
Qui sont Les Hurlements d'Léo ? Groupe rock alternatif bordelais
Ce groupe originaire de Bordeaux a commencé son aventure en 1995 en mettant l'ambiance dans les petits bars avec des chansons humoristiques teintées de rock alternatif.
Leur premier disque sort en 1999 : Le Café des jours heureux, qui leur a permis de donner des concerts dans tout l'Hexagone.
La Belle Affaire, leur deuxième opus, a été enregistré en 2000 entre deux tournées. Il poursuit leur promenade entre rock et java.
Puis vient Un Air de Famille, une collaboration magistique avec Les Ogres de Barback, sortie en 2001.
Leur troisième chef-d'œuvre, Ouest Terne, sorti le 7 octobre 2003, est composé de 14 morceaux mêlant ballades et chansons rock. C'est peut-être leur meilleur album.
Pourquoi aller voir Les Hurlements d'Léo en concert ?
Je vous parle d'eux car ils sont en tournée dans toute la France en ce moment. S'ils passent à côté de chez vous, n'hésitez pas à aller à leur rencontre. Le bonheur de ces 8 musiciens manipulant accordéons, violons, guitares, trompettes, tubas, flûtes et plein d'autres instruments sur scène est communicatif : dès la deuxième chanson, tout l'auditoire est en transe et reprend les refrains en chœur...

Interview exclusive : rencontre avec Airone et Lolo
Les Hurlements d'Léo reviennent avec un troisième album : Ouest Terne... Le ton est donné : des chansons inscrites dans l'actualité, dans celle de la contestation et de la lucidité. À coup de grandes claques dans la gueule ou de ballades épurées, c'est selon. Toujours ce mélange, toujours ce feu. Rencontre avec les deux chanteurs Airone et Lolo.
Ça fait un petit moment que vous tournez maintenant.
Airone : On a fêté notre 6ème anniversaire cet été en effet. On a commencé à 4 pour aujourd'hui jouer à 8.
Qu'est-ce qui vous pousse à aller jouer dans des pays comme le Japon, l'Australie, en Afrique... Ce n'est pas commun pour un groupe français qui ne vend pas énormément, qui plus est.
Airone : Nous, nous sommes de Bordeaux et, au début, le simple fait d'aller jouer hors de la ville nous a beaucoup plu. Après c'est la même démarche mais à une autre échelle. On aime bien bouger tout simplement, voyager, découvrir. Et puis la musique est un bon prétexte pour le faire, c'est autre chose que de faire les touristes : on rencontre un tas de monde, ça devient intéressant. Le seul côté négatif c'est qu'on n'a jamais le temps de découvrir un pays quand on tourne, tout va trop vite.
Assumez ce terme que vous avez inventé et qui qualifie votre musique en nous le décrivant vite fait : « chanson punk caravaning ».
Lolo : Chanson parce qu'on fait des chansons. Jusque-là rien de bien nouveau. Punk parce que pendant notre adolescence on a été pas mal formés par ce mouvement-là qui est quand même resté présent à notre esprit, même si on n'a pas comme même valeur toute la démesure que les punks défendaient. Disons qu'on est concernés mais qu'on n'est pas militants à taper chaque fois le poing sur la table. Et puis caravaning parce qu'on adore voyager et que certains d'entre nous vivent dans des caravanes quand ils ne sont pas à l'hôtel... Parce qu'on ne gagne pas encore des millions de dollars, en fait.
Quel est le grand privilège de votre profession, à part voyager ?
Lolo : Écrire des chansons et pouvoir les chanter à quelqu'un. Ça, pour moi, ça vaut toutes les séances de psychanalyse du monde. Se lever le matin un peu quand je veux et se dire qu'on est payé à aller voir ses potes pour répéter, c'est un truc qui m'a déchargé nerveusement aussi.
Airone : Moi c'est un métier qui ne demande aucun effort pénible. C'est incroyable.
Ce troisième album alors ?
Lolo : Ben je suis très content. Je le sens plus abouti, que ce soit dans les textes ou dans les arrangements. On gagne peut-être en maturité d'album en album. Je parais un peu autosuffisant là, non ?
Un tout petit peu, c'est vrai.
Lolo : C'est pas grave, c'est ce que je pense.
Airone : Moi je trouve qu'on est plus allés au bout des choses. Dans la même chanson tout est plus homogène mais les chansons sont très différentes entre elles. On ne se dit plus quand on compose : « non là c'est trop mou, faut rajouter de ça, là faut calmer le jeu » ou des trucs comme ça. Il y a un parti pris pour chaque chanson qu'on n'osait pas prendre avant. Il y a des morceaux à dominance électrique, d'autres piano chant. Il y a de tout mais pas tout en même temps comme on faisait plus avant.

