
Rien de moins. Car sinon, à quoi bon ? À quoi bon perdre son temps à inspirer et expirer pour ne pas expirer, si ce n'est pour faire de ce souffle un son, un son qui devienne musique, une musique qui appelle le vent, et le vent, le rêve.
Qu'est-ce que le didgeridoo ?
Le didgeridoo, vous connaissez ? Il s'agit d'une branche d'eucalyptus creusée par des termites luthières, véritables artisanes de la nature. C'est le plus vieil instrument à vent du monde. Aujourd'hui, il est devenu l'emblème du peuple aborigène, malgré la sombre histoire de l'oppression subie par les colons australiens. Visuellement, c'est un objet hyper phallique, joué — comme d'habitude — avant tout par des garçons, pendant que les filles restent souvent au piano et au violon… :-)
Cependant, sa magie opère bien au-delà des clichés de genre. Le son grave et vibratoire du didgeridoo est produit par une technique de respiration circulaire : le musicien inspire par le nez tout en continuant à expirer par la bouche, permettant ainsi de tenir une note indéfiniment. C'est un véritable défi physique et un voyage au cœur des vibrations.

Le chant des harmoniques naturelles
Le didgeridoo vient éveiller nos oreilles, souvent endormies par la musique occidentale classique comme celle de Bach, au chant des harmoniques naturelles. Contrairement à notre système tempéré, le didgeridoo fait résonner une série de fréquences pures et aériennes qui se superposent au son grave. C'est du moins ce qu'on explique lors des conférences passionnantes du festival Le Rêve de l'Aborigène.
En écoutant attentivement, on perçoit des mélodies flottantes au-dessus du bourdonnement principal, une expérience auditivement hypnotique qui nous reconnecte aux lois de la physique acoustique.
Du didgeridoo au chant diphonique mongol
Le didgeridoo nous fait glisser naturellement vers les Mongols, les vrais, ceux qui ont déferlé avec Gengis Khan à cheval depuis la Mongolie jusqu'en Europe, avec un petit détour par l'Inde. Ce peuple de "cow-boys de l'Est", chantant à cheval les rivières, les montagnes et les nuages de son pays, a développé une maîtrise exceptionnelle : faire chanter les harmoniques de la voix.
Cette technique, connue sous le nom de chant diphonique, permet au chanteur d'émettre deux notes simultanément : un bourdon grave et une mélodie aiguë et cristalline. Cette dernière prend son essor et vole d'une montagne à l'autre, d'un gardien de troupeau à l'autre, portée par l'immensité des steppes. C'est une véritable acrobatie vocale qui imite les bruits de la nature et le vent.

Souffler pour un avenir harmonieux
Chant harmonique et rêve encore. Le calme s'installe. Dans la prairie, on est bien.
Reste à penser à bien souffler pour projeter les graines d'un avenir meilleur, moins pollué, moins pollueur, plus harmonieux. Que ces vibrations ancestrales nous inspirent un peu plus de respect pour notre planète et ses habitants.
À bientôt !