
Qui sont les Beatles vraiment ?
On sait que les Beatles ont intégré de nombreux styles et influences musicales tout au long de leur carrière. Ce sont, en quelque sorte, des universalistes musicaux. Ce terme s'avère encore plus juste lorsque l'on évoque leurs paroles. Les Beatles ont écrit pour ceux qui les écoutaient, dans le but de transmettre leur énergie à leur public.
L'originalité du groupe réside dans la thématique propre à chaque album. Prenons l'exemple de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band : on y plonge dans un univers cosmopolite, avec un large panel de sons et d'instruments. Bien sûr, les paroles sont en corrélation avec ce thème de l'étrange, de l'exploration, de la découverte et parfois même de l'avenir.
Pour revenir au sujet, on peut dire que les Beatles sont inhérents à nos sociétés et à la façon dont nous les percevons, car ce groupe s'inscrit comme un "fait social total".
Emile Durkheim définissait le fait social comme une manière d'agir, de penser et de sentir, extérieure à l'individu et douée d'un pouvoir de coercition. Pour simplifier, c'est un comportement ou une règle qui s'impose à l'individu souvent sans qu'il en ait conscience. Que l'on aime ou non les Beatles, on ne peut contredire le fait que ce groupe s'est imposé au monde. Il apparaît aujourd'hui comme une référence nécessaire et immuable. Les Beatles constituent donc un fait social et non un simple événement. D'ailleurs, parlons un peu de la "Beatlemania" pour mieux la comprendre.
La Beatlemania : une contrainte pour le groupe ?
Voyons comment la Beatlemania s'articule avec ce concept de fait social. À partir de 1963, le groupe devient mondialement connu et les quatre musiciens sont confrontés à des foules hystériques. Si tout semblait aller pour le mieux, la réalité était plus complexe.
Ils avaient très vite compris qu'un phénomène de masse implique de nombreux risques et dangers. Dès les débuts de la Beatlemania, ils ont senti la pression peser sur eux. Ils ont tenu bon pendant trois ans, mais en 1966, ils décidèrent d'arrêter les concerts pour se consacrer exclusivement aux albums studios.
Le plus problématique est qu'au cœur de cette folie, ils ne pouvaient plus vraiment toucher leur public avec le même impact. Quand on devient une entité vulgarisée, le public n'attend plus de vous que ce que vous représentez : pour les Beatles, quatre garçons bien habillés, chic, polis, avec un humour décalé. C'est le comble pour un groupe qui a toujours voulu innover.
Ils se sont ainsi sentis piégés, ce qui a provoqué un début de rupture entre le public et le groupe. Pour rappel, les Beatles avaient débuté principalement à Hambourg, vêtus de vestes en cuir et jouant un rock électrique et survolté. C'est un de leurs producteurs qui leur imposa par la suite cette image de jeunes gens moins rebelles.
Cela avait déjà marqué le groupe, et notamment John Lennon, qui disait : "Ce que nous avons fait de meilleur n'a jamais été enregistré. Nous étions des performers..." Le fait d'être sur scène était donc essentiel pour ce groupe, qui se voulait parfois "inégalable" tant son envie de partager de vraies valeurs avec son public était immense.
Quand on devient une icône irréversible, on en paie parfois les conséquences. La Beatlemania a donc créé un véritable malaise au sein du groupe.
À suivre.