade la plus connue du groupe) de Warriors of the World. On ne se trompe pas car cette ballade est vraiment très réussie, surtout dans son début, très simple, au piano. On se prend plein la face le chant doux d'Eric Adams qui possède vraiment un timbre qui me plaît. Karl Logan (guitare), le maillon faible, a lui accompli quelques progrès sans toujours casser des briques... Le refrain de cette power ballade est un peu téléphoné mais efficace, même si le groupe en abuse (comme d'habitude quoi !) à la fin du titre.
Des surprises et de nouveaux hymnes épiques
Les 5 titres suivants sont des surprises, et sont aussi les meilleurs titres de l'album. Pour la première fois de sa carrière, Manowar s'écarte de son metal « auto-stéréotypé » pour notre plus grand plaisir. « Nessun Dorma » est une grandiose réussite qui restera dans les annales et prouve que le petit chanteur américain a une très belle voix capable de s'adapter à n'importe quel registre. On taxe des tonnes de groupes de copier Manowar mais aucun de leurs chanteurs n'arriverait à la cheville de ce que fait Eric Adams sur cet extrait d'opéra, et en italien s'il vous plaît ! Le point d'orgue de l'album est atteint ici.
Ensuite on embraye sur « Valhalla/Swords in the Wind » : intro « à la Rhapsody » extrêmement réussie qui enchaîne sur une mid-tempo très intéressante grâce à la présence de la guitare acoustique dans les couplets principalement. Sur ce titre, tous les points forts du chanteur (mais aussi du compositeur-bassiste Joey DeMaio épaulé sur ce coup par Karl Logan) sont successivement passés en revue. Le refrain, un peu plus recherché qu'à l'accoutumée, fait mouche. Manowar se renouvelle enfin tout en gardant son identité propre : une facette épique que peu de groupes possèdent. De nouveaux vrais hymnes sont enfin arrivés !
Patriotisme et hommage à Wagner
« An American Trilogy » est le second très grand moment de l'album qui égale presque en intensité « Nessun Dorma ». Cette touche de patriotisme (due aux attaques du 11 septembre...) est la bienvenue, et là aussi Eric Adams, toujours lui, s'impose comme le grand vainqueur. Cet album a été taillé pour lui et il n'a pas raté l'occasion de nous en mettre plein la vue. Ce titre en live doit être incroyablement intense car déjà sur cette version studio, il est impossible de ne pas avoir envie de chanter de plus belle !
« The March » est dédiée à Richard Wagner et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'hommage est réussi. Manowar maîtrise parfaitement son sujet sur cet instrumental recherché. C'est tout de même agréable d'entendre de vrais instruments sur ces morceaux de musique classique, pas comme chez certains qui se cassent les dents à cause de leurs samples très moyens. Ce titre reste extrêmement épique et donne la parfaite impression d'une langoureuse marche. Ça tombe bien !
Les limites de l'album
À ce stade, je suis très très impressionné par Warriors of the World. Seulement il reste 4 titres qui vont me faire relativiser mon jugement... « Warriors of the World » (le titre éponyme, et premier single) retombe dans les travers les plus mauvais du groupe : on dirait un mélange des horribles « Blow Your Speakers » et « Brothers of Metal ». Inutile de préciser que le résultat est affreux et indigne d'intérêt. « Hand of Doom » et « House of Death » sont très speedées et agressives. C'est vrai, avec le dernier album, on avait presque oublié qu'à la base Manowar est agressif ! On retrouve donc le groupe hargneux et rempli de colère. Hélas, le manque d'inspiration, s'il est moins flagrant que sur Louder Than Hell, est toujours présent. « House of Death » aura le mérite de nous faire entendre un Eric Adams qui n'a jamais autant pété un câble ! Il gueule vraiment dans le sens mélodique du terme ici (cf le refrain).
L'album se termine sur un « Fight Until We Die » traditionnel et peu innovant. Heureusement que la production s'est vraiment améliorée car on a tout de même la vague impression de découvrir quelque chose de nouveau. Toutefois, le refrain de « Fight Until We Die » est soigné, ce qui n'est pas le cas du solo plein de fausses notes de Karl Logan.
Bilan : un album inégal mais positif
On a eu droit à tout sur ce disque (de l'excellent comme de la nullité à l'état brut) et l'impression globale est vraiment positive même si le groupe tenait là un chef-d'œuvre potentiel. Dommage d'être passé à côté. On saluera le fait que Manowar a su remonter la pente qu'il avait descendue avec ses précédentes réalisations bien en deçà de ce Warriors of the World.
Si cette chronique vous a plu, rendez-vous sans plus attendre sur mon site qui comporte des centaines de chroniques de disques metal, rock et électro !