Interview de Pépito et Rémi : coulisses et album Ouest Terne
Voici une interview de Pépito (cuivres) et Rémi (batterie) réalisée par mygmusique.
Après la sortie d'un nouvel album, Ouest Terne, et avant leur passage à la Cave à Musique pour la première édition de « La Mygale tisse sa toile », petite rencontre avec Les Hurlements d'Léo à l'occasion de leur concert au Transbordeur de Lyon le 5 novembre dernier...
Myg : Première question, après quelques concerts de reprise, est-ce que la petite troupe est désormais rodée sur scène ?
HDL : Oui on peut le dire. Ça va faire notre 12ème concert là et ça se passe pas trop mal. Les gens ont été surpris par nos nouveaux morceaux avec ce nouvel album plutôt différent. Les gens ont pas l'air de fuir avant la fin des concerts et niveau affluence on retrouve les capacités qu'on faisait avant Un Air 2 Familles. De toute façon, on verra dans 6 mois une fois que l'album sera plus installé. S'il y a toujours du monde ça sera bon signe !
Myg : N'est-il pas trop difficile de faire des choix entre tous vos morceaux pour le live ?
HDL : On a fait 3 semaines de résidence pour préparer le spectacle donc le choix est assez simple : presque 2 heures de spectacle avec tout le nouvel album et une sélection d'anciennes.
Myg : Pour revenir à « Ouest Terne », tout le monde s'accorde à dire que le rendu est plus fouillé tout en gardant une certaine spontanéité. Est-ce le fruit d'une plus grande recherche niveau compo ?
HDL : On l'a pensé pour le studio. On s'est enfermés pendant deux mois et voilà. En fait on est arrivés en studio avec plein d'ébauches mais pas grand-chose de concret. On a donc fait l'album en fonction du matos disponible, des amis qui pouvaient être là, il y a ainsi eu pas mal d'invités. On n'a pas essayé de se restreindre dans la composition. On ne voulait pas la même chose que précédemment : une grille d'accords, couplet, refrain... Avant c'était plus spontané, tout à l'énergie, les morceaux étaient faits et après on enregistrait les disques. Ici on a plus pensé à l'émotion et ça, ça sera gagnant sur scène.

Myg : Ça veut aussi dire une autre manière d'aborder la scène ?
HDL : Jusqu'ici on avait du mal à ne pas tout faire tout à fond. Selon les lieux tu as des fois des gens vachement réceptifs et tu peux donc installer très vite des ambiances sans trop être perturbé, alors que dans d'autres salles tout le monde est bien chaud mais tu galères sur les titres plus posés. C'est un travail intéressant...
Myg : Est-ce que vous êtes d'accord avec l'idée selon laquelle ce nouvel album serait plus contrasté ?
HDL : Les HDL ça a toujours été ça mais c'est normal parce que quand on écoute de la musique y a des trucs en commun mais aussi beaucoup de différences donc ça se ressent forcément, surtout quand tu composes à 8 avec plusieurs chanteurs qui amènent des écritures différentes. On ne pourrait pas faire que des morceaux comme Amélie ou que du Ouest Terne. Sur cet album il y a moins d'accordéon mais plus de trombone, ça montre que tout ça ouvre des portes...
Myg : Après « Un Air 2 Famille », y a-t-il quelques collaborations en projet ?
HDL : Oui notamment un maxi de 6 titres qui devrait sortir en avril, enregistré avec les 17 Hippies en Allemagne. On a aussi fait des enregistrements avec un groupe de métal bordelais en mélangeant notre style au son et au chant métal, c'était un bon délire...
Myg : Dernière question, qu'est-ce qui tourne dans le camion ?
HDL : Bah pas mal de choses en fait, beaucoup de reggae, le live des High Tone et aussi on a récemment bien déliré sur MC Jean Gabin !